COVID-19 : une protection acquise pendant plusieurs mois après une primo-infection chez la plupart des sujets atteints de forme modérée

Par Mme Aude Rambaud – Saint-Germain-en-Laye [Déclaration de liens d’intérêts] https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=1d346e65d87d6c1fbeb81134ab985f99&site_origine=newsletter_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=13950&from=newsletter
Selon une étude parue dans Science, la plupart des personnes infectées par le SARS-CoV-2 ayant présenté des symptômes légers à modérés n’ayant pas nécessité d’hospitalisation, développent des anticorps neutralisants contre le virus qui persistent plusieurs mois après l’infection.
D’après une étude menée par des chercheurs américains de l’hôpital Mount Sinaï à New York, la plupart des personnes ayant développé une forme légère à modérée de COVID-19 présentent une réponse immunitaire spécifique et durant plusieurs mois contre le SARS-CoV-2.
A partir des échantillons sanguins de 30.082 individus diagnostiqués dans cet hôpital pour la COVID-19, les chercheurs ont retrouvé la présence d’IgG dirigés contre la protéine spike du virus, la clé qui permet au virus de pénétrer dans nos cellules, chez 90% des sujets. Cette réponse était modérée à forte selon les individus et les chercheurs ont prouvé que ces anticorps étaient neutralisants pour le SARS-CoV-2 par des tests in vitro.
En outre, ces anticorps neutralisants ont été retrouvés en quantité importante et relativement stable trois mois après l’infection, puis encore cinq mois après chez de nombreux sujets. Un léger déclin était néanmoins observé à cinq mois, suggérant que ces anticorps pourraient devenir indétectables en quelques mois chez ceux présentant une réponse immunitaire moins forte.
Comme les auteurs le soulignent, un suivi plus long aurait été appréciable pour mieux juger de la durabilité de cette protection post-infection.
Référence :
Ania Wajnberg et al.
Robust neutralizing antibodies to SARS-CoV-2 infection persist for months
Science 28 Oct 2020: DOI: 10.1126/science.abd7728
[Retrouvez l’abstract en ligne]
https://science.sciencemag.org/content/early/2020/10/27/science.abd7728/tab-pdf
Covid : les personnes asymptomatiques perdent plus rapidement leurs anticorps, selon une étude britannique
Par M.J. le 27-10-2020
https://www.egora.fr/actus-pro/recherche/61889-covid-les-personnes-asymptomatiques-perdent-plus-rapidement-leurs#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20201030-%5B_1%5D

Une étude britannique de l’Imperial College London et d’Ipsos Mori montre que les personnes asymptomatiques sont plus susceptibles de perdre rapidement leurs anticorps que celles ayant montré des symptômes du Covid-19.
Du 20 juin au 28 septembre, l’Imperial College London et Ispos Mori ont suivi 350.000 personnes choisies au hasard en Angleterre, qui se sont auto-testées régulièrement chez elles pour voir si elles disposaient d’anticorps au Covid-19. »Au cours de cette période, la proportion de personnes testées positives pour les anticorps du Covid-19 a diminué de 26,5 % », passant de 6% à 4,4% de la population testée, explique un communiqué, « ce qui suggère une réduction des anticorps dans les semaines ou les mois suivant l’infection ».
La proportion d’anticorps chez les personnes testées positives au virus a diminué de 22,3% au cours des trois mois, quand cette diminution a atteint 64% chez celles qui n’avaient pas déclaré avoir été touchées par le Covid-19. « Les résultats suggèrent aussi que les personnes qui n’ont pas montré de symptômes liés au Covid-19 sont susceptibles de perdre plus rapidement leurs anticorps détectables que celles qui ont présenté des symptômes », ajoute l’étude. Covid-19 : environ un quart de formes asymptomatiques
Les personnes âgées les plus touchées
L’étude souligne aussi que, si toutes les classes d’âge sont concernées par cette diminution, les personnes âgées sont plus touchées : entre juin et septembre, la proportion de personnes de plus de 75 ans disposant d’anticorps a diminué de 39%, quand elle n’a diminué que de 14,9% pour les 18-24 ans.
« Cette étude constitue un élément crucial de la recherche, en nous aidant à comprendre comment évoluent les anticorps du Covid-19 à travers le temps », s’est félicité le secrétaire d’État à la Santé anglais James Bethell. Cependant, « on ne sait pas encore si les anticorps confèrent un niveau d’immunité efficace ou, si une telle immunité existe, combien de temps elle dure », a précisé l’Imperial College London et Ipsos Mori.
[avec AFP]