« L’atome doit être un pilier dans les années à venir » : le long plaidoyer pro-nucléaire d’Emmanuel Macron
Le président de la République, en visite à la forge du Creusot de Framatome, a également préparé le terrain pour la construction de nouveaux EPR.
Publié le 9 décembre 2020, mis à jour à 08h23
Temps de Lecture 4 min.

Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. Mardi 8 décembre, dans le bruit assourdissant de l’atelier du Creusot (Saône-et-Loire), après avoir admiré une forge de 11 000 tonnes en train d’écrabouiller consciencieusement de l’acier en fusion, Emmanuel Macron est venu dire à la filière nucléaire tout le bien qu’il pensait de cette énergie. Un signal de plus, après un long plaidoyer pronucléaire sur le sujet dans son entretien au média en ligne Brut, vendredi.A
Lire aussi* Le plaidoyer pronucléaire d’Emmanuel Macron
Lors d’un discours à la forge de Framatome, qui fabrique de gigantesques composants pour les réacteurs nucléaires, M. Macron a enfoncé le clou : « Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire », a-t-il lancé à un parterre de dirigeants de la filière, ravis. « Je n’ai jamais été un partisan du tout nucléaire mais l’atome doit être un pilier dans les années à venir », a martelé le président de la République.
Emmanuel Macron compte faire du nucléaire un axe majeur de la politique climatique de la France. « C’est l’énergie non intermittente qui émet le moins de CO2 », a assuré M. Macron, rappelant que beaucoup de Français confondent la vapeur d’eau qui s’échappe des centrales avec des émissions de gaz à effet de serre.
Calendrier adapté
M. Macron n’a pas annoncé de choix clair sur la construction de nouveaux réacteurs de type EPR – mais il a clairement fait entendre sa préférence. Le président avait fixé fin 2018 un calendrier à la filière : EDF doit rendre un rapport à la mi-2021 sur le modèle de réacteur à construire et surtout un plan de financement adéquat. Selon des documents internes du groupe de travail entre Bercy et EDF, l’exécutif prévoit une contribution financière massive de fonds publics pour la construction de six EPR dont le coût total serait d’au moins 45 milliards d’euros.
A l’origine, cette date de mi-2021 devait paver la voie à une décision rapide sur le renouvellement du parc nucléaire. Mais c’était sans compter sur les déboires de l’EPR de Flamanville, qui a accumulé les difficultés, et dont la mise en service a été repoussée à 2023 – au mieux. Le président a donc adapté son calendrier, en rappelant mardi que la décision devrait être prise « au plus tard en 2023 ».
Officiellement, Emmanuel Macron doit confronter cette option avec l’idée d’une option 100 % énergies renouvelables, mais il ne fait pas mystère d’être plus enclin à la construction de nouveaux réacteurs. Le fait de repousser la date de décision à 2023 permet également d’éviter d’en faire un point de clivage pendant la présidentielle – y compris au sein de la majorité.
Un paradoxe très macroniste
De fait, le président de la République s’est mis lui-même dans un paradoxe très macroniste. Tout en étant favorable au développement du nucléaire dont il a mené la réorganisation dans l’urgence en tant que ministre de François Hollande il a nommé des ministres chargés de l’énergie très sceptiques vis-à-vis de cette technologie. Nicolas Hulot confiait avoir beaucoup bataillé contre la volonté de lancer un nouveau réacteur EPR. Plus discrets, Elisabeth Borne et François de Rugy ont pourtant fait part de leurs doutes quant à la capacité industrielle de la filière.
Barbara Pompili, ex-militante Europe Ecologie Les Verts, se fait moins vocale dans sa critique du nucléaire depuis son arrivée au ministère de la transition écologique, en juillet. Mais elle ne manque pas une occasion de rappeler que, sur ce sujet, « ses positions sont connues ». Mardi, au Creusot, elle a tenté de faire bonne figure face aux dirigeants d’une filière qui ne lui pardonne pas son engagement antinucléaire. « Pompili a mangé son chapeau, elle a passé un mauvais moment », raillait méchamment un haut dirigeant du secteur nucléaire présent.
Le PDG d’EDF avait, lui, de quoi se réjouir. « C’est une renaissance du nucléaire français », a souligné Jean-Bernard Lévy, qui rappelle que l’usine fabrique des composants pour le chantier de l’EPR de Hinkley Point au Royaume-Uni et espère une autre commande britannique sous peu… en attendant la décision française.
Lire aussi Nucléaire : l’ASN pose ses conditions pour une prolongation de la durée de vie des réacteurs
« Les dirigeants français sont prêts à falsifier la réalité »
La forge du Creusot a pourtant de quoi rappeler de mauvais souvenirs à la filière : c’est ici qu’a été découvert en 2016 un scandale de falsification de documents qui a conduit l’Autorité de sûreté à imposer l’arrêt des opérations sur le site pendant deux ans. Sur le même site a été forgée la cuve de l’EPR, pour laquelle l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait dénoncé des « anomalies ».
C’est également Framatome et ses sous-traitants qui sont en cause dans les derniers problèmes de soudures rencontrés à Flamanville, qui ont conduit à de nouveaux retards et de nouveaux surcoûts. Initialement prévu pour être lancé en 2012 pour un coût de 3,3 milliards d’euros, il devrait finalement se chiffrer à 12,4 milliards d’euros selon EDF et 19,1 milliards selon la Cour des comptes.
« En faisant l’éloge de cette usine, effectivement emblématique d’une filière minée par la perte de compétence, Emmanuel Macron démontre que dès qu’il s’agit du nucléaire, les dirigeants français sont prêts à fermer les yeux et falsifier la réalité » a dénoncé dans un communiqué Charlotte Mijeon, du Réseau sortir du nucléaire. Le président de la République a balayé ces difficultés en rappelant que la France est l’un des pays « les plus exigeants du monde » en matière de sûreté.
*Le plaidoyer pronucléaire d’Emmanuel Macron
« Moi, j’ai besoin du nucléaire », a plaidé le président de la République vendredi, en défendant son utilisation pour lutter contre le changement climatique.
Par Nabil WakimPublié le 04 décembre 2020 à 20h14 – Mis à jour le 04 décembre 2020 à 20h41

C’est un sujet sur lequel le président s’exprime rarement, mais sur lequel il n’a pas pris de détours, vendredi 4 décembre, lors de son interview à Brut. « Le nucléaire m’importe. Le nucléaire, c’est de l’emploi et c’est de l’énergie. Je ne suis pas antinucléaire. Je l’ai toujours dit avec beaucoup de force », a assuré Emmanuel Macron. Le président a nié l’existence de toute forme de pression de la part de la filière : « On a cette chance, ne la sacrifions pas, c’est pas du tout un lobby. »
« Nous, on produit une électricité qui est parmi les plus décarbonées au monde, grâce à quoi ? Grâce au nucléaire », a rappelé le président de la République, qui souligne que les centrales nucléaires françaises émettent très peu de CO2. « Moi, j’ai besoin du nucléaire. Si je ferme le nucléaire demain, qu’est-ce que je fais ? Le nucléaire est une énergie décarbonée non intermittente. Je ne peux pas le remplacer du jour au lendemain par du renouvelable. Ceux qui disent ça, c’est faux », a-t-il dit, en visant ici les éoliennes et les panneaux solaires.
Un signal très clair à la filière
Une ligne qui tranche avec celle de la ministre de la transition écologique du gouvernement, Barbara Pompili, militante antinucléaire historique. Elle expliquait par exemple en juillet que le gouvernement travaillait à deux options : « Il faut que les citoyens aient des alternatives viables. Donc aujourd’hui, on étudie d’autres réacteurs qui pourraient être construits, mais on étudie aussi la solution où on arriverait à 100 % de renouvelable. » Le gouvernement a d’ailleurs mandaté le Réseau de transport d’électricité (RTE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour étudier la possibilité d’un ou plusieurs scénarios sans nucléaire – ou presque – à l’horizon 2050. Le président semble désormais écarter cette option.
Notre interview de Barbara Pompili : « C’est le bon moment pour gagner la bataille écologique »
« Moi j’assume à fond, a martelé M. Macron. Je crois dans l’écologie, je suis pour qu’on soit parmi les champions de la lutte contre réchauffement climatique. Si on veut réussir, ça veut dire qu’on doit être meilleurs encore sur le nucléaire. » Une intervention qui a lieu alors que le gouvernement étudie avec EDF la possibilité de financer la construction de six nouveaux réacteurs EPR de troisième génération, pour un coût d’au moins 46 milliards d’euros. Une décision qui pourrait être prise à la mi-2021, selon le calendrier fixé par le président de la République lui-même. Mais ce calendrier est perturbé par les difficultés de l’EPR de Flamanville, dont le coûteux chantier, commencé en 2007, n’est toujours pas achevé. Ce réacteur ne devrait pas être connecté au réseau avant 2023 – au mieux.
En prenant position aussi fermement, le président de la République envoie à la filière nucléaire un signal très clair. Une prise de position qu’il pourrait confirmer mardi, lors d’une visite à l’usine Framatome du Creusot, qui fabrique les gros composants du parc nucléaire français. Emmanuel Macron n’a pas pris position pour la construction de nouveaux réacteurs, mais son entretien à Brut semble laisser peu de doutes sur sa préférence pour le nucléaire.
Apres négociations entre Paris et Bruxelles
Paradoxalement, le président a défendu dans le même temps la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité, qui doit passer de 75 % à 50 % en 2035. « Je pense que nous avons eu raison de réduire la part du nucléaire », a assumé le président, sans revenir toutefois sur la décision prise de fermer par anticipation la centrale alsacienne de Fessenheim début 2020. Il a également rappelé que cet objectif de 50 %, fixé à 2025 par François Hollande, a été repoussé de dix ans au début du quinquennat « pour qu’il soit réaliste ».
Notre reportage : A Fessenheim, la fin du nucléaire sous tension
Cette intervention a lieu au moment où la France mène une négociation à l’issue incertaine avec la Commission européenne sur la régulation du nucléaire français. Un processus complexe qui pourrait être amené à réorganiser complètement EDF, en nationalisant les activités nucléaires et en ouvrant au privé plus largement d’autres activités – ce plan porté par le PDG d’EDF est baptisé Hercule. Emmanuel Macron y a d’ailleurs fait référence sur un sujet connexe : les barrages hydroélectriques, qui représentent 12 % de la production électrique française. « Ça, c’est important, l’hydroélectricité, on se bat à l’Europe là-dessus », a dit le président, une manière cryptique de dire que le sujet del’ouverture des concessions des barrages, présentée par les syndicats d’EDF comme une privatisation rampante, est toujours un sujet de négociations âpres entre Paris et Bruxelles.
**Un nouveau porte-avions à propulsion nucléaire, une fois et demie plus grand que le « Charles-de-Gaulle », sera opérationnel en 2038
A l’occasion d’une visite du chef de l’Etat au Creusot, Emmanuel Macron a dévoilé les contours de ce nouvel outil militaire.
Par Nathalie GuibertPublié hier à 16h52, mis à jour à 09h08
Temps de Lecture 6 min.
La France va se doter pour 2038 d’un nouveau porte-avions à propulsion nucléaire, un navire de 300 mètres déplaçant 75 000 tonnes, une fois et demie plus imposant que l’actuel Charles-de-Gaulle auquel il succédera. Cette annonce, plusieurs fois repoussée depuis l’été pour des raisons liées à l’actualité ou au Covid-19, a été faite mardi 8 décembre par le président Emmanuel Macron lors d’une visite sur le site industriel de Framatome, au Creusot (Saône-et-Loire).
Le moment est toujours choisi, pour parler d’un tel outil militaire. Seule une poignée d’Etats ont opté pour des porte-avions nucléaires avec des catapultes projetant à longue distance des appareils lourdement armés : les Etats-Unis, la France, la Russie, la Chine (les autres ont des porte-avions diesel ou, comme le Royaume-Uni, des porte-aéronefs à décollage vertical).
Lire le récit : « C’était “faites au mieux les gars !” » : le récit de la contamination du « Charles-de-Gaulle »
Ces bateaux sont considérés comme des armes de « projection de puissance ». Le Charles-de-Gaulle a été employé dans cet esprit en 2019-2020, bien visible en Méditerranée orientale, à Singapour, ou en Inde, au nom de l’engagement indo-pacifique de la France. Le chef de l’Etat devait donc réaffirmer le statut de puissance atomique du pays, sa force de dissuasion relevant bien, selon lui, des secteurs nucléaires civil et militaire pris ensemble.
Examen des options futuristes
« Notre question de départ était de concevoir un outil, quel qu’il soit, capable de nous donner une supériorité aérienne dans des espaces contestés par d’autres, avec des portées de milliers de kilomètres autour de lui pour assurer une domination sur un morceau d’océan », a résumé l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la marine, qui a bouclé le dossier de ce « porte-avions de nouvelle génération »avant de quitter son poste à l’été 2020.
Le bateau sera construit à Saint-Nazaire. La marine souhaite procéder aux premiers essais en mer en 2036. Un contrat est donc attendu par les industriels début 2021, au plus tard, pour tenir cet objectif militaire. Il s’agit d’un projet d’environ 7 milliards d’euros. En 2019, 154 millions d’euros d’études préalables avaient été prévus – couvrant la définition des besoins militaires par le ministère et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (avec les entreprises Naval Group, Thalès, MBDA et Dassault) et le design du navire (avec les Chantiers de l’Atlantique et TechnicAtome). Le projet de loi de finances pour 2021 ajoute 442 millions d’euros.
Lire aussi : Le gouvernement prépare l’après « Charles-de-Gaulle »
Pendant deux ans, le ministère a étudié toutes les options futuristes possibles : des îles flottantes, un navire avec plusieurs ponts d’envol superposés, deux bateaux voguant ensemble en se répartissant l’envoi et la réception des aéronefs… « Nous nous sommes demandé s’il y avait d’autres manières de faire que d’employer un porte-avions. Des débats très dépassionnés ont conduit à une conclusion construite, nous confiait l’amiral Prazuck. Car vous ne faites pas la même chose avec un porte-avions qu’avec un groupe de frégates, par exemple. Avec lui, vous être actionnaire majoritaire dans une opération. Vous pouvez éclairer ce qui se passe à 2 000 km, avoir une capacité de commandement, avec une fusion des données d’écoute et d’observation sur un territoire plus grand que la France. »
« Une dépendance assumée à l’égard des Etats-Unis »
La physionomie des avions des années 2040 et la vitesse du bateau nécessaire pour les réceptionner, 27 nœuds, ont été les paramètres d’entrée. Le porte-avions mettra en œuvre des appareils de combat beaucoup plus lourds que les actuels – jusqu’à 35 tonnes, armés, contre 25 pour un Rafale – et ils voleront avec des drones de tous types, comme l’a souligné à plusieurs reprises la ministre des armées Florence Parly. Ils relèvent d’un autre programme considéré par Paris comme crucial pour la souveraineté européenne, le projet franco-allemand du Système de combat aérien du futur (SCAF).
Résultat : le navire aura un profil classique, bien qu’avec de plus fortes capacités d’autodéfense, et les ruptures technologiques viendront de son système d’armes. Il s’intégrera à « la famille du combat collaboratif » du futur, c’est-à-dire entièrement connecté, avec l’aide d’intelligences artificielles. Il mettra en œuvre des armes à énergie dirigée. Le successeur du Charles-de-Gaulle comptera une piste oblique et deux catapultes, de quoi lancer et récupérer en même temps des avions, ce qui n’est pas possible actuellement. Les catapultes seront électromagnétiques et non plus à vapeur. « Une dépendance assumée à l’égard des Etats-Unis, qui en fournissent la technologie », ont indiqué les sénateurs Olivier Cigolotti et Gilbert Roger dans un rapport paru en juin.
De vrais débats ont eu lieu quant à sa propulsion, nucléaire ou classique. Les progrès récents des moteurs diesel électriques ont en effet été importants en matière de puissance et d’autonomie. Les experts du nucléaire ont toutefois fait valoir que le pays risquait une perte de compétences dans ce domaine au début des années 2030, horizon auquel doit s’achever le programme des sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) de troisième génération.
L’argument l’a emporté au nom de la consolidation de la filière. Cela vaut pour les missiles comme pour les chaufferies des navires – douze réacteurs à uranium faiblement enrichi sont embarqués dans la marine nationale. « Nul hasard à la très forte corrélation entre le statut d’Etat disposant d’armes nucléaires et le recours à la propulsion nucléaire : il existe une cohérence scientifique, technologique et humaine dans l’investissement qui est ainsi fait », analyse Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Le Charles-de-Gaulle sert en outre la dissuasion nucléaire, quand il embarque le missile ASMP-A sur ses Rafale.
Lire aussi Des Etats-Unis à la Chine, les marines de guerre se dotent de porte-avions
La chaufferie du futur bateau, baptisée K22, « sera 50 % plus puissante » que la K15 du Charles-de-Gaulle dont elle est dérivée, tout en restant « compacte » avec ses deux réacteurs, explique Bernard Gauducheau, directeur des réacteurs de défense chez TechnicAtome. Ce co-traitant s’est, lui, lancé dès 2016 sur le projet avec le CEA. « La chaufferie devra fournir du courant électrique supplémentaire pour les nouvelles catapultes », précise son responsable. « Le cœur sera plus gros, car il est également demandé une autonomie plus importante pour le bateau ; il devra fonctionner avec une capacité opérationnelle supérieure, pendant dix ans avant une opération de rechargement. » Lancé en 2001, le Charles-de-Gaulle a connu deux arrêts techniques majeurs, en 2008 et en 2018.
« Il a fallu s’assurer que l’outil industriel français était capable de répondre à ces besoins », relate M. Gauducheau. Pour réaliser la cuve abritant les futurs réacteurs de 220 mégawatts, Framatome va fabriquer des pièces métallurgiques nettement plus importantes, avec des composants nouveaux.
L’ambition des deux porte-avions
Le retour de mastodontes dans les marines de guerre modernes suscite des débats d’experts. Aux Etats-Unis notamment, où l’USS Gerald-R.-Ford, un navire de 110 000 tonnes à 13 milliards de dollars (10,7 milliards d’euros), est actuellement à l’essai, cette démesure est critiquée. L’Inde serait en train de renoncer à son porte-avions nucléaire au profit d’autres navires.
Lire aussi Un éclairage serait à l’origine de l’incendie du sous-marin nucléaire « Perle »
La marine française n’a pas abandonné l’idée de posséder deux porte-avions, comme ce fut le cas des années 1960 à la fin des années 1990, avec le Foch et le Clemenceau. « Disposer à terme de deux porte-avions annoncerait le retour à la permanence d’alerte, c’est-à-dire la capacité de disposer en permanence d’un groupe aéronaval en opérations ou prêt à partir dans un délai réduit », a rappelé l’amiral Pierre Vandier, nouveau chef d’état-major de la marine, le 14 octobre devant la commission de la défense de l’Assemblée. Mais, a-t-il précisé, « ce n’est pas un choix à conduire à ce stade du projet. Nous devrons nous poser cette question en 2025, dans le cadre de la prochaine loi de programmation militaire ». Les sénateurs Cigolotti et Roger ont suggéré, déjà, d’accélérer le projet du nouveau navire pour que le Charles-de-Gaulle cohabite quelques années à Toulon avec son successeur. Celui-ci doit naviguer au moins jusqu’en 2080.
Voir aussi :
https://www.cairn.info/revue-responsabilite-et-environnement-2020-1-page-72.html
