Covid-19 : le syndicat des médecins réanimateurs alerte sur le déficit durable de lits de réanimation
D’après une enquête recoupant les données de plus d’un tiers des services sur le territoire, aucun lit supplémentaire n’est voué à perdurer, malgré les risques de résurgences épidémiques.
Par Camille Stromboni Publié hier à 14h30

Pas un seul lit de réanimation « pérenne » de plus, ou presque, n’a été créé durant la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19. C’est le constat sévère dressé par le Syndicat des médecins réanimateurs, qui doit être rendu public mercredi 18 novembre. D’après une enquête compilant les remontées au 1er novembre de 114 services de réanimation du territoire – soit plus d’un tiers de ces services –, la montée en puissance intervenue ces derniers mois repose, de la même manière qu’en mars, uniquement sur des réanimations « éphémères ». C’est-à-dire sur la transformation de lits de surveillance continue ou de soins intensifs, grâce à un renfort de personnels.
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« La deuxième vague reculant, nous allons commencer à refermer ces lits, et si une troisième vague arrive, on se retrouvera encore dans la même situation », alerte Djillali Annane, président du Syndicat des médecins réanimateurs. Le sujet est d’autant plus important que la saturation des réanimations a déterminé les deux confinements successifs décrétés depuis mars, souligne-t-il.
Discours gouvernemental contredit
Dix mois après la déferlante du nouveau coronavirus sur le pays, et alors que la deuxième vague pourrait avoir atteint son pic épidémique, avec un nombre de patients « Covid » en réanimation stabilisé en dessous de 5 000 ces derniers jours, ces médecins, en première ligne dans la crise sanitaire, tiennent à rétablir « la réalité de l’augmentation des capacités de réanimation ». Et contredisent, en creux, le discours gouvernemental d’une meilleure préparation de l’hôpital pour ce rebond épidémique, avec le passage à 5 800 lits « durables » en réanimation, contre 5 000 jusque-là.
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