Relancer le multilatéralisme et la capacité de rassembler les alliés de Washington face à Pékin sera la clé d’un encadrement plus efficace de la puissance chinoise (Joe Biden).

Retour des Etats-Unis sur la scène mondiale : ce que changerait une victoire de Joe Biden

Par  Gilles Paris

Publié hier à 13h22, mis à jour à 17h29

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/23/etats-unis-le-retour-de-l-amerique-version-biden_6057114_3210.html

ANALYSE

Le candidat démocrate promet, en cas de victoire le 3 novembre, de rassembler ses alliés malmenés par Donald Trump, pour tenter de renouer avec le multilatéralisme face aux dérives autoritaires de certains pays.

Depuis le départ de Joe Biden de l’Observatoire naval des Etats-Unis, à Washington, où résident les vice-présidents, près de quatre années se sont écoulées : à la fois une parenthèse et une éternité. S’il revenait aux affaires à l’issue de la présidentielle du 3 novembre, le démocrate renouerait avec des responsables comme la chancelière allemande Angela Merkel, ou le premier ministre canadien Justin Trudeau. Mais il retrouverait aussi les premiers ministres hongrois, Viktor Orban, et israélien, Benyamin Nétanyahou, le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed Ben Salman, le président russe Vladimir Poutine, le Turc Recep Tayyip Erdogan et le Chinois Xi Jinping, les acteurs des désarrois d’un monde à la fois familier et différent. Car il recevrait également en héritage le mandat de Donald Trump.

Joe Biden s’adressant aux journalistes sur l’aéroport de New Castle (Delaware), avant de s’envoler pour Nashville, lieu du dernier débat avec Donald Trump, le 22 octobre.
Joe Biden s’adressant aux journalistes sur l’aéroport de New Castle (Delaware), avant de s’envoler pour Nashville, lieu du dernier débat avec Donald Trump, le 22 octobre. Carolyn Kaster / AP

Ce dernier a alimenté une crise de confiance historique chez les alliés de Washington. Il a fragilisé ce qui reste du multilatéralisme, notamment dans la lutte contre le réchauffement climatique ou l’endiguement des ambitions nucléaires militaires de l’Iran. Il a écorné l’image que les Etats-Unis donnent d’eux-mêmes et relativisé, comme jamais avant lui, les valeurs que son pays a toujours prétendu défendre.

S’il était élu, Joe Biden parviendrait au terme d’une longue quête, engagée dès 1973 lorsqu’il est devenu, tout juste trentenaire, sénateur du Delaware. Au sein de la Chambre haute, la présidence de la prestigieuse commission des affaires étrangères lui a donné la culture diplomatique jugée indispensable pour prendre place derrière le Resolute Desk (le bureau des présidents américains). Cette expertise avait incité Barack Obama, en 2008, à en faire son colistier après une deuxième campagne présidentielle infructueuse de Joe Biden.

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L’homme qui tranche

Une fois dans le bureau Ovale, Joe Biden deviendrait cette fois-ci l’homme qui tranche en dernier ressort. Pas un vice-président bataillant contre un entourage pour arrêter les axes de la politique étrangère des Etats-Unis. Pas un commis voyageur chargé de parcourir le monde, inlassablement, pour défendre les choix d’un autre.

A première vue, Joe Biden présente tous les stigmates du démocrate internationaliste. Il a voté en 2002 en faveur de l’intervention américaine en Irak, après avoir milité au cours de la décennie précédente pour des frappes américaines contre la Serbie lors de la guerre du Kosovo (1998-1999). La réalité de son interventionnisme est pourtant plus complexe. Le sénateur du Delaware s’était opposé à la première intervention américaine dans le Golfe, en 1991, après l’invasion du Koweït par les troupes irakiennes. Il a aussi très vite regretté son vote de 2002 et plaidé pour une partition ethnique et confessionnelle de l’Irak sous le couvert du fédéralisme, pour permettre un départ rapide des troupes américaines.

Devenu le vice-président de Barack Obama, il a milité contre l’envoi de renforts en Afghanistan, convaincu que ces derniers ne permettraient pas à Washington de se retirer de cette guerre sur une victoire, si symbolique soit-elle. Il a jugé ensuite précipité le raid lancé au Pakistan, en mai 2011, pour éliminer Oussama Ben Laden dans son repaire, considérant que le renseignement n’était pas totalement convaincant. Joe Biden n’a pas non plus appuyé l’intervention en Libye, la même année, qui a permis le renversement de Mouammar Kadhafi, s’interrogeant sur les risques d’une implosion à l’irakienne.

Une image d’interventionniste

Le glissement à gauche du Parti démocrate, y compris en politique étrangère, a pourtant renforcé son image d’interventionniste, malgré ses nuances. Lors des débats des primaires démocrates, l’ancien vice-président s’est retrouvé dans le camp d’une restauration, qui considère que les désordres du monde s’expliquent en partie par le renoncement de Washington au rôle de métronome longtemps permis par sa puissance militaire, le poids de son économie et la force de sa capacité d’influence, le soft power.

Conscient d’une « fatigue » américaine à l’égard des interventions extérieures, il partage le jugement de Barack Obama, qui avait assuré, en 2014, que « ce n’est pas parce qu’on a le meilleur marteau qu’on doit voir chaque problème comme un clou ». Par opposition au sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders, il ne pense pas pour autant que le « marteau » américain soit un instrument qui conduise fatalement Washington à des impasses mortifères.

Dans un long texte publié par la revue Foreign Affairs, en mars, Joe Biden a exposé sa vision du monde et de la place des Etats-Unis dans celui-ci. « Le monde ne s’organise pas tout seul, affirmait-il. Pendant soixante-dix ans, les Etats-Unis, sous des présidents démocrates et républicains, ont joué un rôle de premier plan dans la rédaction des règles, la réalisation d’accords et l’animation des institutions qui guident les relations entre les nations et font progresser la sécurité et la prospérité collectives, jusqu’à Trump. » « Si nous continuons d’abdiquer cette responsabilité, soit quelqu’un d’autre prendra notre place, mais pas d’une manière qui fera progresser nos intérêts et nos valeurs, soit personne ne le fera, et le chaos s’ensuivra », assurait-il, avant de conclure qu’« aucune de ces solutions n’est bonne pour l’Amérique ». Voilà pour le cap.

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« Nous devons prouver au monde que les Etats-Unis sont prêts à diriger de nouveau » (Joe Biden)

La méthode reste à écrire, même si Joe Biden reconnaît que « nous devons prouver au monde que les Etats-Unis sont prêts à diriger de nouveau, non seulement avec l’exemple de notre puissance, mais aussi avec la puissance de notre exemple ». La formule est ancienne et l’ancien vice-président l’affectionne. Il l’illustre dans le même article avec la promesse de rouvrir les portes du pays aux réfugiés, dont le nombre a été divisé par dix en trois ans, et par la volonté de ramener les Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat. S’il est élu, la rupture concernera la forme et le fond. Joe Biden n’exposera certainement pas sa politique étrangère tard dans la nuit ou à l’aube sur son compte Twitter, pas plus qu’il n’y vantera la taille du bouton nucléaire américain. Le multilatéralisme cessera d’être une injure, le réchauffement climatique redeviendra une menace commune, et la protection militaire américaine ne sera plus le prétexte d’un racket d’Etat auprès des alliés de Washington, sommés par Donald Trump de contribuer toujours plus aux dépenses entraînées par ces déploiements.

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En mai 2017, Donald Trump avait effectué sa première visite à l’étranger en Arabie saoudite, un partenaire plus qu’un allié historique des Etats-Unis. Quatre ans plus tard, le démocrate se tournerait vers un tout autre pays, probablement l’Allemagne, pour restaurer une amitié fragilisée dans un continent tenu en suspicion par Donald Trump.

« Les alliances sont au cœur de sa vision, comme la volonté de rupture »avec l’administration précédente, explique Benjamin Haddad, de l’Atlantic Council, un cercle de réflexion de Washington. Habitué de la Conférence annuelle de Munich sur la sécurité, l’ancien vice-président avait pris date en 2019. Après avoir instruit le procès de l’administration républicaine, il avait réduit l’unilatéralisme trumpien à une parenthèse vouée à se refermer. « L’Amérique que j’envisage ne souhaite pas tourner le dos au monde ou à ses alliés – nos alliés les plus proches. En effet, le peuple américain comprend que ce n’est qu’en travaillant avec nos amis que nous pouvons maîtriser les forces d’un monde en rapide évolution, atténuer leurs inconvénients et les tourner à notre avantage collectif », avait-il déclaré. « Ça devrait passer », ajoutait-il à propos du mandat en cours. « Nous serons de retour, n’ayez aucun doute là-dessus », avait-il affirmé.

Le dernier débat avant l’élection du 3 novembre entre Donald Trump et Joe Biden, sur les écrans TV d’un bar de Hollywood (Californie), le 22 octobre.
Le dernier débat avant l’élection du 3 novembre entre Donald Trump et Joe Biden, sur les écrans TV d’un bar de Hollywood (Californie), le 22 octobre. MARIO TAMA / AFP

« Un sommet mondial pour la démocratie »

Ce retour des Etats-Unis, Joe Biden l’avait déjà claironné au même endroit, dix ans plus tôt, lorsqu’il s’agissait de corriger une image abîmée par l’intervention en Irak et la crise financière de 2008 née aux Etats-Unis. En 2021, cette promesse de retour américain s’accomplirait sur un terrain devenu mouvant d’où ont émergé de sérieux compétiteurs. Le démocrate en prend acte dans l’article du Foreign Affairs. Il renoue à l’occasion avec des accents de guerre froide en promettant d’organiser aux Etats-Unis, dès sa première année au pouvoir, « un sommet mondial pour la démocratie » qui, promet-il, doit rassembler autour de Washington les nations qui résistent aux dérives illibérales ou autoritaires.

L’optimisme qui irrigue cette vision a laissé le géopolitologue Walter Russell Mead dubitatif. Selon lui, cette perspective est nostalgique parce qu’elle « reflète une foi dans les piliers classiques de la politique démocrate de l’époque de la guerre froide », a-t-il écrit dans le Wall Street Journal, en juillet. C’est-à-dire, à l’intérieur des frontières américaines, « une économie de marché réglementée », « un gouvernement qui répond aux préoccupations des principaux électorats démocrates » et une « classe moyenne qui fait l’admiration du modèle américain envié dans le monde entier ». A l’étranger, poursuit-il, « les principes du multilatéralisme libéral [au sens anglo-saxon], complétés, lorsque cela est absolument nécessaire, par l’armée américaine et la volonté de l’utiliser », qui « conduisent une masse critique de puissances mondiales à s’aligner sur les objectifs fondamentaux des Etats-Unis ». Une vision rêvée qui pourrait être propice aux désillusions.

Aaron David Miller, un diplomate qui a longtemps travaillé sur le dossier israélo-palestinien avec des administrations républicaines et démocrates, se montre également sceptique, compte tenu de la dégradation de l’image des Etats-Unis au cours des quatre dernières années. « L’Amérique veut diriger, mais qui voudra la suivre ? », s’interroge celui qui est aujourd’hui chercheur émérite au Carnegie Endowment for International Peace, un cercle de réflexion de Washington.

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Urgences nationales

Les obstacles à ce retour de Washington au cœur des affaires du monde sont nombreux, et d’abord américains. Comme en 2009, une nouvelle administration démocrate serait happée en priorité par des urgences nationales. « Les crises sont là, elles sont nombreuses et historiques : épidémie, économie, polarisation politique, confiance dans les institutions, énumère Aaron David Miller, et elles vont absorber toute l’énergie » d’une administration Biden. Après quatre ans de prodigalité, le Parti républicain a redécouvert la discipline budgétaire et les vertus du conservatisme fiscal. Dans ce contexte, une présidence Biden devra mener des luttes homériques au Congrès si elle veut disposer des moyens nécessaires pour articuler son projet de restauration d’une classe moyenne prise en tenaille par le creusement des inégalités avec celui, très ambitieux, de rétablissement d’un ordre mondial.

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Après les messages trumpiens centrés sur la dénonciation d’une ambition, changer le monde pour lequel des milliers de milliards de dollars ont été consumés en pure perte, le sénateur du Delaware Chris Coons, un proche de Joe Biden, a averti dans la revue Foreign Affairs que, « pour restaurer un consensus bipartisan en faveur du leadership mondial américain, ils doivent persuader les Américains ordinaires que l’engagement et les alliances internationales en valent le prix ».

La question se posera également de l’état dans lequel se trouve, après le « marteau », l’autre outil de la puissance américaine, ouvertement méprisé par Donald Trump : la diplomatie. L’« affaire ukrainienne », liée au marchandage proposé par le président des Etats-Unis à son homologue ukrainien (une aide militaire en échange de l’ouverture d’enquêtes par Kiev contre son futur adversaire à la présidentielle), a souligné le délabrement moral du département d’Etat. Les deux secrétaires d’Etat successifs du président Trump, Rex Tillerson et Mike Pompeo, ont provoqué, pour des raisons souvent différentes, une véritable « fuite des cerveaux », dont les conséquences se feront durablement sentir.

Benyamin Nétanyahou comme Mohammed Ben Salman n’auront plus les coudées franches

Mais les obstacles sont aussi et surtout extérieurs et renvoient aux glissements du monde survenus depuis le départ de Joe Biden de l’Observatoire naval des Etats-Unis. Les perdants et les gagnants en cas de victoire électorale de l’ancien vice-président sont connus. Lui ne cherchera jamais à « s’entendre » avec Vladimir Poutine. A fortiori compte tenu des nouvelles ingérences prêtées à la Russie, qu’il considère comme un « adversaire », par le renseignement américain pendant la campagne présidentielle. La Pologne et la Hongrie ne disposeront plus d’un allié contre L’Union européenne à Washington. Erdogan devra composer avec un président américain qui l’a qualifié d’autocrate. Et Benyamin Nétanyahou comme Mohammed Ben Salman n’auront plus les coudées franches.

Le 10 mars 2011, à Moscou, rencontre entre Joe Biden, alors vice-président des Etats-Unis, et Vladimir Poutine, alors premier ministre de la Russie.
Le 10 mars 2011, à Moscou, rencontre entre Joe Biden, alors vice-président des Etats-Unis, et Vladimir Poutine, alors premier ministre de la Russie. Alexander Natruskin / REUTERS

Au contraire, les Européens ne pourront que se féliciter de cette alternance. Les obsessions tarifaires de Donald Trump vis-à-vis de l’Europe devraient se dissiper pour laisser la place aux querelles anciennes et plus maîtrisées, illustrées par la rivalité aéronautique entre Boeing et Airbus. Les projets de taxe GAFA visant les géants du numérique sont certes de nature à alimenter ces tensions, mais ils s’inscrivent aussi dans l’amorce d’une offensive antitrust du Congrès visant les mêmes entreprises.

Raviver l’OTAN

Le séisme provoqué par la présidence de Donald Trump dans la relation atlantique a cependant laissé des traces. Joe Biden serait sans doute enclin à raviver l’OTAN, qu’il considère comme « le meilleur exemple d’alliance de l’histoire ». Les Européens auraient à trancher entre un réalignement avec Washington, au nom de valeurs démocratiques communes, et une plus grande autonomie stratégique doublée d’un choix de puissance, y compris celui de se placer à équidistance de Washington et de Pékin. « Il peut y avoir une forme de naïveté américaine qui consiste à penser que les Européens vont immédiatement choisir leur camp, qui serait celui de Washington », estime Benjamin Haddad, de l’Atlantic Council.

Le Proche-Orient restera toujours aussi complexe pour Washington, notamment en raison des « cliquets » légués par l’administration Trump. L’énergie déployée au cours de l’automne pour définitivement détruire ce qui reste de l’accord de 2015 sur le nucléaire compliquera le projet de retour à un dialogue avec Téhéran qui ne soit pas limité, du côté de Washington, à une liste d’exigences inacceptables en l’état. Le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, irréversible et décidé sans contrepartie, rendra plus difficile encore la réanimation de la solution des deux Etats à laquelle s’accroche Joe Biden. Le réalignement israélo-[arabe]golfien orchestré par Washington [illustré le 23 octobre par l’annonce d’une normalisation entre l’Etat hébreu et le Soudan] et salué par le démocrate a d’ailleurs accentué le déclassement de la cause palestinienne parmi les priorités de la région.

La continuité pourrait s’imposer à propos de la Chine, que Joe Biden a fini par qualifier de « compétiteur sérieux » – mais pas d’« adversaire » –, alors qu’il renonçait encore à la considérer comme une menace de taille lors de son entrée en campagne, en 2019. L’heure n’est plus à l’espoir de convergence politique, l’ouverture économique entraînant l’adoption par Pékin des normes de l’ordre libéral. Cet espoir a été partagé par les administrations successives jusqu’à ce que Xi Jinping impose sa ligne nationaliste. L’ancien vice-président ne recourt pas à la stigmatisation systématique du Parti communiste chinois, devenue le leitmotiv du secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Mike Pompeo. Mais il a dénoncé, avec plus de constance que le président, les visées du régime chinois en mer de Chine méridionale, la pression sur Hongkong ou la persécution de la minorité ouïgoure.

Le 24 septembre 2015, Joe Biden, alors vice-président des Etats-Unis, accueillait le président chinois Xi Jinping sur la base aérienne de l’US Air Force, près de Washington.
Le 24 septembre 2015, Joe Biden, alors vice-président des Etats-Unis, accueillait le président chinois Xi Jinping sur la base aérienne de l’US Air Force, près de Washington. Carolyn Kaster / AP

« Se montrer réaliste »

« Il y a des fruits faciles à cueillir, l’accord de Paris, le rétablissement de la confiance avec les alliés, le sommet sur la démocratie. Mais d’autres seront plus difficiles à atteindre. Il faut sortir du dilemme entre retrait du monde et restauration d’un ordre qui n’existe plus, et se montrer réaliste : voir si nous avons les moyens de nos objectifs, arbitrer en faveur de ce qui est vital pour nos intérêts aux dépens de ce qui est accessoire », estime Aaron David Miller, qui invite une administration Biden, en cas de victoire le 3 novembre, à « l’humilité ».

Dans son texte publié par Foreign Affairs, Joe Biden soutient que la capacité de rassembler les alliés de Washington face à Pékin sera la clé d’un encadrement plus efficace de la puissance chinoise. « Les Etats-Unis doivent être durs avec la Chine », assure-t-il, pour éviter le pillage technologique et celui de la propriété intellectuelle, et pour faire sauter les protections qui entourent son marché. « Le moyen le plus efficace de relever ce défi, estime-t-il, est de construire un front uni d’alliés et de partenaires des Américains pour faire face aux comportements abusifs de la Chine et aux violations des droits de l’homme », tout en continuant « à coopérer avec Pékin sur des questions où nos intérêts convergent, comme le changement climatique, la non-prolifération et la sécurité sanitaire mondiale ».

« Avec l’Amérique », la formule qui peut résumer l’ambition du candidat démocrate, pourrait ainsi remplacer « l’Amérique d’abord » de Donald Trump, mais ce basculement est encore loin d’être acquis.

Gilles ParisWashington, correspondant

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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