LFI, accusée de complaisance avec le communautarisme, veut clarifier sa vision de la laïcité et de la République
Les « insoumis » doivent réexpliquer leur conception alors qu’ils sont accusés, directement ou indirectement, d’être des complices de l’islam radical.
Par Abel Mestre Publié aujourd’hui à 01h56, mis à jour à 10h52

Ils ont beau être des adeptes des joutes politiques, tout comme du « bruit et de la fureur », les « insoumis » n’arrivent pas à s’en remettre. Qu’après l’assassinat par un islamiste de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), on les accuse, directement ou indirectement, d’être « complices » des terroristes, des « collabos » de l’islam radical ou encore d’être des « islamo-gauchistes », les partisans de Jean-Luc Mélenchon ne l’acceptent pas.
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Le député La France insoumise (LFI) des Bouches-du-Rhône l’a encore répété lundi 26 octobre. Invité de France Inter – la présence de l’ancien sénateur socialiste sur cette station honnie est la preuve que l’heure est grave –, M. Mélenchon a interpellé le ministre de l’éducation nationale : « Jean-Michel Blanquer vient de dire que j’étais tantôt républicain, tantôt islamiste de gauche. Qu’il le prouve ! Qu’il dise, qu’il cite une phrase, un comportement ! » Il a mis au défi ses contempteurs « de trouver sur cinquante ans de ma vie politique une seule ligne qui puisse être considérée comme non laïque, non républicaine ».
Quelques jours auparavant, le même Jean-Luc Mélenchon estimait, dans une note de blog, que lui et son mouvement étaient des « boucs émissaires de confort ». Dans le même article, il faisait amende honorable en s’excusant d’avoir dit qu’il y avait « un problème avec la communauté tchétchène » en raison des origines du terroriste islamiste ayant assassiné Samuel Paty, le 16 octobre. Le député faisait également référence aux affrontements de Dijon, en juin, entre des Tchétchènes et des jeunes de la métropole bourguignonne.
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Il faut dire que, depuis l’attentat de Conflans, toute la gauche de la gauche (formations politiques, syndicats et certains médias comme le site Mediapart) est soumise à de très fortes critiques. Les principaux griefs viennent de la majorité présidentielle ; de l’ancien chef de l’Etat François Hollande ; des anciens premiers ministres socialistes Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ; du Printemps républicain (association qui défend avec véhémence une conception stricte de la laïcité) ; de la droite ou de l’extrême droite.
« Une spirale infernale »
En cause : la supposée complaisance avec les revendications communautaires de certaines associations et personnalités musulmanes. Cette famille politique est aussi accusée de renoncer à défendre le principe de laïcité.
Le siège du Parti communiste français (PCF) a ainsi été, au cours du week-end, tagué de l’inscription « collabo ». Un acte qui a été condamné par la quasi-totalité du spectre politique. Leurs camarades d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) se voient aussi reprocher une conception trop « libérale » de la laïcité. Mais, entre tous, LFI est la formation la plus particulièrement visée.
« Tout le gouvernement s’y met. C’est un moment de bascule voulu, orchestré, coordonné. Il y a une volonté de se payer LFI. Nous sommes la seule alternative, la seule opposition systémique, le grain de sable qui peut perturber le duel annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen », veut croire Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis. Il dénonce un « climat délétère » où « l’extrême droite et les extrêmes libéraux se rejoignent dans une spirale infernale ». Il avertit : « Il faut faire attention : il y a ceux qui parlent et ceux qui appliquent dans les faits les paroles prononcées » contre des mouvements politiques ou contre les Français de confession musulmane. Les « insoumis » estiment également que le débat politique est fait sous la pression de l’extrême droite, de ses thèmes et de ses mots. « La bataille culturelle a été remportée par l’extrême droite », dit ainsi le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, lieutenant de Jean-Luc Mélenchon.
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Pour justifier leurs attaques, les adversaires de LFI rappellent que le mouvement de gauche a signé (comme, entre autres, le PCF, EELV et les syndicats CGT et FSU), en novembre 2019, l’appel contre l’islamophobie. Ce texte dénonçait la stigmatisation des Français de confession musulmane, notamment après l’attaque, quelques jours plus tôt, de la mosquée de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) par un ancien candidat du Rassemblement national.
Vite sortir de cette polémique
Mais cet appel condamnait également les « lois liberticides ». Si le texte ne précisait pas à quoi ce terme faisait référence, l’un des organisateurs, interrogé par Le Monde, avait alors expliqué qu’il était question des lois de 2004 et 2010 (sur les signes religieux à l’école et sur l’interdiction de la burqa), ce qui n’est d’ailleurs pas la position officielle de LFI. Autre problème : cet appel était lancé notamment par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), une association dont le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, dit mardi 27 octobre, dans Libération, qu’elle est « une officine islamiste ».
De plus, lors de la manifestation du 10 novembre 2019, qui avait suivi l’appel, Marwan Muhammad, l’ancien directeur du CCIF, avait harangué la foule en lançant depuis une camionnette plusieurs « Allahou Akbar »
« C’était une provocation isolée, faite sans concertation avec les autres organisateurs », avance aujourd’hui M. Coquerel qui avait beaucoup œuvré pour que le groupe parlementaire « insoumis » signe l’appel. Il tient à rappeler qu’une Marseillaise avait été entonnée à la fin de la marche : « Toute personne de gauche devait être dans la rue à ce moment-là », insiste-t-il. Reste que ces épisodes apparaissent aujourd’hui comme des éléments à charge contre le mouvement « insoumis ».
Une chose est sûre : il y a urgence pour LFI à sortir de cette polémique. M. Mélenchon doit déclarer sa troisième candidature à l’élection présidentielle dans les tout prochains jours. Or, il semble impossible de se lancer dans un tel climat politique.
La laïcité, un outil d’émancipation
Les « insoumis » doivent donc s’atteler à réexpliquer leur conception de la république et de la laïcité. Leur vision est déjà résumée dans le livret programmatique consacré à ce thème, où la laïcité est présentée comme un outil d’émancipation, « un pilier de la République une et indivisible ». Admirateur de la « grande Révolution » de 1789, longtemps franc-maçon, M. Mélenchon a toujours placé le combat républicain au cœur de son engagement. Et il entend bien le rappeler.
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Le 21 septembre, il a ainsi délivré un discours à la Maison de la Mutualité, où il a défendu l’idée d’une République qui redevienne un creuset où se mélangent et s’associent les citoyens aux origines et identités différentes et où les questions ethniques et l’assignation identitaire sont dépassées.
Mais cela ne suffira pas. « Il faut revenir à la raison, réfléchir à comment renforcer la laïcité. Il faut trouver une voie médiane, pour que le pays ne se casse pas, estime M. Corbière. On portera un message républicain. Ce sera une campagne longue où l’on prendra le temps d’expliquer les choses ; on réaffirmera nos positions. » Et surtout, faire œuvre de pédagogie et de patience.
*Comment l’islamophobie déchire la gauche française
Dénonciation de certains participants, critiques sur la forme comme sur le fond… tout le monde ne sera pas, dimanche, à la marche « Stop à l’islamophobie ».
Par Abel Mestre et Sylvia Zappi Publié le 08 novembre 2019 à 10h22 – Mis à jour le 08 novembre 2019 à 14h51
Les choses bougent à gauche autour de la question de l’islamophobie. Plusieurs figures politiques ont en effet signé une tribune parue dans Libération le 1er novembre appelant à une manifestation parisienne dimanche 10 novembre. Ce texte, intitulé « Stop à l’islamophobie » dénonce la stigmatisation des Français de confession musulmane, notamment après l’attaque de la mosquée de Bayonne, fin octobre, par un ancien candidat du Rassemblement national.
A gauche, où l’exégèse des textes est la norme, le terme « islamophobie » a fait débat jusqu’à récemment. Les défenseurs de la laïcité, la grande majorité des formations et de leurs responsables, marqués par les batailles républicaines et laïques, préfèrent distinguer le« racisme antimusulman » de l’« islamophobie », estimant que l’on doit pouvoir critiquer les religions en tant que dogmes, sans pour autant viser les fidèles
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Les « insoumis » divisés de longue date sur le sujet
Mais l’évolution la plus nette en la matière concerne La France insoumise (LFI). Le mouvement populiste a toujours été divisé sur cette question. Certains ne voulant pas utiliser le terme d’« islamophobie » – notamment parmi les fondateurs, dont certains sont francs-maçons affiliés au Grand Orient –, d’autres le revendiquant, comme la députée de Paris Danièle Obono. Toute l’ambivalence « insoumise » s’est vue lors des universités d’été du mouvement, fin août, à Toulouse.
Invité à donner une conférence sur la laïcité, le philosophe Henri Peña-Ruiz avait ainsi déclaré que « l’on avait le droit d’être islamophobe » comme « cathophobe »ou « athéophobe ». S’ensuivirent plusieurs jours de polémiques et de débats internes sur le sujet.
Pour Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis et qui fait le pont entre LFI et les associations des quartiers populaires, il est temps d’assumer, en partie, le terme. « L’islamophobie est prise, dans le texte de l’appel à manifester le 10 novembre,comme un racisme antimusulman, qui est la définition la plus communément admise. On peut participer à la manifestation, signer l’appel et ne pas reprendre ce mot qui reste ambigu », assure l’ancien chevénementiste.
Jean-Luc Mélenchon a également tenu à s’expliquer dans une note de blog, le 7 novembre.
« Certes, “islamophobe” est un mot que nous n’aimons pas. Certes, nous préférons combattre la “haine des musulmans”. Mais la question posée aujourd’hui n’est pas du tout celle du droit ou non de critiquer une religion. (…) Il s’agit de combattre une attitude de haine aveuglée poussant aux mauvais traitements et au crime contre les croyants réels ou supposés d’une religion », écrit le député des Bouches-du-Rhône.
Dans le même registre, même les trotskistes de Lutte ouvrière (LO), qui ne cessaient de dénoncer cette expression, appellent désormais à manifester dimanche « contre le racisme et l’islamophobie ».
La présence de l’imam Nader Abou Anas parmi les soutiens de la manifestation a suscité les critiques
Cependant, si l’unanimité se fait autour de la lutte contre la stigmatisation des musulmans, des critiques soulignent des tournures ambivalentes, mais aussi certains soutiens de la manifestation. Tel l’imam Nader Abou Anas, qui a justifié les violences contre les femmes, notamment le viol conjugal.
Arrivé avec une deuxième salve de signataires, après la publication de l’appel dans Libération, ce dernier a d’ailleurs été poussé vers la sortie par les organisateurs de la marche du 10 novembre. « Il n’a jamais fait partie des signataires de la tribune que l’on a publiée, précise-t-on à Libération. Il a débarqué, sans que les premiers signataires le sachent, le dimanche soir avec des dizaines d’autres noms. On n’aurait jamais accepté de publier un texte signé par un tel mec. »
Côté politique, sans retirer leur signature, plusieurs responsables ou partis ont marqué leur distance, notamment François Ruffin, le PCF ou l’écologiste Yannick Jadot. Ce dernier n’ira pas au défilé en raison d’« engagements de longue date avec des associations de jeunes ». Cependant, il estime qu’il est nécessaire de se montrer « solidaire de la communauté musulmane ».
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« Quand cela concerne les musulmans, tout le monde devient hyper tatillon, souligne Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis. Quand on a manifesté contre l’antisémitisme il y avait la Ligue de défense juive [LDJ, extrême droite] qui nous insultait et avec qui on n’a rien à voir. » Sergio Coronado, ancien député Europe Ecologie-Les Verts aujourd’hui « insoumis », complète : « Ceux qui râlent proposent quoi ? Rien ! Donc, la stigmatisation et le déchaînement contre les femmes musulmanes doivent continuer ? »
Pour M. Corbière, il est clair que le moment nécessite « une réaction populaire contre la stigmatisation des musulmans » tout en « respectant la laïcité, qui n’est pas un athéisme d’Etat à géométrie variable. »
« Lois liberticides »
Un autre problème justifie les prises de distance. Au détour du texte, une phrase dénonce les « projets ou lois liberticides ». Les lois dont il est question sont celles « de 2004 contre les signes religieux à l’école » et « de 2010 interdisant la burqa », explique Madjid Messaoudene, élu de gauche à Saint-Denis, et l’un des initiateurs de l’appel.
« Discutons-en ! Ces lois sont vécues comme liberticides. Sous prétexte de laïcité, la loi de 2004 vise uniquement les jeunes femmes musulmanes », estime M. Messaoudene, qui précise : « Nous, on ne veut pas toucher à la loi de 1905. C’est un bijou, un bouclier. L’extrême droite, la droite et une partie du PS veulent en faire un glaive contre les musulmans. »
Mais cette mention énerve MM. Coquerel et Corbière, qui considèrent tous deux que la loi sur les signes religieux à l’école « n’est pas liberticide ». Pour Gilles Clavreul, ancien délégué de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT et membre du Printemps républicain, association qui défend avec véhémence une conception stricte de la laïcité, la présence de LFI ou d’EELV est une « manœuvre électoraliste avant les élections municipales ». Et voit l’absence du PS dans les signataires et à la manifestation de dimanche comme « validant », a posteriori, « la théorie des deux gauches irréconciliables » autour de la laïcité.
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Au PS, les lignes bougent
Le Parti socialiste, qui a consacré son dernier bureau national, mardi 5 novembre, au débat, a en effet renoncé à participer au défilé. « Nous ne nous reconnaissons pas dans l’appel qui a été initié, explique Olivier Faure. Nous défendons la loi laïque qui permet de croire et de ne pas croire. » Le premier secrétaire du PS ne souhaitait pas associer son parti à un rassemblement « initié par le Collectif contre l’islamophobie en France et des individus qui ont des revendications qui ne sont pas les nôtres ». Mais les socialistes ont bougé, abandonnant une approche orthodoxe de leur acception de l’idée républicaine.
Pour la première fois, la direction du PS reconnaît l’existence d’un climat « de haine »
Pour la première fois, la direction du PS reconnaît l’existence d’un climat « de haine » à l’œuvre à l’encontre des musulmans de France, même si elle n’adopte pas le terme d’islamophobie, trop récupéré par certains courants « de l’islam politique » à son goût. Ainsi la résolution condamne sans ambiguïté « l’attentat de la mosquée de Bayonne », reconnaît une « libération de la parole et des actes racistes contre les Françaises et Français de confession musulmane » et appelle à y faire face. Le texte a été adopté à l’unanimité, un événement inédit au PS, habitué à se déchirer depuis plusieurs années sur cette thématique.
Certains élus, minoritaires, auraient aimé que leur organisation participe à la manifestation sur ses propres mots d’ordre, afin de montrer leur solidarité. « On a encore une position trop raide. La question de la signature de certains courants avec lequel nous sommes en radical désaccord, tels la LDJ ou le Betar [groupe musclé de la droite israélienne], ne se pose pas quand il s’agit de manifester contre l’antisémitisme », note un ancien ministre.
La prise de conscience liée à l’attaque de Bayonne
Mais la plupart se satisfont d’une position jugée raisonnable. « Ce qui s’est passé à Bayonne commence à secouer les consciences. Aujourd’hui il n’y a plus chez nous de débat sur l’existence d’un racisme antimusulman », remarque Fatima Yadani, membre de la direction. Le départ des plus intransigeants, tels Manuel Valls et d’autres cadres vers LRM, ou d’autres avec Emmanuel Maurel vers LFI, a permis un climat moins clivant sur les questions liées à la laïcité.
Olivier Faure est convaincu que la position adoptée par son parti est la bonne au regard des désistements de la liste des signataires. « On sent qu’on a influencé le débat en refusant un cadre trop clivant », estime un de ses proches.
Pour enfoncer le clou, le député de Seine-et-Marne devait proposer, dans les prochains jours, l’organisation d’un rassemblement « contre la haine des musulmans » en appelant les organisations républicaines à s’y joindre. Une manière d’élargir la mobilisation à partir d’un cadre plus consensuel et moins marqué. « Il est urgentissime de rassembler sur une ligne universaliste et égalitaire », insiste Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Et de dépasser les vieux clivages.
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**Le recentrage républicain de Jean-Luc Mélenchon
Après avoir donné l’impression, ces derniers mois, de zigzaguer sur la République ou la laïcité, le fondateur de La France insoumise a réaffirmé un discours républicain, dans l’intention de préparer sa candidature à l’élection présidentielle de 2022.
Par Abel Mestre Publié le 28 septembre 2020 à 06h30 – Mis à jour le 28 septembre 2020 à 08h37
Analyse. Jean-Luc Mélenchon aurait-il cédé à la tentation de se renier et abandonné ses idéaux républicains ? Ou, au contraire, a-t-il simplement évolué et modernisé son approche de la chose commune, la res publica ? Depuis plusieurs mois, le député La France insoumise (LFI) des Bouches-du-Rhône donne l’impression de zigzaguer sur des thématiques qui lui sont chères, comme la République ou la laïcité. D’abord, sa signature, en novembre 2019, de l’appel contre l’islamophobie a jeté le trouble chez ses partisans. Non pas que le combat ne vaille pas la peine d’être mené – tous les « insoumis » reconnaissent la réalité de l’islamophobie en France, même si certains rechignent à utiliser ce terme – mais parce que le texte condamnait les « lois liberticides » de 2004 et 2010 (sur les signes religieux à l’école et sur l’interdiction de la burqa), ce qui n’est pas la position officielle de LFI.A
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Puis vint, plus récemment, la reprise du concept de « racisation » d’une partie de la population. « C’est le regard du raciste qui racise la personne, qui lui attribue par essence des comportements qui seraient liés à sa couleur de peau ou à sa religion. Ceux qui luttent contre la racisation ne se réclament pas des races, mais au contraire de la perspective générale d’un droit universel qui s’applique à toute personne humaine [pour ce qu’elle] fait, et pas [pour ce qu’elle] est », a ainsi analysé M. Mélenchon lors d’un colloque sur la sécurité, organisé par son mouvement, le 14 septembre. Des propos inédits dans la bouche de l’ancien sénateur socialiste et qui sont combattus par une partie des antiracistes français qui se réclament de « l’universalisme ». Pour ces derniers, le concept de racisation est mortifère car il réhabilite le concept de race, même s’il s’agit de « race sociale »et non plus de « race biologique ».
Les adversaires de M. Mélenchon – l’ancien premier ministre Manuel Valls en tête, mais aussi, de l’autre côté du spectre politique, le Rassemblement national – en ont profité pour dénoncer une supposée prise du pouvoir à LFI par des « indigénistes ». Même ses anciens amis de Charlie Hebdo ne l’épargnent pas dans leurs caricatures sur le sujet. Le parlementaire, lui, réplique en amalgamant le journal satirique à Valeurs actuelles, l’hebdomadaire de droite extrême qui a représenté la députée insoumise Danièle Obono en esclave. Comme souvent avec Jean-Luc Mélenchon, les débats se transforment en affrontements, les arguments en anathèmes.
Un discours manifeste
Ces accusations sont, en tout cas, graves aux yeux de M. Mélenchon. Lui, l’admirateur de la « grande révolution » de 1789, longtemps franc-maçon, qui veut s’inscrire dans les pas d’un François Mitterrand – il multiplie les références à l’ancien chef de l’Etat –, a toujours placé le combat républicain au cœur de son engagement. Il se devait donc de répondre. Il l’a fait lundi 21 septembre, jour anniversaire de la fondation de la Ire République en 1792, à l’occasion du lancement du nouveau think tank « insoumis », l’Institut La Boétie. Son message est clair : la République, c’est lui.
Pendant près de deux heures, Jean-Luc Mélenchon a tenu un discours qui était, en fait, un manifeste.
Celui d’un politique attaché plus que tout à la République, son histoire, sa signification. Mais aussi celui d’un homme de gauche qui a évolué, a modifié sa vision du monde sans, le jure-t-il, en altérer l’essence. Opposant une conception dynamique de l’histoire à une autre qui serait figée, il a estimé que « l’universalisme ne peut pas rester un principe abstrait ». Il se concrétise, au contraire, dans « la créolisation du monde » chère au poète antillais Edouard Glissant, notion que M. Mélenchon explique longuement dans une tribune parue dans L’Obs. **
Reprendre le concept de « créolisation » est une manière, pour lui, de dépasser les questions ethniques et l’assignation identitaire
Reprendre le concept de « créolisation » est une manière, pour le parlementaire, de dépasser les questions ethniques et l’assignation identitaire afin que la République redevienne un creuset où se mélangent et s’associent les citoyens aux origines et identités différentes. Et créer ainsi quelque chose de neuf, d’inédit. « Nous ne sommes pas une nation ethnique. On fait France de tout bois, en permanence », estime ce promoteur d’une VIe République.
Lors de son intervention, M. Mélenchon a aussi voulu éteindre les accusations de « communautarisme » et répondre, à sa manière, à l’exécutif, qui parle de « séparatisme ». « La République n’est pas un régime neutre, a martelé Jean-Luc Mélenchon. Il faut qu’une seule communauté soit reconnue, la communauté légale. Aucune autre communauté ne peut se prévaloir de droits spécifiques. »
Une image écornée dans l’opinion
Cette profession de foi républicaine – plutôt un recentrage – est surtout une nécessité pour Jean-Luc Mélenchon. Son image a été durablement abîmée par les perquisitions mouvementées à son domicile et au siège de son mouvement, en octobre 2018. Au moment du procès qui a suivi, ses attaques contre les juges lui avaient valu une réponse cinglante du Syndicat de la magistrature (gauche) et avaient déconcerté certains de ses fidèles soutiens. Ces positions ont durablement marqué l’opinion. Selon la balise d’opinion réalisée par l’Ifop en septembre, le député « inquiète » 54 % des sondés (contre 38 % en 2017). Moins d’un quart (22 %) des personnes interrogées estiment que M. Mélenchon a la stature d’un président de la République (contre 46 % il y a trois ans). A un an et demi de l’échéance présidentielle, il y a urgence à agir.
Cette reconquête du discours républicain s’inscrit donc pour le fondateur de LFI dans un cadre plus large, celui de la préparation de sa troisième candidature pour la fonction suprême en 2022. Il aura 70 ans et cette campagne devrait être sa dernière pour l’Elysée. L’âge aidant, il entend incarner une République réconciliée, bien différente du « bruit et de la fureur » qui ont permis ses premiers succès.Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après l’échec aux municipales, La France insoumise mise déjà sur 2022
TRIBUNE. Jean-Luc Mélenchon : « La créolisation n’est pas un projet ou un programme, c’est un fait »
***Le leader de La France insoumise s’inspire du concept du penseur Edouard Glissant pour proposer « le chaînon manquant entre l’universalisme et la réalité vécue qui le dément ».
Par Jean-Luc Mélenchon (leader de La France insoumise)
Publié le 25 septembre 2020 à 09h27 Mis à jour le 25 septembre 2020 à
« Créolisation ». Un mot dans mon discours sur la République a fait parler. Je laisse de côté la poignée de sots pour qui ce fut une nouvelle occasion d’essayer de me faire endosser la camisole de force de leurs hantises identitaires. Ainsi de madame Saporta. Son ignorance crasse éclata quand elle affirma que le concept de créolisation renvoyait aux « origines » de chacun. Elle ignore donc ce que veut dire ce mot depuis qu’Edouard Glissant l’a mis en scène. Commençons donc par lire ce qu’en disait Edouard Glissant en 2005 dans une interview au journal « le Monde » :
« La créolisation, c’est un métissage d’arts, ou de langages qui produit de l’inattendu. C’est une façon de se transformer de façon continue sans se perdre. C’est un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l’interférence deviennent créateurs. C’est la création d’une culture ouverte et inextricable, qui bouscule l’uniformisation par les grandes centrales médiatiques et artistiques. Elle se fait dans tous les domaines, musiques, arts plastiques, littérature, cinéma, cuisine, à une allure vertigineuse… »
Le verbe riche d’Edouard Glissant fonctionne ici dans toute sa performance. Il permet de comprendre ce que désigne le mot « créolisation » sans aucun doute d’interprétation.
Notons l’essentiel. Primo : la créolisation n’est ni un projet ni un programme. C’est un fait qui se constate. Il se produit de lui-même. D’où la sottise de ceux qui m’attribuent la créolisation comme un objectif politique. Veulent-ils s’opposer au processus spontané de la créolisation ? Mais alors il faudrait qu’ils disent pourquoi. Et surtout comment comptent-ils s’y prendre. Secundo : la créolisation ne concerne pas exclusivement la langue comme fait semblant de le croire Eric Zemmour. Elle implique bien davantage l’ensemble des usages de l’existence sociale. Ce sont ces habitudes par lesquelles chacun accède à la vie en société et qui lui paraissent naturelles, évidentes. J’aurais dû écrire « habitus » pour être aussi précis que possible. Cela désignerait alors la façon personnelle avec laquelle cette intégration des usages se fait pour chacun, en relation avec ses appartenances sociales telles que le lieu de vie, la classe sociale, les réseaux de vie collective.
Quand le mot « assimilation » apparaît, le malentendu l’accompagne
Dans mon esprit, il s’agissait de proposer le chaînon manquant entre l’universalisme dont je me réclame et la réalité vécue qui le dément. Car si pour les dominants, il n’y a aucune difficulté à passer de l’affirmation de l’idée d’universalisme à sa mise en œuvre au quotidien, c’est précisément parce que leur propre culture, mœurs et usages dominent. Tout leur paraît évident et naturel. Ils peuvent alors penser que celles-ci sont la forme concrète de l’universalisme réel. C’est pourquoi il leur arrive en plus d’exiger des autres qu’ils aient une volonté « d’assimilation ». Pour eux, cela ne pose pas de questions existentielles. Il en va tout autrement pour des millions de gens qui ne comprennent pas ce qu’on leur demande. En effet, ils respectent la loi et se trouvent de fait inclus dans tous les aspects de la vie de la cité. L’assimilation leur paraît alors être un renoncement à ce qui les distingue de la culture dominante. Mais quoi se demandent-ils ?
On tombe alors inexorablement sur la religion. Je veux dire sur ses rites en privé ou en public. S’y ajoute tout aussi directement cette part des mœurs qui implique le fondamental. Je pense ici évidemment au corps, à ce qu’on en montre ou pas, ce que l’on en affiche selon qu’on est un homme ou une femme et ainsi de suite. Enfin, et de façon plus subliminale, ce que Chirac avait appelé « le bruit et l’odeur ». C’est-à-dire les usages vocaux et la musique. Et pour finir par le plus décisif : l’odeur de la cuisine familiale. Réconfortante pour les uns, exogène pour les autres.
Quand le mot « assimilation » apparaît, le malentendu l’accompagne. Ceux qui s’en réclament partent de bonnes intentions : ils veulent vivre ensemble sans rejeter par préjugés les « autres » réputés différents. Ils leur demandent donc de faire « un effort d’intégration ». Les autres, « les différents », se demandent ce qu’on leur veut de plus. Ils se sentent donc mis en cause de manière ambiguë dans leur identité profonde. Le malentendu est à son comble quand chaque partie observe chez l’autre un reflet de soi bien visible et s’étonne alors de la question posée. Car évidemment, la créolisation est passée par là avant même la dispute.
Le peuple français actuel n’est plus le peuple de 1958
Mon intention n’est pas de dire de quel côté doit aller la fusion des usages. C’est d’ailleurs impraticable. Je veux seulement nommer, de façon pacificatrice, ce qui se produit en réalité autour de nous. L’universalisme humaniste doit tenir les deux bouts de la question identitaire : celle de la similitude humaine et celle des différences. Je veux mettre un mot en réponse à l’obsédante question identitaire. En effet, il est devenu impossible de ne pas en avoir sans être ficelé dans l’alternative affreuse de la fermeture illusoire ou d’une ouverture sans contenu, très anxiogène. Créolisation. Il est magique que le mot vienne d’un penseur français de Martinique.
Notre culture dominante actuelle est elle-même le résultat d’une « créolisation ». Si ceux qui s’y sentent à l’aise, et craignent sa dilution, ne veulent pas le savoir, c’est évidemment leur droit. Personne ne les obligera jamais à quoi que ce soit dans les domaines concernés par la créolisation. C’est aussi impossible à faire que l’inverse le serait sous couleur « d’assimilation ». De même, contrairement à ce que j’ai pu lire, je ne parle pas de la créolisation comme raison de passer à la VIe République. Je motive celui-ci par le blocage sur lequel débouche la monarchie présidentielle instituée par la Ve République. Je n’entre pas dans davantage d’aspects de cette critique car ce n’est pas mon sujet ici
.EXCLUSIF. En réponse à Jospin, Mélenchon évoque une « nouvelle force politique » pour 2022
Cependant, je rappelle volontiers que notre peuple a beaucoup changé depuis 1958, date de la Constitution de la Ve République. De rural il est devenu urbain. De chrétien il est devenu massivement sans religion et le reste est réparti entre cinq cultes, le deuxième étant l’islam. Hier à majorité écrasante d’origine européenne, il comporte dorénavant une population bien plus mélangée intégrant aussi bien de larges pans caribéens que maghrébins. Les références culturelles anglo-saxonnes qui étaient très minoritaires sont devenues majoritaires et une forte imprégnation en est résultée. Elle se lit sur les façades des commerces, le vocabulaire ordinaire, les émissions de télé, les modes et la musique. De fait, il s’agit de la forme de créolisation la plus aboutie et elle surplombe toutes les autres. De toutes les façons, le peuple français actuel n’est plus le peuple de 1958. Lui proposer de se refonder en lui demandant d’établir une nouvelle Constitution, c’est lui proposer une occasion de se définir lui-même. Rien de plus, rien de moins.
« Semblables dans la différence »
La créolisation et l’universalisme sont les deux états d’une même réalité fondamentale dans la condition humaine. Nous sommes tous semblables par nos besoins essentiels mais chacun de nous est différent de n’importe quel autre. Et ces deux états comptent autant pour chacun de nous. La différence dans la similitude se constate. Et la similitude est prouvée par la différence puisqu’elle ne parvient jamais à l’effacer. La créolisation rend cet aller-retour possible, vivable, concret. Elle est le contraire d’une essentialisation des êtres et de leur identité comme la voudraient les Zémmouriens des deux rives qui m’ont aboyé dessus.
Zemmour est le nom de l’olive en langue berbère algérienne. Le chroniqueur du même nom, ennemi de la créolisation, devrait y réfléchir. Car nous voici rendus au point où la majorité des locuteurs français ne sont pas Français et ne vivent pas en France. Des centaines de millions de gens en Afrique et aux Amériques ont en usage commun cette langue. Ils la créoliseront comme jamais. Que diront les conservateurs : « Nous ne parlerons que le français de France » ? Quelle tristesse !
L’Eglise a fait adopter par l’Union européenne sa devise : « Unis dans la diversité ». Je la trouve trop essentialiste et fermée. La créolisation est le processus de la vie elle-même chez les animaux sociaux en évolution permanente que nous sommes. Elle suggère une formule plus conforme à l’humanisme universaliste pour en prendre acte : « Semblables dans la différence ».
Marche contre l’islamophobie : gênés, des politiques de gauche prennent leurs distances
Yannick Jadot et François Ruffin, qui faisaient partie des signataires, n’iront pas à la manifestation dimanche, tout comme le PS. De son côté, Jean-Luc Mélenchon n’a pas encore fait savoir s’il participera au rassemblement.
Le Monde avec AFP Publié le 07 novembre 2019 à 00h49 – Mis à jour le 08 novembre 2019 à 11h32
L’appel à la marche contre l’islamophobie organisée dimanche 10 novembre à Paris, continue de mettre la gauche et une partie des responsables politiques dans l’embarras, et a obligé Edouard Philippe à s’exprimer, mercredi 6 novembre.
Le premier ministre a noté sur BFM-TV que « depuis que l’appel à manifester a été publié, un certain nombre de gens qui l’avaient signé, peut-être sans le lire, se disent que finalement il fallait appeler à manifester mais ils ne vont pas y aller. Je les laisse s’accorder avec la clarté de cette position ».
Refusant d’utiliser le terme « islamophobie », M. Philippe a dit qu’il ne « niait absolument pas le fait qu’en France un certain nombre de Français peuvent être mis en cause à raison de leur couleur de peau, de leur conviction religieuse. C’est du racisme ou de la discrimination ». Mais pour lui, « un certain nombre, peut-être pas tous, de ceux qui appellent à manifester dimanche me paraissent s’inscrire dans une logique de communautarisme qui n’est pas du tout ce à quoi je crois ».
Jadot ne valide pas « l’ensemble du texte »
L’eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Yannick Jadot, a expliqué mercredi à l’Agence France-presse (AFP) qu’il ne se rendrait pas à la marche. La veille, il avait déjà dit qu’il ne « validait pas l’ensemble du texte », qui fait polémique pour certains de ses termes – « lois liberticides », « islamophobie »… – et l’identité de ses initiateurs, dont le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), accusé de liens avec les Frères musulmans.
M. Jadot préfère honorer dimanche un déplacement prévu de longue date à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour soutenir la candidate écologiste aux municipales. Sans ce rendez-vous, « la logique aurait voulu que je sois » à la marche contre l’islamophobie, a précisé le député européen, qui continue à soutenir la démarche sur le fond. Le secrétaire national d’EELV, David Cormand, a aussi confié ne pas pouvoir s’y rendre, malgré son soutien à cette manifestation, en raison d’un déplacement en Finlande.
Le député La France insoumise (LFI) de la Somme François Ruffin a annoncé qu’il n’irait pas manifester non plus, après avoir pourtant signé l’appel – une négligence initiale due à des obligations familiales, selon lui. Il a expliqué vouloir se tenir à distance du sujet religieux qui n’est « pas [son] truc » et ira « jouer au football » comme tous les dimanches.

Mélenchon « persiste et signe »
Le no 2 du parti et député du Nord, Adrien Quatennens, lui, y serait « sûrement »allé si des « raisons personnelles » ne le retenaient ailleurs, a-t-il dit à BFM-TV.
Malgré son soutien à la cause, il a confié ne pas être « dupe du fait que certains, une minorité, utilisent le terme d’islamophobie en considérant que ça va annihiler demain toute capacité à critiquer la religion ». « La prochaine fois, on écrira notre propre texte, il n’y aura pas d’ambiguïtés », a ajouté le coordinateur de LFI.
En revanche, Jean-Luc Mélenchon « persiste et signe ». Dans un billet de blog, le chef de file des « insoumis » assume sa signature pour l’appel à la marche de dimanche – sans pour autant préciser s’il y participera. « Certes, “islamophobe” est un mot que nous n’aimons pas, nous préférons combattre la “haine des musulmans”. » Mais, ajoute-t-il, « je signe un texte pour ce qu’il y a dans le texte et pas en raison de ceux dont je découvre ensuite qu’ils l’ont également signé », faisant référence au CCIF. Même son de cloche du côté du député LFI Eric Coquerel, qui a signé une tribune en ce sens sur Libération.
Le Parti socialiste (PS) a quant à lui annoncé qu’il ne se rendrait pas à la marche, ne se « reconnaissant pas dans les mots d’ordre qui présentent les lois laïques en vigueur comme “liberticides” ».
Le président du Parti radical de gauche (PRG), Guillaume Lacroix, a, pour sa part, vilipendé la « jonction antirépublicaine du politique et du religieux ».
« Islamophobie », un terme « réducteur » pour Fabien Roussel
Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a affirmé qu’il ne participerait pas à la marche, qualifiant de « réducteur » le terme d’« islamophobie », malgré l’appel à y participer de certains responsables communistes, dont le porte-parole du parti, Ian Brossat, et le député de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu.
La militante féministe Caroline De Haas a, elle, demandé à ce que son nom soit retiré de la liste, en raison de la présence de « personnes qui ont tenu des propos d’une violence sidérante à l’encontre des femmes », comme elle l’a expliqué dans un post de blog. Elle précise qu’elle ira toutefois manifester dimanche. Mme De Haas fait référence à une vidéo ancienne mais qui a récemment circulé sur les réseaux sociaux d’un des signataires de l’appel, l’imam Nader Abou Anas. On l’y voit affirmer lors d’un prêche que « les femmes vertueuses sont obéissantes à leur mari » ou encore que « la femme, elle ne sort de chez elle que par la permission de son mari ». Devant la polémique, Nader Abou Anas s’est lui-même retiré de la liste des signataires.
Parmi les autres signataires se trouvent le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, le fondateur de Génération.s, Benoît Hamon, le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, ou encore la porte-parole de l’association altermondialiste Attac, Aurélie Trouvé.Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après l’attaque de Bayonne, l’inquiétude des musulmans français
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