Les services gérés par des anesthésistes moins efficace que les services de réa classique ?
Auditionné par le Sénat le 15 octobre dernier, le Pr Éric Maury (Réanimation médicale, Saint-Antoine, Paris) a affirmé que la mortalité des patients Covid19 était plus importante dans les services de réanimation « dégradé » où exercent dles anesthésistes que dans les services de réanimation médicale.
Le Pr Maury a présenté une étude tirée d’un service de réanimation mis en place pendant la Covid19 à l’hôpital Henri Mondor. « L’équipement d’un nouveau service a permis de monter 43 lits et de prendre en charge un bon nombre de patients à partir du 9 avril. Deux secteurs ont été comparés, d’une part un secteur MIR (Médecine intensive et réanimation) avec une extension du service de réanimation médicale existant et une section MAR (Médecine anesthésie et réanimation) disponible parce que la chirurgie a été déprogrammée (…) Les patients semblaient à peu près comparables en termes de gravité, autant de patients ventilés (92%), un quart des patients sont sous ecmo et quand on regarde au final les décès on observe que la mortalité est plus importante dans l’unité tenue par des gens dont le métier initial n’est pas de faire de la réanimation. » En effet, sur la diapositive présentée à la chambre haute, le taux de décès dans le secteur MIR était de 17% (8 décès) contre 32% (13 décès) dans le secteur MAR. Ce qui a inspiré au Pr Maury cette conclusion : « On ne fait correctement que ce que l’on fait régulièrement et c’est l’exercice régulier qui définit la compétence, et je crois que les MAR ont été mis en difficulté dans des situations qu’il n’avait pas l’habitude de gérer, mais on ne peut que les remercier pour ce qu’ils ont fait ; et ils ont fait de la réanimation comme il pouvait. »
Des conclusions pas du goût de syndicats d’anesthésistes qui ont décidé de saisir le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM).