Covid-19 Actualités: L’épidémie continue à progresser partout – Les Hôpitaux annulent des interventions – L’Ordre remet les pendules à l’heure – Les anticorps de patients infectés et monoclonaux médicamenteux (tocilizumab) anti interleukine 6 ne sont pas efficaces

« L’épidémie progresse partout et met les hôpitaux sous forte pression »

Le Figaro

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C’est ce que titre Le Figaro, qui souligne que « les indicateurs hospitaliers sont ceux qui alarment le plus les observateurs. À l’échelle nationale, les lits de réanimation sont occupés à plus de 44% par des patients Covid, quand le seuil d’alerte est fixé dès 30%. Les agences régionales de santé d’Île-de-France, des Hauts-de-France et d’Auvergne-Rhône-Alpes ont déjà demandé que certaines opérations chirurgicales soient déprogrammées ».
Pauline Fréour indique que « c’est dans cette dernière région que le système hospitalier est le plus mis à l’épreuve en ce moment. Les patients Covid y constituent 61% des effectifs en réanimation, essentiellement à Saint-Étienne, Lyon et Grenoble. De premiers transferts ont été réalisés de Saint-Étienne (où l’on recense 807 nouveaux cas par semaine pour 100.000 habitants) vers Clermont-Ferrand et de Lyon vers Chambéry ».
Le Pr Guillaume Thiéry, responsable du service médecine interne et réanimation du CHU de Saint-Etienne, indique ainsi que « la situation est très difficile. Le pic du printemps va être largement dépassé ».
Pauline Fréour ajoute que « 3 autres régions affichent des taux d’occupation de réanimation supérieurs à 50% : l’Île-de-France (57%), Paca (53%) et les Hauts-de-France (51%). Il y a deux jours, le directeur de l’ARS francilienne, Aurélien Rousseau, s’est inquiété d’un «très fort risque que (la région) soit autour de 90% de ses capacités de réanimation occupées fin octobre» ».
La journaliste continue : « Si la France peut monter jusqu’à 7700 lits de réanimation, a rappelé le ministre de la Santé, Olivier Véran, 3000 de ces lits sont nécessaires à l’accueil de patients hospitalisés pour d’autres motifs. Autre source d’inquiétude : la circulation du virus en hausse chez les plus de 65 ans, dont on sait la vulnérabilité accrue face au virus ».
Elle cite le Pr Étienne Gayat, de l’hôpital Lariboisière à Paris (AP-HP), qui lors d’une conférence de presse, « souhaitant […] «contredire l’idée que la solution à la crise consisterait à augmenter les capacités d’accueil en réanimation» », a déclaré que « 50% des patients en réanimation pour Covid ont moins de 60 ans, et 15 à 20% moins de 40 ans ».
Le Pr Gayat a précisé que parmi ces patients, « 15 à 20% mourront, d’autres sortiront mais mourront dans l’année qui suit, et enfin beaucoup sortent avec des séquelles lourdes dont ils mettront du temps à se remettre ».

« À l’hôpital, cette deuxième vague est plus difficile à gérer »

Le Figaro

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Le Figaro publie un entretien avec Frédéric Valletoux, président de la Fédération des hôpitaux de France. Le journal demande tout d’abord : « L’exécutif élargit les mesures sanitaires. Est-ce nécessaire ? ».
Frédéric Valletoux répond que « face à l’aggravation de la situation, oui, il faut aller plus loin. Tant que les hôpitaux peuvent tenir, cette réponse graduée et proportionnée territoire par territoire est la bonne méthode. Si ces mesures partielles ne suffisent pas, on ne pourra pas exclure un reconfinement dans les zones les plus tendues. Ne pas le faire, ce serait accepter que les lignes hospitalières soient débordées et que des patients ne soient pas pris en charge. Personne ne le souhaite ».
Le journal poursuit : « Ce seuil d’alerte est-il encore loin ? ». Le responsable remarque que « nous nous en approchons chaque jour un peu plus et les 10 prochains jours seront cruciaux pour infléchir, ou pas, la courbe, notamment en Île-de-France. D’autant que cette deuxième vague est très différente de la première et plus difficile à gérer pour les hospitaliers, car on ne peut plus compter sur les mêmes renforts en personnels venant des autres régions, il y a moins de déprogrammations et l’on continue à accueillir les patients non-Covid. À cela, s’ajoutent les épidémies de l’hiver […] et la fatigue des personnels qui se traduit par une hausse de l’absentéisme ».
Frédéric Valletoux précise qu’« il y a des départs, mais ils sont marginaux par rapport au million de personnes qui travaillent à l’hôpital. Mais comme nous étions déjà en situation tendue avant la crise avec 25% à 30% de postes non-pourvus, ces départs mettent encore plus de pression sur ceux qui restent. La hausse de l’absentéisme est liée au fait que des personnels sont cas-contacts ou positifs ».
« Il y a aussi la pression, la fatigue qui remonte, car le tunnel a commencé pour les soignants en février avec la première vague, a continué cet été avec 30 à 40% d’activité en plus pour rattraper le retard, et se poursuit maintenant avec le retour des patients Covid », 
souligne-t-il.
Frédéric Valletoux déclare en outre que « les revalorisations, qui prendront leur plein effet dans les mois à venir, sont bienvenues mais ne changent rien à court terme. La crise de l’hôpital, dans un système de santé lui-même en crise, est toujours là car elle nécessite des mesures structurelles qui pour l’instant n’ont pas abouti. En attendant, pour parer à l’urgence, je lance un appel : il faut que tous les personnels soignants se fassent vacciner, afin que la grippe ne vienne pas aggraver l’absentéisme ».

Une deuxième vague « pire que la première » ? La mise en garde du patron de l’AP-HP 

Par M.J. le 23-10-2020 

https://www.egora.fr/actus-pro/sante-publique/61807-une-deuxieme-vague-pire-que-la-premiere-la-mise-en-garde-du-patron-de#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20201023-%5B_1%5D

Le directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, a estimé vendredi 23 octobre « possible » que la « deuxième vague » du Covid-19 en France « soit pire que la première », soulignant que la situation était « redoutable pour chacun d’entre nous ».

Invité de RTL ce vendredi, Martin Hirsch n’a pas mâché ses mots. “Il y a eu la perception depuis quelques mois que soit la 2e vague n’existait pas, soit que c’était une vaguelette. La situation est l’inverse: il est possible que la deuxième vague soit pire que la première », a estimé le directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) avant d’ajouter : « Pour l’instant, nous ne sommes que dans un mouvement ascendant dans de nombreuses régions », ce « qui qui rend effectivement les choses redoutables ». 

Alors que le nombre de personnes contaminées en France en 24 heures a dépassé la barre des 40.000, Martin Hirsh a donné des précisions sur le profil des patients admis en réanimation dans les hôpitaux de l’AP-HP. Selon lui, leur âge médian est de 62 ans. « On a comme malades un certain nombre de jeunes qui ont des facteurs de risque, le père contaminé par son enfant, le père de ce père qui a reçu peu de visites, s’est isolé, faisait attention mais quand même son fils d’une cinquantaine d’années est venu le voir…« , a-t-il énuméré.Fiasco de Stop Covid : l’application change sa formule

Martin Hirsch a également confirmé que des congés avaient été déprogrammés pour nombre de personnels de ses hôpitaux, à l’approche de la Toussaint. « Mais pour d’autres, on a préféré qu’ils prennent des vacances maintenant, avant ce mois de novembre redoutable », a-t-il indiqué. Évoquant une moyenne de 30.000 cas par jour, Martin Hirsch a fait valoir que « la réalité est bien supérieure, ça c’est ceux qu’on dépiste ». « Il y a beaucoup de personnes positives, contaminantes, qui sont dans la rue sans le savoir et sans que personne ne le sache, probablement trois fois plus que ces 30.000 cas (…) Le virus est redoutable (…), on peut l’empêcher de circuler mais en faisant beaucoup plus attention que ce qu’on fait aujourd’hui », a-t-il rappelé.

#Covid19 : « Il y a beaucoup de personnes positives contaminantes qui sont dans la rue sans le savoir et sans que personne ne le sache, probablement trois fois plus que le nombre quotidien annoncé de cas positifs », @MartinHirsch dans #RTLMatin avec @VenturaAlba pic.twitter.com/zv985EVOEd

— RTL France (@RTLFrance) October 23, 2020

[avec AFP et RTL]

Gestion du Covid, médecins dans les médias, Raoult… Le président de l’Ordre remet les pendules à l’heure   

Par Sandy Bonin le 23-10-2020 

https://www.egora.fr/actus-pro/interview-exclusive/61818-gestion-du-covid-medecins-dans-les-medias-raoult-le-president-de?nopaging=1

[GRAND ENTRETIEN]

S’il s’était peu exprimé jusqu’ici sur la crise du Covid, le président du Conseil national de l’Ordre des médecins livre en exclusivité pour Egora une longue analyse de la situation. Il passe en revue l’action du Gouvernement, pointe son manque d’anticipation, mais aussi le dérapage de certains médecins attirés par la lumière médiatique. Du Pr Raoult au Pr Perrone, il rappelle qu’il n’y a pas de « vedettariat » dans la médecine et assure que tous les comportements anti-déontologiques seront sanctionnés. 

Egora.fr : Comment jugez-vous la réponse du Gouvernement face à l’épidémie de Covid ?

Dr Patrick Bouet : Nous avons un double sentiment. Il nous semble que nous n’avons probablement pas tiré assez vite les conclusions de la première vague. Il n’y a pas eu d’évaluation partagée par l’ensemble des acteurs, mais la poursuite d’une gestion au niveau de la Direction générale de la santé (DGS). Cela nous met en situation d’être en recherche permanente de nouvelles options.

Le deuxième sentiment est que malgré tout, dans l’ensemble de ces dispositifs, nous voyons que nous allons progressivement vers des mesures de plus en plus restrictives. Le profil épidémique correspond à ce que nous attendions au niveau ordinal, avec les informations qui nous remontaient, c’est-à-dire celui d’une épidémie qui se généralise sur l’ensemble du territoire.

Il y a eu un manque de préparation de la deuxième vague dans la période où nous étions dans une relative accalmie, notamment par ce manque de concertation avec les acteurs. Nous avions demandé qu’il y ait des comités de suivi territoriaux et je l’avais rappelé lors de ma rencontre la semaine dernière avec le ministre de la Santé.

Il y a désormais une concertation qui va s’organiser. Nous voyons que la DGS a donné des instructions aux ARS pour que justement, sur le plan territorial, l’ensemble des acteurs soient concertés. C’est une avancée par rapport à ce que nous pouvions attendre.

Cette épidémie court et se développe très vite. D’autres éléments vont devoir être mis en place de façon urgente.Face aux députés, Edouard Philippe assume sa gestion du Covid, y compris le cafouillage sur le port du masque

Lesquels ?

Il nous semble aujourd’hui que la vision de ce qui se passe n’est pas totale. Quand on nous dit qu’il faut protéger l’hôpital dans le cadre de la deuxième vague, nous répondons qu’il faut protéger la population. Bien sûr que l’hôpital est un sujet de préoccupation, mais ce qui compte aujourd’hui, c’est la filière de prise en charge. La capacité de bien prioriser les patients, qui devront aller à l’hôpital ou qui devront aller en réanimation, et ceux qui pourront être traités en ambulatoire ou en établissement de soins privés, est essentielle aujourd’hui. Il faut que les ARS, avec les comités d’évaluation qu’elles mettent en place dans les territoires, travaillent à organiser cette filière. Nous allons avoir un grand nombre de malades qui, fort heureusement, ne seront pas tous à hospitaliser en réanimation, et pour qui il va falloir s’organiser. Tout cela doit être formalisé de façon urgente. »Ces lits de réanimation sont créés au détriment d’autres services et des prises en charge hors Covid »

Lors de la première vague, des soignants ont été contraints de sélectionner les patients admissibles en réanimation. Quelle est la position de l’Ordre sur ce sujet ?

Cela doit être une décision médicale. Toute décision qui consiste à mettre en route des soins doit répondre à un impératif : ces soins apportent-ils une amélioration dans l’état de santé actuel du patient ? Il ne faut pas répondre à autre chose. C’est un traumatisme pour tout professionnel de santé de s’interroger à un moment sur la pertinence des soins. Mais c’est la seule question qui compte.

Nous n’obéirons pas à des consignes administratives. Il faut que ce soit une décision entre professionnels de santé qui évaluent le bien fondé et la pertinence des soins à mettre en œuvre. Cela ne peut pas être un critère d’âge, de sexe, ni aucun autre. Le seul critère est : y a-t-il un bénéfice risque positif à mettre en route un certain nombre de soins. Si ce n’est pas le cas, il faut en parallèle organiser la prise en charge des patients qui doivent recevoir les soins d’accompagnement nécessaires, dans les meilleures conditions possibles.

Nous nous battrons contre des orientations ou des mesures d’ordre administratives ou politiques, mais je ne pense pas que cela soit dans l’esprit du Gouvernement aujourd’hui.

Quelle est votre position sur le report de soins liés à l’épidémie de Covid qui aboutissent à des pertes de chance pour les patients ?

C’est une de nos grosses inquiétudes aujourd’hui. Nous voyons que nous sommes, à nouveau, en train de courir après le développement de cette épidémie. Les mesures qui se mettent en place sont le développement de plans blancs, généralisés sur l’ensemble des territoires… Nous constatons que nous allons nous retrouver dans la même situation que lors de la première vague, à savoir créer des lits de réanimation ex nihilo. Pour autant, aucun plan précis n’a été mis en place pendant la période d’accalmie.

Ces lits de réanimation sont créés au détriment d’autres services et des prises en charge hors Covid. Nous savons aujourd’hui que la première partie de cette épidémie a malheureusement…

amené des patients à être exclus, temporairement et plus ou moins longtemps, d’une prise en charge pour d’autres pathologies. Cela ne peut pas se reproduire.

Il faut prévoir des moyens pour traiter les aggravations pathologiques lourdes du Covid mais aussi garder une capacité à agir pour les autres types de pathologie. Sans cela, nous aurons une double filière de complications, celles du Covid et celle des autres pathologies qui auraient été laissées sur le côté du chemin. Il faut tirer les enseignements de la première vague pour mettre en place le dispositif de prise en charge.« Les équipes ne veulent pas avoir à choisir quel malade ira en réanimation » : les chefs de service de l’AP-HM répondent aux critiques du Pr Raoult

Avec ces mesures vous avez l’impressions que le Gouvernement n’a rien retenu de la première vague…

Quand j’entends que nous disons depuis plusieurs semaines que la limite de 5.000 lits n’est pas encore atteinte, que nous sommes qu’à 2.500 lits de réanimation utilisés, je rappelle que tous les professionnels de santé aujourd’hui disent « attention, dans quelques semaines ce chiffre va être largement dépassé ». C’est maintenant qu’il faut mettre en œuvre des actions.

D’autres pays ont pris des mesures radicales. Ils ont créé ex nihilo des structures de prises en charge dans le cadre de filières de soins pour des patients qui auraient pu être hospitalisés mais qui n’auraient pas besoin de passer en réanimation immédiatement. Il faut agir aujourd’hui. Il en est encore temps. Mais pour cela il faut que tous les compartiments du soin soient à égale mesure d’appui, d’aide, et d’investissement, pour que l’ensemble de la population soit protégé. »Ce n’est pas le confinement de population à risque qui nous apportera la solution »

Avez-vous l’impression que les mesures restrictives proposées par l’exécutif sont suffisantes pour protéger la population de cette deuxième vague qui s’annonce ? 

Les faits montrent que ces mesures sont appliquées quand elles sont prises, mais qu’il faut dans les jours qui suivent en prendre de nouvelles encore plus restrictives. Chaque fois que le Gouvernement met en œuvre des actions pour limiter la propagation de l’épidémie, l’Ordre des médecins ne peut que l’accompagner. Mais le problème pour nous est de voir que l’on distille par petites touches des mesures de plus en plus restrictives, sans que la population n’ait une vision d’ensemble de ce que le Covid nous fait courir.

Il faut donner à la population tous les éléments d’évolutions potentielles des mesures, pour qu’ils aient, ainsi que les professionnels de santé, une vision à moyen et long terme de la façon dont le pays va se mobiliser.

Vous êtes donc en accord avec les propos du Conseil scientifique qui estime qu’il faudrait mieux expliquer aux Français toutes ces mesures de restriction…

Nous n’arrêtons pas de le dire depuis le début. Nous ne sommes pas simplement dans des mesures administratives, nous sommes aujourd’hui dans un impact direct sur la vie de chaque personne vivant sur le territoire français.  Elles sont suspendues chaque semaine à l’oracle qui va leur annoncer qu’elles sont les mesures nouvelles qui vont être prises, et cela sans qu’on ait tracé une ligne d’évolution potentielle. L’épidémie va s’aggraver, la population va être encore plus largement touchée et toutes les contaminations des semaines passées vont aboutir à des prises en charge médicale plus ou moins lourdes. Il faut donc que l’on dessine à la population les lignes évolutives des prises en charge et que l’on cesse les effets d’annonce pour être dans un plan qui soit partagé par l’ensemble des acteurs.

Que pensez-vous de la proposition de confiner les personnes âgées et à risque ?

Le problème n’est pas de savoir si c’est une bonne idée ou pas, mais dans quel plan général cela se positionne. On a vu dans la première phase épidémique à quel point le confinement systématique a pu avoir un effet délétère sur l’état de santé des personnes âgées. Notre problème n’est pas de confiner les personnes à risque mais de pouvoir mettre en sécurité toute la population française dans des conditions où la contamination soit minimisée au maximum.

Nous ne sommes pas les défenseurs d’un confinement généralisé. Mais nous disons avec force qu’il faut que l’ensemble de la population respecte les mesures barrières et que raisonnablement chacun et chacune d’entre nous se pose la question en allant vers quelqu’un d’autre : est-ce que c’est un déplacement indispensable ? N’y-a-t-il pas un autre moyen d’être en contact ? Ce n’est pas le confinement de population à risque qui nous apportera la solution, tant que le virus circulera. »Ce qui était prévisible se fait maintenant dans l’urgence »

Comment jugez-vous la stratégie de dépistage et de traçage mise en place ?

Nous avons été très observateurs et très critiques. Nous avions demandé dès le mois de juin la priorisation des tests. Nous voyons le temps qu’il a fallu pour que cela se mette en place. Nous demandons à ce que les protocolisations des tests antigéniques soient bien claires et appliquées par l’ensemble des acteurs. Nous en sommes encore dans le débat à ce niveau-là. Nous avions demandé à ce que la politique de vaccination soit très clairement explicitée et surtout que la France dispose bien des moyens nécessaires pour vacciner le plus grand nombre.  Nous avons le sentiment là aussi que c’est confronté à l’événement que les décisions sont prises alors que nous en appelions à une anticipation. Je reviens sur ce regret de la période estivale dans laquelle ce qui était prévisible se fait maintenant dans l’urgence. Nous aurions pu, tous autour de la table, mieux préparer une situation de prise en charge de cette deuxième période de l’épidémie.

Le Gouvernement est donc responsable selon vous ?

Je ne dis pas que c’est le Gouvernement au sens d’une responsabilité qu’on décréterait parce qu’on est président de l’Ordre des médecins. Je dis que le Gouvernement, politiquement, n’a pas à mon sens, pris l’autorité sur l’administration de la crise. Ce qui nous semble aujourd’hui être le point le plus important, c’est que cette crise ne se gère pas que techniquement. Elle doit aussi se gérer avec une autorité politique, de façon à ce que l’ensemble des administrations de la santé et des autres ministères exécutent les injonctions. Il ne doit pas falloir des semaines et des semaines pour obtenir des éléments.

C’est quand même un non-sens que nous ayons eu dans la deuxième vague de l’épidémie le même problème que dans la première. Je pense notamment aux restrictions de circulation pour les professionnels de santé à qui l’on a demandé de sortir des attestations comme n’importe qu’elle personne. Le Gouvernement s’est trompé la première fois et il a reproduit la même erreur la seconde fois. Nous avions pourtant résolu le problème avec la simple production de la carte professionnelle. Il a fallu que tous les acteurs se mobilisent la semaine dernière pour que l’on ait un message urgent de la DGS. Il faut que l’autorité politique soit totale sur l’administration de l’ensemble des ministères. »Quand on est médecin, on ne s’écoute pas parler et on ne fait pas des médias un tremplin personnel »

Aujourd’hui les médecins sont omniprésents dans les médias. Certains disent blanc tandis que d’autres disent noir, ce qui entraîne une grande confusion dans l’esprit des Français. L’Ordre ne devrait-il pas encadrer leur parole ?

Nous constatons et nous déplorons qu’aujourd’hui, par un effet de médiatisation à outrance, des médecins de notoriété ou d’expertise connue ou inconnue, se soient retrouvés propulsés devant les médias. Ils ont transformé leur sentiment personnel en parole d’expertise. Nous leur disons attention. Lorsque vous affirmez des convictions personnelles qui ne sont pas appuyées par des résultats scientifiques, vous ajoutez de la confusion et vous portez une responsabilité. Nous leur disons que quelle que soit leur notoriété individuelle, s’ils sont en infraction avec la déontologie, ils auront un rendez-vous avec le champ disciplinaire de l’Ordre des médecins. C’est une lourde responsabilité qu’ils prennent lorsqu’ils affirment des choses qui ne sont pas validées scientifiquement.

Nous les invitons également à regarder le code de déontologie et ses commentaires qui disent très clairement dans quelles conditions ils peuvent s’exprimer.

Le problème est que beaucoup de médias ont voulu…

raconter leur propre histoire du Covid. Pour ce faire ils ont sollicité beaucoup de professionnels plus ou moins habitués à rencontrer les médias et dont beaucoup sont tombés dans cet espèce de piège et de miroir lumineux qui consiste à s’écouter parler. Non ! Quand on est médecin, on ne s’écoute pas parler. On réfléchit à ce que l’on donne comme information et on ne fait pas des médias un tremplin personnel. On a une responsabilité déontologique, il faut la respecter et l’assumer. Dès lors qu’on s’en écarte, il ne faut pas s’étonner d’être convoqué et d’avoir à s’expliquer déontologiquement de ce qu’on a été amené à dire ou à faire.

Concrètement, ces rendez-vous ont-ils déjà eu lieu ?

Oui tout à fait. Il y a déjà des plaintes qui sont pré-établies. J’ai moi-même décidé de proposer un certain nombre de dossiers qui seront examinés par les sessions du Cnom. Les conseils départementaux et le conseil national sont très vigilants sur ces contenus de parole. Notre problème n’est pas de censurer l’expression mais de dire à nos confrères, attention à la responsabilité que vous portez. Lorsque volontairement vous prenez des libertés avec la déontologie, vous aurez à vous en expliquer.

Quelles sont les sanctions encourues ?

C’est le problème de la chambre disciplinaire. Je ne vais pas préempter des sanctions. L’Ordre défère des praticiens et les chambres disciplinaires présidées par des magistrats qui ne sont pas médecins, délibèrent et prennent des décisions qui sont des condamnations allant du blâme à la radiation.

Que faire avec les médecins qui sortent du cadre réglementaire quant à leurs prescriptions, notamment pour traiter le Covid ? 

C’est une réponse de même nature. La réglementation est très claire. La façon dont un médecin peut s’extraire et faire des prescriptions autonomes à partir de médicaments qui ont d’autres utilisations est très clairement établie. Le médecin doit assumer en totalité la responsabilité de ses prescriptions, ses conséquences, les conditions dans lesquelles il les a mises en œuvre, les conditions dans lesquelles il a obtenu l’accord après information du patient et le fait qu’elles ne sont pas ouvertes à un remboursement par l’Assurance maladie. Cela fait beaucoup de principes à respecter pour mettre en œuvre une prescription qui s’éloigne de l’autorisation de mise sur le marché. Nous avons rappelé aux médecins ces règles. Dès lors que certains d’entre eux ont pu être en contravention avec la déontologie, ils ont été convoqués par les conseils départementaux. Il y aura des médecins qui devront rendre compte, sur le plan disciplinaire, de la façon dont ils ont utilisé cette liberté de prescription qui est encadrée.

Prescriptions hors AMM : la mise au point de l’Ordre 

Quelle est votre position à l’égard du Pr Raoult ? L’Ordre a été saisi à son sujet…

L’Ordre des médecins fait pour le Pr Raoult comme pour tous les médecins inscrits au tableau. La notoriété ne change rien à l’analyse déontologique des choses. Le Pr Raoult est actuellement dans un espace dans lequel l’institution ordinale l’a convoqué et va être amenée à prendre un certain nombre de décisions.

Quand ces décisions seront-elles prises ? 

Ces décisions relèvent de la voie juridique. Je ne veux pas, que par des propos maladroits, cette voie juridique puisse être contestée. Dès lors que le Pr Raoult, comme les autres médecins, aura les informations du conseil départemental et/ou national, nous pourrons le confirmer. »Il n’y a pas de messie dans cette affaire »

Comment analysez-vous cette position du Pr Raoult qui est devenu un dieu vivant pour certains Français ?

Je ne l’analyse pas puisque nous sommes dans une situation de procédure. Je dis de façon générale qu’il n’y a pas de messie dans cette affaire. Si nous avions une réponse univoque, nous serions tous derrière. Il ne faut pas aujourd’hui promettre à la population une réponse qui n’est pas stabilisée et satisfaisante. Nous nous battons tous au quotidien pour sauver des vies. C’est cela qui est important et pas de paraître ou d’apparaître. Je ne fais pas de procès personnel, je le dis de façon générale pour tous nos collègues qui s’expriment dans les médias. Ce qui est important n’est pas de vouloir détenir la solution mais de s’intégrer dans la grande famille de la profession pour mettre en œuvre les meilleurs dispositifs de prise en charge la population. Il n’y a pas de vedettariat.

Pourtant de plus en plus de prestigieux médecins dérapent. Je pense aussi au Pr Perrone. A chaque dérapage le mécanisme de convocation ordinale s’enclenche ?

A partir du moment où des propos sont d’une grande gravité, qu’ils ont des conséquences très lourdes et qu’ils sont manifestement en contravention avec la déontologie, la responsabilité de l’Ordre est de mettre en œuvre les procédures qui vont permettre à la juridiction disciplinaire de se prononcer. Chaque médecin doit savoir qu’il assume des responsabilités lorsqu’il s’exprime et que cette expression, si elle est libre au sens du citoyen français, elle est contrainte au sens du médecin par le respect de la déontologie.

Vous allez avoir du travail…

L’Ordre est là pour cela. L’Ordre est là pour assurer aux professionnels toute la liberté nécessaire pour qu’ils puissent agir. Il est également là pour garantir la sécurité à la population, de manière à ce que tous ensemble, nous luttions le mieux possible contre ce drame sociétal que nous sommes en train de vivre et que nous allons vivre encore des mois et des mois. Nous avons la responsabilité, non pas dans l’effervescence médiatique mais dans un travail de fond, de continuer de guider la profession médicale dans le sens de la bonne application de la déontologie. »Je suis admiratif de la façon dont les médecins s’engagent »

Y a-t-il un dernier message que vous aimeriez faire passer en tant que président de l’Ordre des médecins ?

Oui je voudrais faire passer un message de remerciement. Je pense que mes collègues homologues des autres ordres de professions de santé ont le même sentiment. Je suis admiratif pour ma part de la façon dont les médecins s’engagent et luttent au quotidien. Quand je dis le mot médecin, je le dis au sens le plus large, du médecin retraité à l’étudiant en médecine. Je ne parle pas simplement du diplômé en exercice. Je sais que pour eux, l’épreuve qui attend notre société dans les mois qui viennent, va leur demander beaucoup, va être très difficile et très douloureuse. Derrière chaque médecin il y a un homme ou une femme qui a à assumer ses propres contradictions entre son métier, sa vie de famille et l’impact du métier sur sa vie personnelle. Malgré tout, je constate, comme dans toutes les grandes crises, que les médecins sont là. C’est ce qui fait ma fierté.


[POINT COVID] : Le mois de novembre sera éprouvant » et « le nombre de morts va continuer à augmenter » en France, selon Castex  

Par La rédaction avec AFP le 01-09-2020 

https://www.egora.fr/actus-pro/sante-publique/59977-epidemie-de-coronavirus-les-nouvelles-du-jour#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20201023-%5B_1%5D

Apparu au mois de décembre 2019 en Chine, le nouveau coronavirus Sars-CoV-2 a fait plus de 800.000 morts dans le monde. Suivez sur Egora les dernières actualités sur l’épidémie.Vendredi 23 octobre

Plus de 40.000 nouveaux cas en France en 24H00, un record
La situation sanitaire continue de se dégrader en France avec 41.622 nouveaux cas de Covid-19 enregistrés en 24 heures, soit 15.000 de plus que la veille, un nouveau record, selon les chiffres publiés jeudi par Santé publique France. La France a enregistré 165 nouveaux décès liés au Covid-19, dans les dernières 24 heures, selon l’agence sanitaire.Ce qu’il faut retenir du discours de Jean Castex lors du point épidémiologique :

-46 millions de Français sous couvre-feu vendredi soir : Jean Castex a annoncé l’instauration d’un couvre-feu de 21H00 à 06H00 dès vendredi soir pour « 54 départements au total ainsi qu’un territoire d’outre-mer », soit pour « 46 millions de Français ». Le Premier ministre a annoncé le passage sous couvre-feu de 38 nouveaux départements et également pour l’intégralité des départements dont jusqu’ici seules les grandes villes étaient concernées, ainsi que la Polynésie. « Le couvre-feu s’appliquera de 21H00 à 6H00 sur l’ensemble du territoire des départements concernés et, normalement, pour une durée de six semaines”. Les nouveaux départements concernés sont : Ain, Alpes-Maritimes, Ardèche, Ardennes, Ariège, Aube, Aveyron,  Bas-Rhin, Calvados, Corse du Sud, Côte-d’Or, Drôme, Gard, Haute-Corse, Haute-Loire, Haute-Savoie, Haute-Vienne, Hautes-Alpes, Hautes-Pyrénées, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Jura, Loiret, Lozère, Maine-et-Loire, Marne, Meurthe-et-Moselle, Oise, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Saône-et-Loire, Savoie, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var, Vaucluse. La Polynésie Française est également concernée.

– Des « mesures beaucoup plus dures » si l’épidémie n’est pas jugulée : Jean Castex a averti que si l’épidémie de Covid-19 n’était pas jugulée par la mise sous couvre-feu de 54 départements, « nous devrons envisager des mesures beaucoup plus dures ». « Il est encore temps de l’éviter mais il ne nous reste plus beaucoup de temps », a ajouté le Premier ministre sans autre précision, alors que plusieurs pays ont décidé des reconfinements face à la recrudescence du virus.

-Le mois de novembre sera éprouvant » et « le nombre de morts va continuer à augmenter » en France en raison de la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, a affirmé le Premier ministre, l’air grave. « Clairement, les semaines qui viennent seront dures, nos services hospitaliers vont être mis à rude épreuve », a souligné le Premier ministre en ajoutant que « les nouveaux cas d’aujourd’hui sont les malades hospitalisés de demain et malheureusement parfois les morts d’après-demain ».

-32.033 contrôles et 4.777 verbalisations pour non respect du couvre-feu : Les forces de l’ordre ont effectué depuis samedi dernier « 32.033 contrôles et prononcé 4.777 verbalisations pour non respect du couvre-feu ».

#COVID19 | La deuxième vague est là.
Nous observons aujourd’hui une progression rapide et très préoccupante de l’épidémie dans tous les pays européens.
Nul n’est épargné. Disons les choses clairement : la situation est grave.
Elle est grave en Europe, elle est grave en France. pic.twitter.com/s5h0BqclXj

— Jean Castex (@JeanCASTEX) October 22, 2020

150.000 Portugais reconfinés, déplacements limités à la Toussaint
Trois municipalités du nord du Portugal seront reconfinées vendredi et les déplacements à travers tout le pays seront limités à la Toussaint, a annoncé le gouvernement jeudi alors que le nombre de nouvelles infections quotidiennes a atteint un nouveau record. Les quelque 150.000 habitants que comptent au total les communes contiguës de Felgueiras, Lousada et Paços de Ferreira devront respecter à partir de vendredi un « devoir civique de confinement à domicile », a décidé l’exécutif socialiste en conseil des ministres.

Record de cas au Danemark
Le Danemark a enregistré jeudi un record de 760 nouveaux cas quotidiens de Covid-19, tandis que le gouvernement envisage de durcir les restrictions si la courbe ne s’inverse pas d’ici « deux ou trois jours ». En Suède voisine, les autorités sanitaires ont elles enregistré jeudi 1.614 nouveaux cas de Covid-19 ces dernières 24 heures, le chiffre le plus élevé depuis juin.

Au Pérou, premier jour depuis six mois avec moins de 50 morts
Pour la première fois depuis six mois, le Pérou a enregistré moins de 50 morts dus au Covid-19 jeudi, alors que le nombre des contaminations et des décès baisse lentement. Le nombre de cas confirmés s’élève à 879.876, avec 2.991 nouveaux cas au cours des dernières 24 heures, et 47 décès supplémentaires, pour un total de 33.984 morts selon les chiffres du ministère de la Santé.

Plus de 1,13 million de morts
La pandémie a fait au moins 1,13 million de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles jeudi. Plus de 41,3 millions de cas de contamination ont été diagnostiqués, dont près de 28,3 millions sont aujourd’hui considérés comme guéris. Les États-Unis sont le pays le plus endeuillé avec 222.220 morts, suivis par le Brésil (155.403 morts), l’Inde (116.616), le Mexique (87.415) et le Royaume-Uni (44.158).Jeudi 22 octobre

Covid-19 en France : les admissions en réanimation s’accélèrent
Les nouvelles admissions en réanimation dues au Covid-19 se sont encore accélérées mercredi, avec 284 entrées en 24 heures, selon les chiffres publiés par Santé publique France. Le pays déplore désormais plus de 34.000 décès dus à la maladie, 34.048 exactement, soit 166 de plus que la veille, selon l’agence de santé sanitaire. La tendance est inquiétante dans les hôpitaux, avec 2.239 personnes au total en réanimation ou soins intensifs, donc dans un état grave. L’Ile-de-France concentre à elle seule 30% de ces cas (672 patients), et Auvergne-Rhône-Alpes 16% (360 patients).  Avant de franchir la barre des 2.000 personnes en réanimation lundi, il fallait remonter à mai pour retrouver ce chiffre. Mais au pic de l’épidémie, en avril, plus de 7.000 patients étaient ainsi hospitalisés. D’après le ministre de la Santé Olivier Véran, la France dispose d’un total de 5.800 lits de réanimation. Le taux de positivité (proportion de tests positifs par rapport aux tests effectués) ne cesse de progresser, à 13,7%, contre seulement 4,5% début septembre et 7,6% début octobre. Le nombre de nouveaux cas en 24 heures s’est établi à 26.676, contre un peu plus de 20.000 la veille. Mercredi, Roubaix et Tourcoing, deux villes défavorisées de la banlieue de Lille, ont annoncé des actions de prévention renforcées face à des taux d’incidence particulièrement élevés: 1.135 cas sur sept jours pour 100.000 habitants à Roubaix, et 953 à Tourcoing.  Jean Castex va annoncer jeudi qu’un « certain nombre de départements basculeront en alerte maximale » face à la progression de l’épidémie.  Plusieurs nouvelles métropoles devraient ainsi être concernées par un couvre-feu, six jours après celui instauré entre 21h00 et 06h00 dans huit grandes villes ainsi que Paris et l’Ile-de-France.

Conférence de presse de Jean Castex jeudi « sur l’application des mesures »
Le Premier ministre Jean Castex tiendra ce jeudi à 17h00 une conférence de presse sur « l’application des mesures pour lutter contre » l’épidémie du Covid-19 qui continue de progresser de manière inquiétante sur le territoire français, a indiqué Matignon mercredi. Le chef du gouvernement sera accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran, qui tient habituellement ces points presse hebdomadaires, de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot et du secrétaire d’État Cédric O, six jours après l’instauration d’un couvre-feu nocturne dans plusieurs grandes métropoles, dont Paris.

Strasbourg renonce à son marché de Noël mais maintient des animations (maire)
La maire (EELV) de Strasbourg Jeanne Barseghian a annoncé jeudi que la ville renonçait à son marché de Noël traditionnel face à l’aggravation de la situation sanitaire, en supprimant les 300 chalets habituels mais en maintenant des animations. « J’ai pris la décision de privilégier le scénario sans chalets » tout en maintenant « Strasbourg capitale de Noël » avec le grand sapin de la place Kléber au coeur de la ville, des « animations » ou des « déambulations d’artistes », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

Taux alarmants à Roubaix et Tourcoing qui se dotent d' »ambassadeurs covid”
Confrontées à des taux alarmants de propagation du covid-19, les municipalités de Roubaix et Tourcoing, dans le Nord, vont se doter d' »ambassadeurs covid » pour renforcer la prévention, notamment à destination des quartiers prioritaires, ont-elles indiqué mercredi. L’initiative « visant à renforcer les messages de prévention » a été élaborée conjointement avec la préfecture et l’Agence régionale de santé, a indiqué la mairie de Roubaix, où le taux d’incidence (soit le nombre de nouveaux cas sur sept jours pour 100.000 habitants) s’élevait lundi à 1.135. A Tourcoing, autre ville à forte population défavorisée de la Métropole européenne de Lille, entrée en alerte maximale le 9 octobre, il atteignait 953, selon la préfecture.   

L’Espagne franchit le seuil du million de cas, une première dans l’UE
L’Espagne est devenue mercredi le premier membre de l’Union européenne — et le 6ème au monde — à franchir le cap du million de cas de nouveau coronavirus, avec 1.005.295 de cas, d’après le bilan quotidien du ministère de la Santé. Le pays a recensé 16.973 cas et 156 décès sur les dernières 24 heures, portant le total à 34.366 morts du coronavirus, alors que les restrictions se multiplient pour contenir la seconde vague de l’épidémie.

Les Tchèques imposent un confinement partiel pour combattre le virus
Le gouvernement tchèque a annoncé mercredi des restrictions aux déplacements des personnes ainsi que la fermeture de magasins et de services pour intensifier la bataille contre le Covid-19.  « Le gouvernement va (…) limiter les déplacements et les contacts avec d’autres personnes (…) à l’exception des sorties pour le travail, les courses et les visites chez le médecin », a indiqué sur Twitter le ministre de la Santé, Roman Prymula, épidémiologiste de profession.Mardi 20 octobre

Plus de 2.000 patients en réanimation, 146 morts en 24H
Le nombre de malades du Covid-19 actuellement en réanimation a dépassé lundi les 2.000 personnes, un seuil qui n’avait pas été atteint depuis mai, selon les chiffres officiels, qui font en outre état de 146 morts en 24 heures.  Au cours des dernières 24h, 269 nouveaux malades ont été admis en réanimation (contre 147 dimanche) et sur les sept derniers jours, ce sont 1.441 qui y ont fait leur entrée. Le nombre de patients atteints de la forme la plus grave de la maladie et actuellement hospitalisés dans un service de réanimation est de 2.090, soit 151 de plus que la veille. La situation est particulièrement tendue en Ile-de-France : avec 605 patients lundi, en nette hausse par rapport à vendredi (528), le taux d’occupation de lits en réanimation par des patients Covid a dépassé les 50% dans la région (54%), a indiqué l’Agence régionale de santé.

30 cas positifs dans un Ehpad du Nord-Finistère
Vingt-six résidents d’un Ehpad du Nord-Finistère et quatre membres du personnel ont été testés positifs au Covid-19 et placés à l’isolement, a annoncé lundi la direction de la Résidence Saint-Michel de Plougourvest. « Après la découverte de deux cas de patients symptomatiques positifs à la Covid-19 ce vendredi 16 octobre, un dépistage groupé de l’ensemble des résidents et membres du personnel a eu lieu samedi », explique dans un communiqué l’Ehpad. « Sur les 270 tests effectués, 30 sont revenus positifs », ajoute le communiqué, précisant que les quatre membres du personnel concernés ont bénéficié d’un arrêt de travail de 7 jours. Sur les 270 personnes testées, 140 sont des résidents et 130 des membres du personnel et des stagiaires.

Un cluster déclaré à la maison d’arrêt de Mulhouse
La maison d’arrêt de Mulhouse (Haut-Rhin) a été déclaré « cluster » de l’épidémie de Covid-19 par l’Agence Régionale de Santé du Grand-Est, a annoncé lundi Catherine Ehrlacher, la directrice de cet établissement qui accueille 356 détenus. Les cas détectés sont « sans gravité, avec de petits symptômes ne nécessitant pas d’extraction en vue d’une hospitalisation », a tenu à rassurer la directrice. « La situation n’a rien d’inquiétant, elle est juste liée au fait que nous multiplions les tests en interne ». Selon le syndicat FO Pénitentiaire, 13 cas seraient signalés, aussi bien parmi les détenus que parmi les 190 membres du personnel pénitentiaire. Un cluster désigne une situation où 3 contaminations sont confirmés ou probables dans un groupe sur une période de 7 jours.Incubation, facteurs de risque, symptômes : des experts dressent le bilan des connaissances sur le SARS-CoV-2

Couvre-feu : 3.019 verbalisations, 19.300 contrôles
Le couvre-feu entré en vigueur samedi afin de lutter contre le Covid, et qui interdit tout déplacement à Paris et dans 8 métropoles de 21h00 à 06h00, a donné lieu à  « 3.019 verbalisations », a annoncé lundi Gérald Darmanin. « Il y a eu 19.300 contrôles », a précisé le ministre de l’Intérieur sur TF1, de « citoyens mais aussi des contrôles d’établissement, et il y a eu 3.019 verbalisations ». Depuis samedi minuit, il est interdit de se déplacer entre 21H00 et 06H00 en Île-de-France et dans les métropoles de Lyon, Lille, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne, Aix-Marseille, Rouen et Grenoble, pour limiter la propagation du Coronavirus.

Premières applications de traçage interconnectées dans l’UE
Les applications de traçage des cas de coronavirus d’Allemagne, d’Irlande et d’Italie sont désormais interconnectées dans le cadre d’un système qui pourrait concerner au total 20 pays européens, a annoncé lundi la Commission européenne, au moment où l’UE est confrontée à la deuxième vague de la pandémie. Le système permettant cette interconnexion ne fonctionne toutefois pas avec les applications basées sur un protocole « centralisé » choisies par la France et la Hongrie. La « passerelle » mise au point par la Commission, opérationnelle après une phase de test en septembre, ne concerne que les applications dites « décentralisées », déjà mises en place dans 17 pays de l’UE et en projet dans trois autres. Les premières à être connectées, « Corona-Warn-App » en Allemagne, « COVID tracker » en Irlande et « Immuni » en Italie, ont été téléchargées par environ 30 millions de personnes, soit les deux tiers des téléchargements d’applications de traçage dans l’UE, selon l’exécutif européen. Un deuxième groupe d’applications doit être connecté la semaine prochaine: celles de République tchèque, Danemark, Lettonie et Espagne, tandis que d’autres le seront en novembre, selon le communiqué de la Commission.

Le Pays de Galles décrète deux semaines de confinement
Le Pays de Galles a annoncé lundi l’instauration à partir de vendredi d’un confinement de deux semaines pour tenter de freiner la deuxième vague de l’épidémie de nouveau coronavirus, introduisant ainsi les restrictions les plus dures au Royaume-Uni.

L’Iran annonce 337 morts en 24h, un record
L’Iran a enregistré lundi 337 décès supplémentaires liés au nouveau coronavirus, un record quotidien pour le pays qui entre dans le huitième mois depuis l’annonce de ses premiers cas de Covid-19. « Ces derniers jours, nous sommes confrontés à une augmentation sans précédent de mortalité due à la maladie » de Covid-19, a indiqué Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère de la Santé, lors de son point-presse quotidien.

Le Canada franchit le cap des 200.000 cas de coronavirus
Le Canada, en pleine deuxième vague de coronavirus, a franchi lundi le cap des 200.000 cas et s’approchait des 10.000 morts, selon les chiffres officiels des provinces compilés par plusieurs chaînes de télévision. Environ 80% de ces cas et plus de 90% des morts étaient recensés dans les deux plus grandes provinces du pays, l’Ontario et surtout le Québec, épicentre de la pandémie depuis qu’elle a éclaté au Canada en mars dernier. Lundi après-midi, le Canada comptait 200.039 cas et 9.772 morts, selon ces chiffres compilés par les chaînes publiques CBC/Radio-Canada et CTV.

Covid : efficacité limitée du plasma de patients guéris 

Par M. J. le 23-10-2020 

https://www.egora.fr/actus-medicales/infectiologie/61806-covid-efficacite-limitee-du-plasma-de-patients-gueris#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20201023-%5B_1%5D

Transfuser à des malades du Covid-19 du plasma prélevé sur des personnes ayant été contaminées mais désormais rétablies ne réduit pas le risque de forme sévère ou de décès, selon une étude publiée dans le BMJ.

Il s’agit des premiers résultats d’essais cliniques destinés à évaluer les bénéfices d’une transfusion de plasma, méthode déjà autorisée dans certains pays comme l’Inde ou les Etats-Unis. En tant que traitement des malades du Covid souffrant de formes modérées, « le plasma de convalescent a montré une efficacité limitée », conclut l’étude réalisée en Inde et publiée dans le British Medical Journal, qui appelle toutefois à conduire de nouvelles études se concentrant sur du plasma contenant de hauts niveaux d’anticorps neutralisants.

Lors de cet essai clinique randomisé conduit dans des dizaines d’hôpitaux publics et privés en Inde, les chercheurs ont en effet découvert que cette méthode n’avait pas permis de réduire la mortalité ou d’empêcher, pour les malades modérés, la progression vers un cas grave.Covid sévère : efficacité non prouvée du tocilizumab

L’étude, financée par le Conseil indien pour la recherche médicale, a enrôlé entre avril et juillet 464 patients adultes, d’une moyenne d’âge de 52 ans, et les a randomisés. Le groupe contrôle de 229 malades a reçu les soins habituels, tandis que 235 patients ont reçu deux transfusions de plasma de convalescent en plus des soins habituels. Après 28 jours, 44 participants (19%) du groupe plasma et 41 (18%) du groupe contrôle ont développé une forme grave de la maladie ou sont morts.

En limitant la comparaison aux patients ayant reçu du plasma avec un niveau d’anticorps détectables, les résultats n’ont pas changé. En revanche, selon l’étude, les transfusions de plasma ont permis une amélioration des difficultés respiratoires et de la fatigue, et le virus était moins souvent détectable après sept jours. 

Cet essai a été « rigoureux », a expliqué la spécialiste de santé publique Elizabeth Pathak dans un commentaire publié par le BMJ. Mais le service de santé britannique National Health Service, qui mène le même type d’essai sur le plasma, s’est montré prudent, soulignant que l’essai indien avait utilisé des dons de plasma contenant entre 6 et 10 fois moins d’anticorps que ceux collectés au Royaume-Uni. « Il y a d’autres éléments prometteurs indiquant que du plasma de convalescent avec des hauts niveaux d’anticorps pourrait améliorer le sort des patients », a-t-il indiqué.

[avec AFP] 

COVID-19 : pas de place en routine pour le tocilizumab (anticorps monoclonal se liant à une interleukine IL-6)

COVID-19 : pas de place en routine pour le tocilizumab

Par Mme Aude Rambaud – Saint-Germain-en-Laye[Déclaration de liens d’intérêts]

Plusieurs études parues simultanément dans JAMA Internal Medicine suggèrent l’utilité possible du tocilizumab contre les formes modérées à sévères de COVID-19 mais sans preuves formelles, les résultats des études randomisées étant plus ambigus que ceux des études observationnelles. A ce stade, il n’y a pas lieu d’utiliser le tocilizumab en routine dans cette indication.

Le JAMA Internal Medicine publie trois articles évaluant l’utilisation du tocilizumab en cas de pneumonie due au SARS-CoV-2. Il s’agit d’un anticorps monoclonal se liant aux récepteurs de l’IL-6.
Des travaux ont montré une mortalité plus élevée chez les patients présentant des taux élevés d’IL-6 et des études non randomisées ont suggéré un bénéfice du tocilizumab en cas de forme sévère de COVID-19. Il s’agit cette fois de deux essais randomisés et d’une grande étude observationnelle STOP-COVID.
Dans cette dernière, le risque de décès à 30 jours est réduit mais les résultats des essais randomisés sont beaucoup plus contrastés. Les auteurs rappellent que les patients traités par tocilizumab dans l’étude observationnelle sont plus jeunes et présentent moins de comorbidités. Ils présentent davantage d’hypoxémie et de marqueurs d’inflammation. Si les auteurs ont tenu compte de ces facteurs, le risque de biais ne peut être totalement écarté.
Concernant les essais randomisés, celui du groupe d’étude RCT-TCZ-COVID-19 et le groupe CORIMUNO-19 incluent des effectifs équivalents mais ne sont pas contrôlés versus placebo ni en aveugle. Dans le premier, les patients étaient sous oxygène et le tocilizumab n’a pas réduit le risque d’admission en soins intensifs et de mortalité.
Dans le second essai mené en France, les patients étaient sous oxygénothérapie à bas débit et le tocilizumab a été associé à une légère augmentation de la survie sans recours à une intensification de l’oxygénothérapie. Pour les auteurs, ces différents travaux ne justifient pas à l’heure actuelle d’adopter le tocilizumab comme traitement de routine. 

Référence :
Jonathan B. Parr
Time to Reassess Tocilizumab’s Role in COVID-19 Pneumonia
JAMA Intern Med. Published online October 20, 2020
[Retrouvez l’abstract en ligne]

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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