COVID-19 : EN PLEINE SECONDE VAGUE, MARTIN HIRSCH CHOISIT DE FERMER LES URGENCES DE L’HÔTEL DIEU !
Communiqué de sénateurs communistes
Le gouvernement a instauré un re-confinement, pour faire face à une seconde vague de la COVID-19, afin d’éviter une saturation des services du fait d’un manque criant de nos capacités hospitalières. Cet aveu d’échec devrait conduire Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP à renforcer les moyens et certainement pas à fermer les services des urgences de l’Hôtel-Dieu, hôpital de proximité par excellence, situé au centre de Paris !
Cette décision aberrante n’aidera en rien à la prise en charge des patient·es COVID et non COVID. Brandir l’argument d’une meilleure répartition des personnels paramédicaux est un faux prétexte.
L’hôpital Hôtel-Dieu de Paris, avec ses Urgences, est en capacité d’accueillir des patient·es atteints du coronavirus, de les évaluer, de les prendre en charge et de les hospitaliser si nécessaire. Il dispose de moyens humains compétents et techniques (scanner H24) à même de prendre en charge des patient·es dits « intermédiaires » (trop fragiles pour les renvoyer à domicile mais nécessitant une surveillance et/ou oxygénothérapie).
Les lits de cet hôpital sont indispensables également pour laisser libres ceux des autres services de soins et libérer ceux de réanimation pour les malades ne nécessitant plus de soins intensifs (soins de suite de réanimation).
De plus, il est impératif de désengorger et laisser libres les unités des autres hôpitaux qui doivent continuer à recevoir les patients hors COVID (cancérologie, pneumologie, urologie…) comme le rappelle le Conseil de l’Ordre des médecins.
Tous les témoignages des professionnels le prouvent, les déprogrammations de la première vague ont été dramatiques avec des pertes de chance majeures.
En pleine crise sanitaire et en nouveau risque d’attentat terroriste, l’heure est à l’ouverture de lits et de services ! La décision de l’AP-HP de fermer les urgences de l’Hôtel Dieu le 4 novembre prochain est inacceptable et sonne comme une provocation pour toutes celles et tous ceux qui se battent pour l’avenir de cet établissement .
C’est pourquoi, aux côtés d’élu·es locaux, nous nous rendrons le 6 novembre prochain, sur place, pour constater le nombre de chambres et locaux disponibles et non utilisés, dénoncer ce gâchis en ces temps de manque de lits et de capacités hospitalières .
En lien avec la CGT et des soignant·es, nous souhaitons montrer toute la pertinence de maintenir et développer l’Hôtel Dieu, hôpital au cœur de Paris avec des salles d’hospitalisation ouvrables immédiatement et de s circuits de fluide (oxygène) opérationnels pour les unités de soins.
Laurence Cohen Pierre Laurent
Sénatrice du Val-de-Marne Sénateur de Paris
APHP: POLÉMIQUE APRÈS « L’ARRÊT TEMPORAIRE » DES URGENCES DE L’HÔTEL-DIEU POUR OUVRIR DES LITS DE RÉANIMATION
F.B. avec AFP
Le 03/11/2020 à 20:00
Cette fermeture doit permettre « de redéployer des professionnels qui sont compétents dans les secteurs de soins critiques » pour faire face à l’afflux de patients souffrant du Covid-19.
Les dirigeants de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP)ont indiqué ce mardi avoir décidé un « arrêt temporaire » des urgences de l’Hôtel-Dieu pour ouvrir des lits de soins critiques dans un établissement voisin. Cette décision a été condamnée par la CGT et des élus de gauche.
Cette fermeture « va nous permettre de redéployer des professionnels qui sont compétents dans les secteurs de soins critiques », a expliqué lors d’une conférence de presse le Pr Alain Cariou, directeur médical de crise du groupement Centre-Université de Paris, qui chapeaute 8 établissements de l’AP-HP.blob:https://jscheffer81.wordpress.com/0ebb8e09-1cf2-431b-bf42-b86fd458e6aa
« Une quinzaine d’infirmiers spécialisés et 18 aides-soignantes » vont ainsi renforcer les équipes de réanimation de l’hôpital Cochin, ce qui sera « nécessaire pendent la durée du pic épidémique », a-t-il ajouté.
UN REDÉPLOIEMENT « JUSTIFIÉ »
« On en a discuté avec l’équipe des urgences de l’Hôtel-Dieu et tout le monde a convenu que l’importance de ce renfort justifiait pleinement ce redéploiement », a-t-il affirmé.
La CGT de l’Hôtel-Dieu y voit pourtant un « contresens » et souligne dans un communiqué que l’établissement dispose « de locaux vides ayant la capacité d’intégrer une activité ambulatoire » et pourrait servir de « relai Covid-19 pour les examens rapides ».
Les sénateurs communistes Pierre Laurent et Laurence Cohen ont pour leur part dénoncé une « décision aberrante » et annoncé qu’ils se rendraient sur place vendredi « pour constater le nombre de chambres et locaux disponibles et non utilisés ».
« UN NON SENS SANITAIRE »
La conseillère de Paris (LFI) Danielle Simonnet a également conspué « un non sens sanitaire alors qu’on va atteindre le pic de saturation des hôpitaux franciliens » et que l’Hôtel-Dieu pourrait selon elle « délester les autres services d’urgence surchargés ».
Des réactions balayées par le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, qui a comme au printemps pointé l’inadaptation du plus vieil hôpital parisien aux normes exigées en soins critiques.
« Ouvrir par miracle des lits de réanimation dans des locaux qui ne sont pas prévus pour ça, il n’y a pas un seul réanimateur (…) qui pense que ça sauverait un seul malade », a-t-il asséné.
Le patron des Hôpitaux de Paris a aussi précisé que « tous les services d’urgences voient leur activité diminuer en ce moment » et que « celui de l’Hôtel-Dieu a, en période normale, le plus petit nombre de passages ».SUR LE MÊME SUJET
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« On pourrait nous traiter de criminels si on laissait des personnels dans un service d’urgences avec peu de passages et qu’on n’ouvrait pas des lits en soins critiques », a-t-il insisté.F.B. avec AFP