« Malgré les mesures sanitaires, la deuxième vague du Covid s’abat sur les Ehpad »

Le Figaro constate que « la deuxième vague du Covid-19 prend de l’ampleur dans les Ehpad. Plus de 12% des maisons de retraite sont aujourd’hui touchées par le virus, avec 912 clusters en cours d’investigation au 2 novembre sur les 7400 établissements qui accueillent des personnes âgées ».
« Au cours des 4 derniers jours, 428 décès ont été recensés dans des Ehpad ou établissements médico-sociaux, selon les derniers chiffres de [Santé publique France]», souligne le journal.
Il ajoute : « Alors que les aînés fragiles sont les premières victimes du Covid, une nouvelle série de décès de personnes âgées en maison de retraite semble inexorable. Un risque évoqué par Olivier Véran et Brigitte Bourguignon dans une lettre adressée à tous les directeurs d’Ehpad ».
Le ministre de la Santé et la ministre déléguée chargée de l’Autonomie écrivent ainsi que « l’expérience de la première vague nous enseigne à quel point l’augmentation du nombre de résidents atteints peut être rapide. C’est avec gravité que nous appelons à nouveau chacun à la plus grande vigilance ».
Le Figaro remarque que « vendredi dernier, Santé publique France a mis en garde contre «une augmentation des décès dans les prochaines semaines». Ces derniers jours, le taux de positivité des tests et l’incidence sont montés en flèche chez les aînés dans certains départements. Dans la Loire par exemple, 2673 personnes âgées de 90 ans et plus ont été testées positives sur 100.000 habitants entre le 25 et le 31 octobre. Soit 6 fois plus que l’incidence nationale ».
« Des chiffres anxiogènes que tempèrent les professionnels du grand âge », note le quotidien.
Marie-Sophie Desaulle, présidente de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap), déclare ainsi qu’« il y a un effet loupe sur la présence du Covid en Ehpad. On sait exactement qui est touché par le virus et on voit la réalité de sa propagation alors que c’est impossible en population générale ».
Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, représentant les établissements du privé, ajoute que « la situation s’est dégradée depuis le 20 octobre. Mais elle reste pour l’instant sous contrôle et n’est pas vécue par les Ehpad comme équivalente à la première vague. Nous avons des masques, le matériel de protection nécessaire, des tests qui permettent une photographie réaliste de la situation et des pratiques acquises au printemps qui devraient nous permettre de mieux juguler l’impact du Covid ».
Le Figaro continue : « Mais comment s’explique cette flambée du virus dans des établissements où les mesures de sécurité sanitaires sont plus strictes qu’ailleurs ? Le gériatre Gaël Durel, président de l’Association nationale des médecins coordonnateurs et du secteur médico-social, pointe les contaminations liées aux visites en Ehpad, autorisées malgré le reconfinement ».
Il observe ainsi : « Embrassades, retrait du masque, échange de gâteaux… On estime que 10 à 20% des familles sont peu respectueuses des gestes barrières envers les résidents. Et parmi ces proches, comme dans le reste de la population, 30% sont des porteurs asymptomatiques du virus ».
Le directeur d’un Ehpad francilien confirme : « Les proches viennent à plusieurs, ne respectent pas toujours les horaires ni les gestes barrières… Mais on ne peut pas interdire à quelqu’un d’embrasser son parent ou de donner à manger à sa femme et il n’y a pas assez de personnel pour encadrer toutes les visites. De plus, il commence à faire trop froid pour organiser des rendez-vous dans le jardin. Le problème, c’est que si le virus rentre, nous sommes jugés responsables. C’est un véritable casse-tête ».
Le Figaro relève que « du côté du ministère de la Santé, on table sur l’arrivée des tests antigéniques depuis lundi dans les Ehpad pour enrayer les chaînes de contamination. […] Malgré l’envoi le 1er novembre de consignes renforcées pour l’organisation des visites et les mesures de protection, il n’est pas question de reconfiner les résidents dans leur chambre ni d’arrêter les visites ».