Covid-19 : on vous explique la polémique entre le docteur Louis Fouché (anesthésiste réanimateur à (L’ APHM) et la direction des hôpitaux de Marseille
Soutenu par Didier Raoult, il a été entendu jeudi par sa direction, qui lui reproche de nier la gravité de la situation dans les hôpitaux marseillais. Anesthésiste réanimateur à l’Hôpital de la Conception, il se montre très critique sur la gestion de la crise sanitaire dans les médias.
Publié le 06/11/2020 à 07h00

La mortalité du Covid-19, le port du masque, le reconfinement, les tests PCR… Le médecin marseillais affiche depuis le début de la crise sanitaire des positions très critiques sur les mesures gouvernementales. Anesthésiste-réanimateur à l’hôpital de la Conception à Marseille, il a dû s’expliquer jeudi 5 novembre auprès de sa direction. On vous explique pourquoi il y a de la friture sur la ligne entre l’AP-HM et ce jeune médecin très militant.
1. Qui est le docteur Louis Fouché ?
Taxé de « complostiste » et de « rassuriste » par ses détracteurs, salué pour son courage par ses défenseurs, ce jeune médecin anesthésiste-réanimateur est en poste à à la Conception, l’un des quatre établissements de l’Assistance Publique des Hôpitaux Marseillais.
Initiateur du collectif Réinfo Covid qui regroupe environ 400 médecins, chercheurs, soignants et citoyens à travers la France, le docteur Fouché a signé la tribune *publiée par Médiapart dénonçant les mesures gouvernementales en septembre.
« Je n’ai pas de conflit d’intérêt, je ne touche pas d’argent, je parle en mon nom de médecin-anesthésiste réanimateur et comme porte-parole de Réinfo Covid, et non pour l’AP-HM », aime souligner le Dr Fouché en préambule de toute interview.
« On cherche à sortir les gens de la peur, ajoute-t-il, à éclairer les enjeux autour de la crise sanitaire, et à rouvrir l’espace du débat démocratique et scientifique qui est complètement confisqué et verrouillé ».
2. Quelles sont les thèses qu’il défend ?
« Je sais que je porte un discours qui est différent de celui de l’AP-HM, mais je pense que c’est très sain qu’on aille discuter ensemble et confronter les points de vue », explique Louis Fouché reconnaissant être « un peu inquiet » de voir, qu’ailleurs, plusieurs membres du collectif ont été mis à pied par leur direction.
Lors de l’annonce du reconfinement par Emmanuel Macron, le docteur Fouché a récusé l’utilité de cette mesure, comme il l’avait fait au printemps dernier. « C’est disproportionné, affirme-t-il. On a dit fin août qu’il n’y aurait pas de deuxième vague, on a été qualifiés de ‘rassuristes’ et on s’est trompé. Mais ça reste disproportionné, ça l’était déjà le premier coup ».
Selon le médecin réanimateur, les bénéfices du confinement ne sont pas prouvés, alors qu’il induit des effets collatéraux qu’ils jugent dévastateurs pour la santé, le lien social et l’économie.
Le docteur Fouché propose à l’AP-HM de créer un collectif interne à l’institution pour permettre le débat d’idées. Il préconise aussi de cibler les mesures sur les personnes à risque plutôt que les appliquer sur la population générale. « Il faut donner des masques FFP2 aux gens qui sont âgés, aux gens qui sont fragiles, immuno-déprimés, qui ont des comorbidités, hypertendus, diabétiques ou obèses, et même à ceux qui ont peur ».
Il remet aussi en cause la létalité du virus qu’il estime surévaluée dans les hôpitaux. « On fait semblant que ça tomber sur n’importe qui, ce n’est pas vrai », assure le docteur Fouché qui ne nie pas pour autant que les services de réa sont « vraiment en tension ».
Sur les 470 malades en réanimation en PACA,il y en a moins de 20 qui ont moins de 50 ans.
Dr Louis Fouché, anesthésiste-réanimateur
Autre urgence selon lui : arrêter les tests en population générale et laisser les médecins les prescrire, ou encore donner de l’argent à l’hôpital public.
Soutenu par le professeur controversé Didier Raoult, patron de l’IHU Méditerranée et défenseur de l’hydroxychloroquine, relayé par le professeur Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Garches et auteur du brûlot « Y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise », le docteur Louis Fouché trouve un écho de plus en plus grand, favorisé par les revirements successifs du gouvernement.
3. Pourquoi ses positions sont critiquées ?
Concernant la létalité de la maladie décriée par Louis Fouché, Sylvie Le Minez démographe à l’Insee, estime dans Le Figaro que la hausse très importante de décès au printemps ne peut certes pas être intégralement attribuée au Covid-19, « mais l’épidémie en est indéniablement responsable en grande partie ». La létalité du virus est, quand elle, aussi régulièrement remise en cause par d’autres spécialistes qualifiés de « rassuristes ». ***
Mais comme le rappelle Le Monde,** ces critiques sont souvent très discutables car basées sur des calculs biaisés.
Quant aux critiques du jeune médecin réanimateur contre le reconfinement, elles sont balayées par le gouvernement. Pour justifier du retour du confinement le 30 octobre, le président de la République a ainsi mis en avant l’explosion des cas positifs qui place toutes les régions au seuil d’alerte. Emmanuel Macron a ainsi souligné que « le nombre de contaminations a doublé en moins de deux semaines ». De son côté, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a estimé jeudi le nombre de personnes infectées à « probablement un million ». De nombreuses études ont d’ailleurs prouvé que le premier confinement avait eu des effets très positifs pour reprendre le contrôle face à l’épidémie au mois de mars.
De son côté, Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, a déjà annoncé une troisième vague et d’autres encore jusqu’à l’immunité collective vaccinale ou naturelle. Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique qui guide le gouvernement, a lui annoncé pour sa part « le pic des hospitalisations pour la deuxième semaine de novembre et le pic en réanimation pour la troisième semaine ». Pour lui, le confinement est une nécessité et même s’il fonctionne bien, selon les régions, il faut s’attendre selon lui à ce que la circulation du virus soit encore importante à Noël.
4. Comment réagit l’AP-HM ?
Ce jeudi après-midi, le docteur Louis Fouché s’est entretenu avec le président de la Commission médicale d’établissement de l’Assistance Publique des Hôpitaux Marseillais, le professeur Dominique Rossi et le directeur général de l’AP-HM, Jean Olivier Arnaud. L’AP-HM indique que l’anesthésite-réanimateur n’a pas été « convoqué » mais qu’il s’agit d’un échange.
L’AP-HM veut notamment que le médecin s’explique sur ses propos concernant la létalité du Covid-19 dans les hôpitaux, surévaluée selon lui. A l’issue de la rencontre, l’AP-HM a indiqué dans un communiqué qu’elle « a souhaité rencontrer le Dr Fouché pour des échanges ouverts en vue d’éclairer le rôle de chacun », dans un contexte « de très grandes tensions sur (ses) capacités d’accueil de tous les patients Covid et non Covid et alors que la charge de travail qui pèse sur (ses) équipes est de plus en plus lourde ».
L’AP-HM rappelle que ses 16 000 professionnels « bénéficient dans le cadre privé de la même liberté d’expression que tout citoyen » soulignant cependant qu’elle doit s’exercer « dans le respect des missions et des obligations du service public hospitalier ».
Inquiets d’éventuelles sanctions, les partisans du docteur Fouché avaient appelé à un rassemblement de soutien devant les locaux de la rue Brochier au moment de la réunion.
Covid-19 : le professeur Didier Raoult saisit la justice pour faciliter la prescription d’hydroxychloroquine
L’infectiologue marseillais Didier Raoult fait appel devant le Conseil d’Etat pour contester la décision de l’Agence du médicament de ne pas autoriser largement la prescription d’hydroxychloroquine contre le coronavirus, qui va tarir ses capacités d’approvisionnement.
Publié le 05/11/2020 à 11h17

Bouches-du-RhôneMarseille« Je ferai appel en Conseil d’Etat et j’ai décidé d’attaquer le directeur de l’ANSM car il joue un jeu dangereux pour la santé des Français ». Tels sont les termes du Pr Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection, lancés mercredi 4 novembre, dans une vidéo publiée sur le site de l’IHU.
Ce dernier conteste la décision de l’Agence du médicament de ne pas autoriser largement la prescription d’hydroxychloroquine contre la Covid-19, qui va tarir ses capacités d’approvisionnement. Le Pr Raoult a mis au point, en début d’année, lors de la première épidémie, un traitement à base de cette molécule pour lutter contre le coronavirus.
Mais l’efficacité de l’hydroxychloroquine ayant été remise en cause par de nombreuses études mondiales, l’Agence du médicament (ANSM) a refusé le 23 octobre, de délivrer une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) qui aurait permis une utilisation plus étendue de cette molécule.
Plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui »
Le professeur Didier Raoult a donc déposé un recours devant le Conseil d’Etat, en fin de semaine dernière. Ce recours au fond ne devrait pas être examiné très rapidement. « Une plainte au pénal pour prise illégale d’intérêts et mise en danger de la vie d’autrui visant le directeur de l’ANSM, Dominique Martin, est par ailleurs en préparation », a précisé l’avocat de l’infectiologue, Fabrice Di Vizio.
L’hydroxychloroquine est commercialisée en France par le laboratoire Sanofi sous le nom de Plaquenil, mais pour d’autres maladies comme des rhumatismes ou certains lupus.
La prescription par un médecin d’un médicament hors des indications prévues par l’autorisation de mise sur le marché (AMM) doit se faire « au cas par cas », en informant le patient des risques encourus et du non remboursement, et la mention « hors AMM » doit figurer sur l’ordonnance.
La recommandation temporaire d’utilisation (RTU), qui donne accès au remboursement, vise une prescription hors AMM massive, au-delà de la prescription au cas par cas. D’où la demande l’IHU Méditerranée Infection, qui a de très nombreux patients et rencontre des difficultés d’approvisionnement.
Actuellement nous ne pouvons plus traiter tous les patients qui arrivent. Donc nous allons commencer à faire du tri, comme les réanimations, pour traiter en priorité ceux qui ont le plus de risque vital
Didier Raoult
Sanofi a confirmé qu’« en dehors d’un tel cadre (RTU) et en l’absence d’essai clinique dûment autorisé, nous sommes tenus de nous conformer aux obligations qui sont les nôtres concernant la mise à disposition de notre spécialité Plaquenil ».
Le laboratoire continue donc « de livrer les quantités standard que nous avions habitude de livrer avant la pandémie (qui n’ont rien à voir aux quantités sollicitées dans le cadre de la Covid-19) », a-t-il ajouté.
« Sanofi n’a pas à savoir à quoi nous utilisons les médicaments que nous recevons dans un hôpital », a rétorqué de son côté le Pr. Raoult.
« Deux poids, deux mesures »
Après le refus de l’ANSM, le directeur de l’IHU Méditerranée Infection avait dénoncé sur Twitter un « deux poids deux mesures » de l’agence, destiné selon lui à favoriser l’antiviral remdesivir (Gilead) au détriment de l’hydroxychloroquine.
Malgré encore plusieurs incertitudes sur l’efficacité du Remdivisir, relevées notamment par la Haute autorité de santé, la molécule du laboratoire Gilead a reçu début juillet une autorisation conditionnelle de mise sur le marché européen pour les formes graves de Covid-19, sous le nom de Veklury, sa marque commerciale.
Il bénéficie en France d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) de cohorte, une autre procédure permettant à certaines catégories de malades d’utiliser des médicaments pas encore mis sur le marché.
*Covid : dans une tribune, près de 300 scientifiques dénoncent les mesures gouvernementales « disproportionnées »
Dans une tribune publiée lundi sur le site de Médiapart, près de 300 scientifiques, médecins et universitaires critiquent les dernières restrictions décidées par le gouvernement contre le Covid et leurs effets « secondaires » dramatiques. Ils appellent à changer en urgence de stratégie sanitaire. Publié le 29/09/2020 à 17h26
• Mis à jour le 05/11/2020 à 14h15

Le 10 septembre, ils étaient 35 à signer une première tribune « Nous ne voulons pas être gouvernés par la peur ». Le docteur Fouché était déjà de ceux-là.
17 jours plus tard, ils sont près de 300 à clamer : » Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face au Covid-19. »
Louis Fouché, médecin anesthésiste-réanimateur à l’Hôpital de la Conception à Marseille (AP-HM) est à nouveau en tête des signataires de cette tribune publiée par Médiapart.***
Des personnalités très médiatiques comme le Pr Jean-François Toussaint, le Pr Chritian Perronne, l’épidémiologiste Laurent Toubiana ou le philosophe André Comte-Sponville, côtoient des anonymes professionnels de santé, chercheurs mais aussi universitaires.
Une quinzaine de personnalités de la région PACA co-signent ce texte comme le sociologue Raphaël Liogier, professeur à l’Institut de Sciences Politiques d’Aix-en-Provence.
Porte-parole du collectif « Soignants pour une politique sanitaire juste et proportionnée » qui regroupe 400 médecins, chercheurs et soignants et citoyens, le Dr Fouché dénonce des « mesures disproportionnées ».
On maintient la peur et c’est surtout ça qui nous gêne.
Dr Louis Fouché anesthésiste-réanimateur
Le 23 septembre dernier, le ministre de la Santé a annoncé la fermeture des bars, restaurants et salles de sport dans la métropole d’Aix-Marseille en se basant sur les données de circulation du virus. Pour le docteur Fouché, le Covid masque les « défaillances du système hospitalier ».
« Oui, il y a une tension hospitalière sur le nombre de soignants, de lits, etc. explique-t-il, mais cette situation n’est pas nouvelle, c’est lié à un sous-investissement dans l’hôpital public depuis une quinzaine d’années pour favoriser le secteur privé ».
Dns une vidéo partagée par le professeur Raoult sur Tweeter, le Dr Fouché décrit la prise en charge des patients Covid en réanimation.
Présentation du Dr Louis Fouché à l’@IHU_Marseille : données et expériences intéressantes de prise en charge de patients en réanimation.https://t.co/MA2GSA9trQ— Didier Raoult (@raoult_didier) October 7, 2020
« Est-ce que l’hôpital est en tension à cause du Covid ? Je dis non, ajoute-il. La réalité, c’est qu’il y a eu un mort du Covid à Marseille ce week-end (NDLR 27 sur toute la France), alors qu’il y a en moyenne 1700 morts par jour en France, 450 morts de maladies cardio-vasculaires, 430 de cancers, 110 de maladies respiratoires, 27 suicides, 11 accidents de la route. C’est très disproportionné ».
Statistiques contre statistiques
Le médecin réanimateur estime qu' »on fait peser sur l’institution hospitalière l’ensemble de ces malades, or un certain nombre de ces malades ne sont pas là forcément pour le Covid ».
« Les six derniers malades de la réanimation chez moi, trois avaient un Covid positif, et étaient comptés dans les statistiques Covid positifs. Mais en fait, ils étaient malades d’autre chose, un choc septique sur une pneumonie à bacille pyocyanique, un œdème aigü du poumon, un lymphome en cours d’induction de chimiothérapie… » explique-t-il.
« On fait dire aux chiffres des choses qui ne sont pas vrais, affirme-t-il. On fait dire à ces gens positifs qu’ils sont tous malades de la maladie Covid qu’on a vue au mois de mars, ce n’est pas vrai. Et je ne peux pas croire qu’on soit la seule réa dans ce cas-là. Ça veut dire qu’il y a environ 30% au moins des patients qui ne sont pas malades de la Covid. »
Pour Louis Fouché, il y a une raison à cela.
C’est un chantage aux ressources.
« Quand Olivier Véran vient à Marseille, pourquoi vient-il ? En gros, il vient donner de l’argent si on continue la narration de la peur et il vient faire un espèce de chantage consistant à dire « je ne nourris l’hôpital public que si vous continuez à faire ce que je vous dis sans discuter ». Et les gens s’alignent pour maintenir l’institution et continuer de soigner les gens ».
Louis Fouché ne nie pas la recrudescence du nombre de cas positifs. Mais, dit-il, c’est parce qu » on voit ce qu’on s’est interdit de voir en mars par une politique de tests qui n’étaient pas adaptée à l’époque. »
La menace d’un reconfinement
Pour le praticien, il faut arrêter l’organisation de ces dépistages massifs, et se limiter aux tests sur prescription « quand on a un doute, après avoir vu un médecin ».
On ne peut pas cantonner une maladie virale c’est une illusion.
La menace d’un reconfinement brandie par le ministre de santé est selon lui une façon de « reprendre le contrôle sur les gens par la menace ». « Ça jugule toute contestation, c’est tyrannique, anti-démocratique et ça n’est pas proportionné aux risques de cette épidémie de Covid », assène-t-il.
Selon le docteur Fouché, les restrictions prises rendraient le remède pire que la maladie.
« La volonté de la cantonner actuellement, c’est de ne pas mettre en tension le système hospitalier. Et on fait peser sur la population générale des mesures extrêmement liberticides et qui divisent et qui ont plein de dommages collatéraux alors que c’est la politique de gestion du système de santé qui est défaillante. »
Des effets collatéraux dévasteurs
« On est en train de casser le lien social, de le disloquer en prenant la proie pour l’ombre » s’inquiète le médecin marseillais.
« Il faut protéger les plus fragiles et ce n’est pas par la politique sanitaire actuelle qu’on les protège, au contraire. Il faudrait arrêter les masques dans les écoles, arrêter les masques à l’extérieur, arrêter les tests en population générale parce que tout cela procède d’une imposture et tout le monde le sait ».
L’urgence, affirme-t-il, « c’est de protéger les plus fragiles, ça veut dire donner aux gens qui ont peur, aux gens qui ont une immuno-dépression sévère, ceux qui sont hypertendus, obèses, diabétiques, ou avec des comorbidités sévères, c’est ceux-là qui font les formes graves et on les connaît. Il faut leur donner des FFP2 et qu’ils les portent et pas faussement les rassurer avec un masque chirurgical qui ne les protège pas. Et laisser le reste de l’épidémie circuler pour que l’immunité collective se fasse. »
L’AP-HM joue la transparence
Par souci de transparence, l’Assistance Publique des Hopitaux de Marseille (AP-HM) a décidé de publier au quotidien « la situation chiffrée des patients Covid dans ses hôpitaux marseillais.
Le bilan en date du 30 septembre fait état de 43 patients Covid en réanimation contre 46 la veille et 110 en hospitalisation contre 177.
Voir aussi*:
LE JDD a refusé une Tribune avec 300 signatures présentées comme des scientifiques mais fort éloignés de la virologie, des maladies infectieuses ou de l’épidémiologie.
https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/2020/10/01/1766/
Pour la mortalité:
**Le Covid-19 n’est pas devenu « 50 à 100 fois moins létal » qu’en mars, comme l’affirme le professeur Toussaint
Le médecin Jean-François Toussaint, spécialiste en physiologie et épidémiologie du sport, a assuré que la maladie était aujourd’hui bien moins mortelle. Mais son raisonnement se base sur un calcul très biaisé.
Par William Audureau Publié le 14 octobre 2020 à 16h03 – Mis à jour le 14 octobre 2020 à 17h58

Désormais inoffensif, ou presque, le SARS-CoV-2 ? C’est l’hypothèse défendue par le professeur Jean-François Toussaint, un des chefs de file des « rassuristes », ces opposants à des mesures sanitaires qu’ils jugent disproportionnées.
Interrogé sur la deuxième vague de Covid-19 sur Sud Radio, le 12 octobre, il a défendu l’idée selon laquelle l’explosion du nombre de cas positifs serait liée aux cas asymptomatiques, bénins ou guéris, signe que le Covid-19 ne serait, désormais, plus dangereux.
Une de ses affirmations en particulier a attiré l’attention sur les réseaux sociaux :
« Si nous avions [aujourd’hui] la même létalité que celle que nous avons eue au mois de mars, c’est-à-dire le rapport de décès sur le nombre de positifs, qui était de 10 à 20 % selon les jours, il y aurait dû y avoir hier 5 400 décès en France. Nous en avons connu cinquante-quatre. Cet état de fait nous démontre que la maladie est 50 à 100 fois moins létale [qu’avant]. La maladie est beaucoup moins mortelle. »
🔴 France, 11 Octobre: “Il aurait dû y avoir hier 5 400 décès en France. Nous en avons connu 54, ce qui veut dire qu… https://t.co/OJSoQbcEN0— biobiobiobior (@Biobiobiobio)
L’affirmation choc a été très relayée sur Twitter. Elle se fonde pourtant sur des calculs guère sérieux.
POURQUOI CE CHIFFRE EST FAUX
Le chiffre étonnant auquel parvient le professeur Toussaint repose sur une simple règle de trois. On peut la reconstruire en suivant son raisonnement :
- Observer le taux de létalité au printemps (20 %, dans sa fourchette la plus haute, même si, on y reviendra, ce chiffre est très au-dessus de la réalité) ;
- en utilisant une règle de trois, appliquer ce taux au nombre total de cas positifs connus au 10 octobre (26 896) pour en déduire un nombre de morts attendus (5 379, arrondis à 5 400) ;
- enfin, comparer le résultat obtenu au nombre de morts réels annoncés par Santé publique France le 10 octobre (54), et en conclure au micro que la maladie est « 50 à 100 fois moins létale » qu’auparavant.
Pourquoi ce calcul pose d’énormes problèmes ? Il multiplie entre eux des chiffres qui n’ont pas vocation à être comparés, comme les cas positifs et les décès d’un même jour ; et le taux de létalité apparent de mars, calculé de manière bien spécifique, et la létalité supposée du virus en octobre.
1. Un taux de létalité qui n’a (heureusement) jamais été de 20 %
Les épidémiologues distinguent deux types de taux de létalité :
– Le case fatality rate (CFR) ou taux de létalité apparent, qui donne en début d’épidémie un aperçu provisoire, souvent surestimé et fragile, de la dangerosité d’un nouveau virus, en se basant sur les cas connus. C’est naturellement les plus graves qui sont les plus visibles alors que les cas asymptomatiques passent relativement inaperçus. Il s’agit d’un chiffre à manier avec une extrême prudence et qui se périme vite, mais c’est celui que M. Toussaint utilise sans la moindre précaution six mois plus tard.
– L’infection fatality rate (IFR) ou taux de létalité réel, qui correspond à la mortalité effective de la maladie. Faute de pouvoir étudier toute la population, celle-ci est souvent extrapolée par des modélisations mathématiques complexes, à mesure que l’épidémie progresse et que la communauté scientifique apprend à connaître sa dynamique. Six mois après la première vague, il est estimé entre 0,1 % et 1 %. C’est le chiffre de référence, mais M. Toussaint n’en fait pas usage. S’il utilisait le chiffre de référence, il n’arriverait pourtant pas à un tel écart.
Résultat : le taux de létalité apparent français en mars était particulièrement élevé. Ce taux de 20 % cité par Jean-François Toussaint signifierait qu’un malade du Covid-19 sur cinq en est mort. Ce chiffre alarmant, mais très peu représentatif de la réalité, était pourtant déjà jugé trompeur fin juin.
2. Faute de tests en quantité suffisante, un nombre de cas largement sous-évalué
Calculer le taux de mortalité en octobre en se basant sur le taux de létalité apparent de mars est d’autant plus problématique que ce dernier était notoirement faussé en France. En effet, confrontés à une pénurie de tests, les services de santé y ont réalisé, au printemps, trois fois moins de tests que les autres pays. Libération rappelle que, dès le 11 mars, le gouvernement avait même invité les agences régionales de santé à stopper leur politique de dépistage dès lors que la circulation du virus devenait trop forte.
Selon des études rétrospectives de l’Institut Pasteur et de Santé publique France, moins d’un cas de Covid-19 sur dix était comptabilisé pendant cette période. L’Institut Pasteur estimait, dans un article paru dans la revue Science, que 2,9 millions de Français avaient en réalité été infectés au 11 mai, et que le taux de létalité réel dans le pays était de 0,5 %, chiffre rectifié à 0,7 % un mois plus tard.
Depuis, les capacités de tests du pays n’ont fait que progresser. Du lundi 27 avril au dimanche 3 mai, les tests hebdomadaires n’étaient encore que de 76 000. Sur la semaine allant du lundi 28 septembre au dimanche 4 octobre, selon les données officielles du gouvernement, plus de 1,1 million de dépistages ont été réalisés. Des chiffres permettant de mieux refléter la réalité de l’épidémie dans le pays – ou à tout le moins de confirmer que le taux de létalité apparent de mars était faux, et certainement pas réutilisable en octobre.
3. Comparer le nombre de décès survenus un jour et le nombre de cas n’a pas de sens
Reste la question de fond. Le Covid-19 est-il effectivement devenu moins mortel ? Pour l’estimer de manière grossière, il faudrait rapporter les 54 personnes décédées le 10 octobre du Covid-19, non pas aux 26 896 cas positifs remontés le même jour comme le fait M. Toussaint, mais plutôt aux malades identifiés deux à trois semaines plus tôt – délai moyen de dégradation mortelle de la maladie.
Leur nombre, qui oscillait alors entre 5 000 et 13 000, permettrait d’estimer très approximativement ce taux de létalité entre 0,4 % et 1,1 %. Une fourchette cohérente avec sa mortalité connue, et qui ne permet pas vraiment de parler de baisse de létalité, et sûrement pas dans les proportions évoquées par l’invité de Sud Radio.
Cette supposée baisse de létalité du virus que défend M. Toussaint est souvent expliquée dans le discours « rassuriste » par une mutation du virus. Cette piste ici prudemment écartée par l’invité de Sud Radio a notamment été mise en avant par Didier Raoult, qui a évoqué, à l’été, une forme devenue plus bénigne, avant de parler début octobre d’un nouveau radiant au contraire plus dangereux.
Qu’en est-il exactement ? Comme le rappelle l’Inserm, le 12 octobre, « plusieurs dizaines de mutations du SARS-CoV-2 ont déjà été décrites, sans que des conséquences sur l’épidémie aient été mises en évidence ».
Dans le détail, une étude parue en août dans The Lancet a bien remarqué la disparition d’une partie du code générique du virus dans une de ses variantes détectée à Singapour. Cette mutation est effectivement susceptible de le rendre moins virulent, mais ce n’est, à ce stade, qu’une hypothèse. Il s’agit par ailleurs d’une forme circulant en Asie, non en Europe.
Quelques éléments rassurants existent néanmoins. La prudence accrue des personnes à risque, la possible diminution de la charge virale par le port du masque, ou encore les progrès de la prise en charge médicale dans les cas gravespeuvent expliquer que le nombre de morts progresse – pour l’instant – plus lentement qu’au printemps.
**La mortalité (taux de létalité réel) engendrée par le covid-19 serait de 1%:
La mortalité des grippes saisonnières de 0,1%:
https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/diaporamas/CEMI/CEMI09-MOSNIER.pdf
Covid-19 : comment les « rassuristes » tentent d’inoculer le doute sur les mesures sanitaires
Article rédigé par

France Télévisions
Publié le 08/10/2020 07:04Mis à jour le 08/10/2020 15:06
Temps de lecture : 8 min.

En pleine pandémie de coronavirus, ils dénoncent la gestion de la crise par l’exécutif, qu’ils accusent d’être trop alarmiste. Un discours qui perce face aux revirements du gouvernement, dans un contexte de défiance à l’égard des politiques et des experts.
« Vivez à fond, embrassons-nous, crevons, ayons de la fièvre. » Rien que ça. Nicolas Bedos n’a pas fait dans la demi-mesure, fin septembre, en publiant sur Instagram un message dans lequel il invitait les Français à s’élever contre « les lâches directives gouvernementales » destinées à lutter contre la pandémie de Covid-19. L’acteur n’est pas le seul à critiquer les choix de l’exécutif. « Nous ne voulons plus être gouvernés par la peur », écrivent 35 médecins, infectiologues et universitaires dans une tribune publiée par Le Parisien, le 10 septembre. « Il est urgent de changer de stratégie sanitaire », répètent 350 autres professionnels de santé dans une nouvelle tribune parue le 27 septembre sur un blog hébergé par Mediapart,* après un refus de franceinfo, notamment.
En pied des deux textes figurent plusieurs signatures communes, dont celles de l’épidémiologiste Laurent Toubiana, du professeur de physiologie Jean-François Toussaint ou encore du sociologue Laurent Mucchielli. Trois figures emblématiques du courant des « rassuristes », selon l’appellation non officielle partagée par de nombreux médias.
Pour résumer, les « rassuristes » s’opposent aux « alarmistes » – qui se plient aux décisions du gouvernement – et accusent l’exécutif de jouer sur les peurs. Louis Fouché, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital de la Conception à Marseille (AP-HM), l’un des signataires de la tribune du 27 septembre, estime ainsi auprès de France 3 Côte d’Azur que la menace d’un reconfinement est une façon de « reprendre le contrôle sur les gens, par la menace ».
« Cela jugule toute contestation, c’est tyrannique, antidémocratique et ça n’est pas proportionné aux risques de cette épidémie de Covid. » Louis Fouché, anesthésiste-réanimateur à l’AP-HM à France 3 Côte d’Azur
Pour eux, il n’y a aucune raison – ou si peu – de s’inquiéter. Les plus radicaux assument d’être « antimasques » et flirtent avec le complotisme, selon une étude de la fondation Jean-Jaurès publiée peu après la rentrée. Sans aller jusque-là, Laurent Toubiana affirmait le 18 septembre, sur Radio Classique, que « l’épidémie [était] derrière nous » et que « le virus ne [circulait] pas ». « Il n’y a pas de deuxième vague en termes de mortalité actuellement » en France, assénait de son côté Jean-François Toussaint sur Sud Radio, deux jours plus tôt.
Cette absence de surmortalité liée au Covid-19 depuis mi-mai, plusieurs juristes, avocats, magistrats et universitaires l’ont brandie dans un texte datant du 23 septembre : « Dans un Etat de droit, la liberté doit rester la règle et la restriction de police l’exception. Il en résulte que les mesures restrictives des droits et libertés ne sont légales que si elles répondent aux trois exigences inhérentes au principe de proportionnalité : la nécessité, l’adéquation et la proportionnalité », s’indignent-ils.
Protéger ou sacrifier une génération ?
Dans la sphère politique, les « anti-restrictions » ont aussi leurs porte-voix. Renaud Muselier, président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et médecin de profession, pour qui la « dictature d’une éthique médicale veut imposer son savoir-faire aux choix politiques ». Samia Ghali, la deuxième adjointe à la mairie de Marseille, qui condamne à cor et à cri le « diktat » de gens qui « se réunissent à Paris, entre eux, entre nantis ». Ou encore Martine Wonner, ex-députée LREM du Bas-Rhin, qui n’a pas hésité à lancer à l’Assemblée nationale, le 2 octobre, que le port du masque était inutile.
Dans un tout autre registre, Joey Starr, Vincent Lindon ou Yann Moix se sont aussi fait entendre pour dénoncer les excès supposés d’un Etat surprotecteur. Se ralliant ainsi à la pensée du philosophe André Comte-Sponville : « Ce que je crains, c’est que pour protéger les vieux, dont je fais partie, on finisse par sacrifier toute une génération », déclarait-il sur RTL, le 8 septembre, pour dénoncer le « sanitairement correct » dans lequel baignerait notre pays.
Une défiance née d’une communication erratique
Mais, face au Covid-19, la France a-t-elle vraiment sombré dans « l’autoritarisme sanitaire », comme l’affirment les tenants d’une ligne de défense des libertés individuelles à tout prix ? Si les mesures adoptées dans l’Hexagone étaient parmi les plus restrictives au monde lors du confinement, ce n’est plus le cas, d’après une étude menée par l’université d’Oxford (en anglais). Récemment, des pays ont pris des mesures tout aussi fortes, parfois plus contraignantes, que celles appliquées en France aujourd’hui. En Espagne, les Madrilènes n’ont plus le droit d’entrer ou de sortir de leur quartier. Au Québec, le gouvernement interdit de recevoir des invités à domicile. Sans compter que, contrairement au printemps, la France n’applique plus de mesures de façon uniforme sur l’ensemble du territoire mais agit désormais de façon plus ciblée.
En réalité, la contestation et les critiques envers l’exécutif sont « inévitables », commente auprès de franceinfo le sociologue Philippe Riutort, chercheur associé au Laboratoire communication et politique (Irisso-CNRS). « Nous ne sommes plus au printemps où, pendant le confinement, il y avait une sorte d’union nationale. »
Si le gouvernement inspire une plus grande défiance, il le doit à une gestion de la crise sanitaire mouvementée, selon Caroline Ollivier-Yaniv, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-Est Créteil. Elle mentionne notamment l’arrivée d’un nouveau ministre de la Santé, Olivier Véran, en février, une communication erratique, voire contradictoire d’une semaine à l’autre au début de l’épidémie, un changement de discours sur les masques ou encore les oppositions entre le chef de l’Etat et le Conseil scientifique présidé par Jean-François Delfraissy.
Cacophonie sur les plateaux télé
« Il n’est pas facile de s’y retrouver car il y a une relative complexité du discours du gouvernement et des experts, depuis le mois de mars », observe Olivier Borraz, coauteur du livre Covid-19 : une crise organisationnelle (Presses de Sciences Po, 2020). Ce sociologue du CNRS replace la montée du discours « rassuriste » dans un contexte plus général de défiance vis-à-vis des autorités, illustré par le mouvement des « gilets jaunes » ou l’abstention élevée lors des dernières élections.
Le mouvement de protestation contre les mesures sanitaires trouve, entre autres, son terreau dans le fait que les arbitrages politiques sont fondés sur des savoirs scientifiques en construction sur le Sars-CoV-2, encore inconnu il y a moins d’un an. Lorsqu’il était encore à Matignon, Edouard Philippe avait d’ailleurs évoqué des décisionsprises « sur le fondement d’informations parfois incomplètes et souvent contradictoires ».
Par ailleurs, le débat scientifique, habituellement réservé aux chercheurs, s’est soudainement retrouvé dans la sphère publique. Un glissement qui s’est opéré de façon maladroite, selon Caroline Ollivier-Yaniv. Elle rappelle que les règles de discussion en vigueur dans les colloques, par exemple, sont très différentes de celles des plateaux des chaînes d’info, dont les audiences sont largement revigorées par le Covid-19.
« Il y a une inadéquation entre les débats scientifiques et les arènes médiatiques.«
Caroline Ollivier-Yaniv, professeure en sciences de l’information et de la communication à franceinfo
« La cacophonie a été malheureusement entretenue par certains médias, a réagi le 5 octobre, sur France Inter, l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique. Pour Caroline Ollivier-Yaniv, ces échanges sur les plateaux télé visent davantage à alimenter la polémique que « la controverse au sens plein du terme ».
De plus, Jocelyn Raude, sociologue à l’Ecole des hautes études en santé publique, souligne que l’expertise des débatteurs n’est pas toujours au rendez-vous. « Laurent Toubiana, qui est invité partout, est présenté comme épidémiologiste à l’Inserm, mais il n’a rien publié sur le Covid-19 », indique-t-il. Le sémiologue François Jost dénonce, lui, le « règne de l’ultracrépidarianisme« , un mot savant pour décrire le fait de parler de choses qui dépassent son champ de compétences. Le déplacement des débats sur des questions scientifiques « amène l’opinon publique à s’emparer de sujets qui lui échappent complètement », selon Philippe Riutort. Une brèche dans laquelle peut s’engouffrer le discours « rassuriste », souvent acquis à la cause du professeur Didier Raoult et son traitement à base d’hydroxychloroquine. Le même qui a minimisé pendant des semaines la gravité de l’épidémie.
François Jost note également que, dans les médias, l’accent est davantage mis sur les mesures gouvernementales et leurs conséquences que sur les raisons qui conduisent à les prendre.
Les élus locaux, relais des revendications
Si un certain ras-le-bol d’une partie des Français émerge, le discours des « rassuristes » trouve aussi un écho approbateur chez les professionnels qui souhaitent enfin reprendre ou continuer leur activité. C’est le cas des intermittents du spectacle, des bistrotiers et des hôteliers. Leurs revendications sont relayées efficacement par les élus locaux, prêts à monter au front pour les soutenir. « C’est valorisant pour eux de défendre des petits entrepreneurs », d’autant plus qu’il y a « un fort attachement des Français aux restaurants et aux cafés, qui sont des lieux de sociabilité importants dans la culture française », selon Jocelyn Raude.
Dans l’agitation médiatique, et face aux réticences, le gouvernement tente de mettre l’accent sur la responsabilité individuelle. « Ayons juste un peu de cœur, c’est tout ce que je demande ; un peu de cœur et de sens des responsabilités », a lancé le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur France Inter, le 29 septembre, sur un ton inhabituel et empreint de gravité, après avoir été atteint du Covid-19.
Une injonction malvenue, selon Olivier Borraz, car les Français ont très largement respecté les restrictions imposées pendant le confinement. « Aujourd’hui, quelque 99% des Français sont coopératifs sur le port du masque », confirme Jocelyn Raude, qui s’appuie sur des données récoltées par Santé publique France. Quant au gouvernement, malgré les réticences, il compte maintenir sa stratégie précautionneuse, comme l’a déjà fait savoir le Premier ministre, Jean Castex : « Ceux qui me reprochent de prendre des mesures trop fortes pourraient être ceux qui me reprocheront de ne pas en avoir fait assez. » Et si les « rassuristes » d’aujourd’hui étaient les alarmistes de demain ?
>>A suivre sur le même sujet une enquête d’Envoyé spécial d’Elise Menand et Virginie Vilar sur « Les frondeurs anti-masques », jeudi 8 octobre à 21h05 sur France 2.