Covid-19 : « Un certain nombre » de nouveaux départements passeront en alerte maximale, avec de possibles couvre-feux
Face à une situation sanitaire « particulièrement préoccupante », le premier ministre, Jean Castex, annoncera, à 17 heures quels départements et villes seront concernés par ces mesures.
Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 09h28, mis à jour à 13h40
Face à une situation « particulièrement préoccupante », le premier ministre Jean Castex doit tenir une nouvelle conférence de presse jeudi 22 octobre pour annoncer le basculement de plusieurs départements en « alerte maximale »contre le Covid-19, avec de nouveaux couvre-feux à la clé.
Comme dans d’autres pays voisins, les projections sont mauvaises et les contaminations s’accélèrent. Mercredi, 284 nouvelles entrées en réanimation ont été comptabilisées en vingt-quatre heures, soit 2 239 personnes au total pour une capacité nationale de 5 800 lits, selon les chiffres de Santé publique France. Cent soixante-six morts de plus sont également à déplorer, faisant passer bilan du nombre de décès à plus de 34 000 en France depuis le début de la pandémie.Suivre les chiffres de la pandémie en Francemis à jour le 21 oct.En moyenne, au 18 octobre, 24 110 personnes sont testées positives chaque jour.Personnes positivesTests réalisésavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.120 000240 000Ces dernières 24h, 163 personnes sont mortes du Covid-19 à l’hôpital.EhpadHôpitauxavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.7001 40026 676 nouveaux cas ont été notifiés à Santé Publique France ces dernières 24 heures (soit 957 421 cas confirmés depuis mars)34 048 décès ont été comptabilisés depuis mars (dont 11 012 dans les Ehpad)+ 71 personnes en réanimation ces dernières 24hActuellement, 2 248 personnes atteintes du Covid-19 sont en réanimation.avr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.4 0008 000Pour en savoir plus sur les chiffres
Lire l’enquête : Covid-19 : la promesse intenable des 12 000 lits disponibles en réanimation
- Vers de nouveaux départements en « alerte maximale »
Cette moyenne cache des situations locales encore plus critiques. Et six jours après les couvre-feux instaurés entre 21 heures et 6 heures dans les métropoles de Paris, Lille, Lyon, Marseille, Rouen, Grenoble, Saint-Etienne, Montpellier et Toulouse, d’autres devraient suivre. « Un certain nombre de départements qui basculeront en alerte maximale », a annoncé, sans plus de précisions, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à la sortie du conseil des ministres mercredi.
Le taux d’incidence, indicateur-clé qui relève le nombre de nouveaux cas sur sept jours pour 100 000 habitants, est notamment en hausse à Clermont-Ferrand (322), Tours (237) ou Nantes (194).
Signe de l’inquiétude de l’exécutif face à une « crise profonde », c’est le premier ministre, et non Olivier Véran, qui tiendra un point presse jeudi à 17 heures. Le gouvernement, qui sait que les mesures n’auront d’effet que dans deux ou trois semaines, veut à tout prix éviter un reconfinement, comme vient de le faire l’Irlande. Il lui faut donc éviter un nouveau pic, comme au printemps, quand plus de 7 000 patients Covid-19 se trouvaient en réanimation, avec des centaines de morts par jour.
Avant d’annoncer un nouveau tour de vis jeudi, le premier ministre a reçu mercredi les chefs de partis, qui lui ont demandé si le couvre-feu allait être avancé à 19 heures dans certaines villes. « Il n’a pas répondu », a rapporté le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou. Mais le ministre de la santé Olivier Véran a fait part, lors de cette réunion, d’« une évolution importante de contamination », a ajouté le patron des Républicains, Christian Jacob.

Cet article a été mis à jour le 12 octobre, en fonction des annonces des autorités à cette date. Les contours de certaines mesures peuvent évoluer, et toutes les spécificités locales ne sont pas détaillées.Choisissez un département ou une métropole pour voir les restrictionsNiveau d’alerte :pas d’alertealertealerte renforcéealerte maximaleParis& petite couronneGuadeloupeMartiniqueGuyaneLa RéunionMayotteLyonMarseilleToulouseRennesBordeauxLilleStrasbourgLe niveau d’alerte est déterminé par le ministère de la santé d’après le taux d’incidence dans la population générale et chez les plus de 65 ans, et la part des patients Covid-19 en réanimation.Lire aussi Vos questions sur le couvre-feu et l’état d’urgence sanitaire : Faut-il une attestation pour sortir ? Est-il interdit de voir des amis ou sa famille ?
- Strasbourg renonce à son marché de Noël
La maire EELV de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a annoncé que la ville renonçait à son marché de Noël traditionnel face à l’aggravation de la situation sanitaire, en supprimant les 300 chalets habituels mais en maintenant des animations.
« J’ai pris la décision de privilégier le scénario sans chalets » tout en maintenant « Strasbourg capitale de Noël » avec le grand sapin de la place Kléber au cœur de la ville, des « animations » ou des « déambulations d’artistes », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.
Cette annonce intervient alors que le taux d’incidence frôle désormais le seuil d’alerte maximale dans l’eurométropole de Strasbourg. Celui-ci « double chaque semaine », a constaté l’agence régionale de santé du Grand-Est.

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- Un projet de loi pour prolonger l’état d’urgence sanitaire
Désireux d’élargir sa marge de manœuvre, l’exécutif a adopté en conseil des ministres un projet de loi pour prolonger l’état d’urgence sanitaire, rétabli samedi, jusqu’au 16 février 2021 inclus. Nécessitant un vote au Parlement, il sera examiné dès ce week-end à l’Assemblée avant de passer au Sénat.
L’exécutif entend aussi pouvoir appliquer des mesures de restrictions de circulation, de rassemblements ou d’ouvertures des établissements au moins jusqu’au 1er avril 2021, sur tout ou partie du territoire et en fonction de la situation épidémique, selon le même texte.
Que deviennent les élections régionales et départementales de mars 2021 dans ce contexte ? Jean Castex a confié à Jean-Louis Debré, ancien président du Conseil constitutionnel, la mission de réfléchir à un éventuel report. Si une majorité de partis se sont dits pour mercredi, la plupart ont demandé que ce ne soit pas repoussé au-delà de juin.
En attendant, Jean Castex devrait également revenir jeudi sur les mesures économiques et sociales d’accompagnement des professions durement touchées par une vie au ralenti, comme les restaurateurs ou les artistes, ainsi que des personnels soignants.
L’Assemblée nationale a approuvé mercredi soir une rallonge de 2,405 milliards d’euros pour les établissements de santé qui doit permettre l’ouverture de « 4 000 nouveaux lits » d’hôpital et des revalorisations salariales promises aux soignants.