Publié le 15/10/2020
Avant la seconde vague, quelle surmortalité dans le monde ?

Londres, le jeudi 15 octobre 2020
– En Europe, le tour de vis continue. Au lendemain des annonces du président de la République instaurant un couvre-feu dans les grandes métropoles, c’est au tour du Royaume-Uni et de la République Tchèque d’annoncer des décisions particulièrement restrictives en matière de libertés individuelles. Aux Etats-Unis, la peur d’une « troisième vague » s’installe déjà. Mais plusieurs mois après l’apparition de la Covid-19, le monde s’interroge sur la surmortalité associée à l’épidémie dans chacun des pays.
Au Royaume-Uni, Manchester et Lancashire bientôt en quasi-confinement ?
Si la France connait depuis plusieurs semaines une pression hospitalière particulièrement forte, la situation au Royaume-Uni suscite également une certaine inquiétude. Au 14 octobre, 137 morts ont été recensés dans le Royaume, dont une majorité pour la seule Angle-terre. Les autorités scientifiques recommandent désormais le placement de Manchester et Lancashire en « Stade 3 » entrainant notamment la fermeture des bars et restaurants, l’interdiction des fêtes privées mais aussi des rassemblements privés dans les jardins.
Une décision qui provoque la fureur du maire de Manchester qui a indiqué vouloir engager un recours en cas de placement de sa ville dans une situation de « quasi-confinement ».
« Une tempête de Covid » au Dakota du Nord
Les Etats-Unis paient actuellement le plus lourd tribut face au Covid-19. Au 15 octobre, plus de 221 850 américains ont succombé à la maladie (soit un total de 678 morts par mil-lion d’habitants). Depuis plusieurs jours, le pays fait de nouveau face à une augmentation des cas de coronavirus, au point que certains experts n’hésitent plus à parler d’une « troisième vague ».
Après avoir frappé en mars la cote-est, puis les régions du sud lors du mois d’août, le virus se répand désormais dans les états ruraux du centre du pays. Le Dakota du Nord, le Dakota du Sud et le Montana ont déclaré avoir répertorié leur plus grand nombre de cas au cours de la dernière semaine, dans des proportions dépassant les chiffres affichés par la Floride en août dernier. Si à l’heure actuelle, la hausse des cas ne se répercute pas sur la pression hospitalière, ces petits États se préparent désormais au pire.
Le New York Times cite notamment l’image parlante du gouverneur du Dakota du Nord, Douglas Burgum « nous nous trouvons désormais en plein milieu d’une tempête de Covid».
Quelle surmortalité dans le monde ?
Alors que le bilan de la Covid-19 dépasse désormais largement le chiffre d’un million de morts dans le monde, une étude publiée dans Nature Medecine, à l’initiative de membres de l’Imperial College de Londres, propose d’étudier l’impact de l’épidémie de coronavirus en terme de surmortalité.
Les chiffres de mortalité ont ainsi été étudiés dans plus de 21 pays (Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, République tchèque, Danemark, Angleterre et Pays de Galles, Fin-lande, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pologne, Portugal, Écosse, Slovaquie, Espagne, Suède et la Suisse).
Sans surprise, l’Angleterre et le Pays-de-Galles ainsi que l’Espagne apparaissent comme les nations les plus durement touchées, avec une augmentation de 37 % à 38 % de la mortalité par rapport aux niveaux attendus en l’absence de pandémie, contre une hausse de 18 % en moyenne sur l’ensemble des pays analysés.
Dans ce classement macabre, la France occupe une position intermédiaire (au 8e rang) avec une augmentation relative des décès de 13 % (soit en dessous de la moyenne de l’ensemble des pays étudiés).
Alors que le nombre officiel de morts imputables au Sars-Cov-2 en France et en Espagne (du 15 février au 31 mai 2020) est à peu près identique (28 771 et 27 127), les chercheurs soulignent que la surmortalité, toutes causes confondues, a augmenté deux fois plus en Espagne (45 800) qu’en France (23 700) sur la même période.
C.H.