Présidentielle américaine: les réseaux sociaux et les trolls d’Etat vont-ils encore fausser l’élection ? – Joe Biden prêt à reprendre les thèmes de Trump (protectionisme, politique de suprématie technologique, rapports avec la Chine …)

Présidentielle américaine : une campagne d’influence similaire à celle de 2016 est-elle encore possible ?

Par  Damien Leloup et  Martin Untersinger

Publié aujourd’hui à 15h37, mis à jour à 17h16

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/10/15/presidentielle-americaine-une-campagne-d-influence-similaire-a-celle-de-2016-est-elle-encore-possible_6056151_4408996.html

Les réseaux sociaux ont pris de nombreuses mesures ces quatre dernières années pour empêcher de nouvelles ingérences, russes notamment. Sans pouvoir garantir que leurs outils ne serviront pas de nouveau à perturber l’élection.

En 2016, lors de l’élection présidentielle qui a vu Donald Trump parvenir à la Maison Blanche, les grandes plates-formes de la Silicon Valley n’ont rien vu venir. A coups de faux profils et de publicités ciblées, les agents de l’Internet Research Agency (IRA), l’officine de propagande du Kremlin sur Internet, ont pu mettre en place une opération de manipulation de l’élection présidentielle américaine, sans être détectés ni inquiétés par quiconque.

Ces « trolls d’Etat » visaient « les utilisateurs insatisfaits de la situation sociale et économique »

Il a fallu plusieurs mois et de longues enquêtes, parlementaires et judiciaires, pour lever le voile sur cette offensive : 126 millions de personnes ont été exposées à leurs contenus sur Facebook, environ 1,4 million sur Twitter. De faux comptes ont aussi publié, dans une moindre mesure, sur Instagram ou sur YouTube. Ces « trolls d’Etat », installés dans un bâtiment anonyme de Saint-Pétersbourg, se sont intéressés « aux questions sociales et politiques controversées aux Etats-Unis » et visaient particulièrement « les utilisateurs insatisfaits de la situation sociale et économique »selon l’acte d’accusation du procureur spécial Robert Mueller inculpant treize d’entre eux.

Leur but était bien de soutenir Donald Trump et de nuire à Hillary Clinton, selon les conclusions d’un épais rapport bipartisan de la commission sénatoriale au renseignement, publié en octobre 2019. Pour ce faire, ils ont patiemment construit de faux profils afin de leur donner de la crédibilité, et les ont utilisés pour diffuser des messages, des vidéos ou des mèmes sur des sujets de société, comme le racisme, les armes à feu ou le féminisme.

Exploitant pleinement les outils marketing qui ont fait la fortune de Facebook, en particulier la publicité ciblée, les agents russes ont visé certaines catégories de la population : les démocrates proches de Bernie Sanders, les partisans du mouvement Black Lives Matter, certaines populations dans des Etats-clés pour l’élection ou les Afro-Américains. Le tout pour critiquer Hillary Clinton, décourager ses électeurs de se mobiliser et, plus largement, pour diviser la société américaine et en accentuer les clivages – un objectif historique des services de renseignement russes, sous l’URSS comme plus récemment.

Une menace toujours présente

La menace semble encore peser, quatre ans après, sur l’élection présidentielle, et n’est pas limitée à la Russie. En novembre 2019, les ministres de la justice de l’intérieur des Etats-Unis, ainsi que les chefs du renseignement et du FBI, entre autres, publient un communiqué dans lequel ils citent « la Russie, la Chine et l’Iran », ainsi que « d’autres acteurs étrangers malveillants ». Ces derniers, écrivent-ils, vont « tenter d’interférer dans le processus de vote ou d’influencer les perceptions des électeurs »« Ces adversaires, poursuivent-ils, peuvent accomplir leurs objectifs à travers des campagnes sur les réseaux sociaux, des opérations de désinformation ou des cyberattaques. » Il y a quelques semaines, le directeur du FBI, Christopher Wray, avertissait que la Russie était, selon lui, « très active » pour « interférer » dans l’élection et avait pour objectif de « dénigrer Joe Biden ».

Particulièrement mis en cause, Facebook affirme avoir tiré toutes les leçons de l’élection de 2016

Depuis 2016, les grands réseaux sociaux ne sont pas restés les bras croisés. Particulièrement mis en cause, notamment pour avoir diffusé, sans grandes vérifications, de très nombreuses publicités politiques fiancées par l’IRA, Facebook affirme avoir tiré toutes les leçons de l’élection présidentielle de 2016. L’entreprise a ajusté certaines de ses pratiques et procédures de contrôle, mais a surtout mis en place une « bibliothèque publicitaire » qui agrège toutes les publicités diffusées sur Facebook et Instagram, et donne, pour les publicités politiques, le montant dépensé, et apporte des informations sur le ciblage utilisé. Incomplet, partiel et souffrant de bugs, l’outil mis en ligne par Facebook compliquerait cependant la tâche d’acteurs qui voudraient copier le mode opératoire de l’IRA, et qui ne bénéficieraient plus du même degré de discrétion qu’en 2016.

La bibliothèque publicitaire de Facebook a au moins le mérite d’exister : l’outil équivalent mis en ligne par Google ne répertorie que les publicités politiques « officielles », le rendant inutile pour la recherche de publicités « anormales ». De la même manière, l’outil de Twitter ne présente que les publicités actives, le rendant peu utile pour détecter des campagnes déloyales. Seul Snapchat, qui donne des informations très détaillées sur le ciblage des publicités qu’il identifie comme « politiques », est plus précis que Facebook – mais ne fournit ces informations que pour une liste limitée de publicités, sélectionnées par Snapchat.

Les grands réseaux sociaux ont également pris toute une série de mesures pour interdire ou encadrer certaines publicités spécifiques : il ne sera ainsi pas possible, cette année, de créer de nouvelles publicités politiques la semaine précédant le vote (mais les campagnes déjà lancées pourront être poursuivies). De même, Facebook et Twitter ont proscrit les publicités visant à « saper la confiance dans le processus électoral », et, de manière très spécifique, annoncé qu’ils n’autoriseraient pas les publicitésrevendiquant la victoire d’un camp avant que les résultats soient confirmés par l’agence de presse Reuters, érigée par Facebook en source de référence sur le sujet.

Meilleure préparation

Au-delà des publicités, les grandes plates-formes numériques semblent bien mieux préparées (pour certaines du moins) qu’il y a quatre ans. Facebook a musclé ses équipes chargées de détecter et de bloquer ce type d’offensives. Il ne se passe désormais plus un mois sans que le réseau social ne démantèle des opérations de « comportement coordonné et inauthentique ». Derrière ce jargon aux contours flous, Facebook classe toute activité destinée à manipuler l’information sur les réseaux sociaux à l’aide de comptes créés ou pilotés pour l’occasion.

Depuis 2016, Facebook affirme avoir déjoué « une dizaine » d’opérations de l’IRA sur sa plate-forme. L’entreprise a récemment exposé un réseau de faux comptes pro-Trump pilotés depuis la Roumanie, de comptes contrôlés depuis l’Iran s’intéressant à la politique intérieure américaineou de comptes russes plutôt hostiles à Joe Biden. Twitter a, lui aussi, à plusieurs reprises, supprimé des réseaux de faux comptes.

En 2016, les grands réseaux sociaux et les services de renseignement chargés de la contre-ingérence ne se parlaient pas

En 2016, les grandes plates-formes et les autorités américaines, notamment les services de renseignement chargés de la contre-ingérence, ne se parlaient pas. Aujourd’hui, ils affirment se rencontrer régulièrement. En août, les entreprises gérant les principaux réseaux sociaux (Facebook, Google, Reddit, Microsoft, Twitter, Pinterest, Linkedin ou encore la fondation Wikimedia) ont publié un inhabituel communiqué commun expliquant que ces réunions leur permettaient de « fournir des informations sur ce que nous observons et sur ce que nous nous attendons à voir » en matière d’opérations de manipulation.

Ces derniers mois, Facebook a notamment supprimé en catastropheplusieurs groupes fermés, considérés comme pouvant perturber le processus électoral – groupes consacrés à la théorie conspirationniste QAnon, aux traitements « alternatifs » au coronavirus, ou encore animés par des milices armées. Certains de ces groupes comptaient plusieurs centaines de milliers de membres. De même, Twitter a annoncé, le 9 octobre, une série de mesures pour limiter la viralité des tweets durant la dernière ligne droite de la présidentielle, freinant certains outils-clés du réseau social, comme la capacité de republier rapidement un message.

Twitter et Facebook ont déjà pu mettre à l’épreuve leur politique face aux opérations de « hack and leak », qui consistent à diffuser des documents piratés (ou prétendant l’être), faux ou authentiques. Les services de renseignement russes avaient eu recours à cette technique en 2016 lors de l’élection présidentielle américaine, et en 2017 en France. Le New York Post, journal conservateur soutien de Donald Trump, a publié mercredi 14 octobre ce qu’il présente comme des e-mails compromettants pour le fils de Joe Biden. Des documents à l’origine trouble, dont l’authenticité n’a pas été prouvée, et que le quotidien s’est procurés par l’entremise de Rudy Giuliani, récemment dépeint par les autorités américaines comme travaillant avec un agent du renseignement russe pour décrédibiliser Joe Biden. Les deux réseaux sociaux ont réduit la visibilité de l’article du quotidien : Facebook en attendant que des journalistes en vérifient les informations, Twitter en vertu de sa politique interdisant la diffusion de documents piratés et d’informations personnelles.

Des menaces qui ont évolué

Les grandes plates-formes ne sont pas les seules à avoir évolué en quatre ans. Les groupes chargés des opérations de manipulation ont aussi changé de tactiques. Alors que l’IRA allait jusqu’à payer ses publicités en roubles, ils sont désormais plus furtifs, engageant parfois des ressortissants des pays qu’ils visent afin d’être plus discrets. Ainsi, Facebook et Twitter ont révélé récemment avoir démasqué un faux site d’information. Ce dernier, piloté par l’IRA, avait engagé de vrais journalistes et contributeurs américains, et avait pour but, selon les experts l’ayant examiné, de construire une audience de gauche pour de futures opérations de propagande.

Plusieurs autres pays, dont l’Iran, la Chine ou l’Equateur, se sont livrés à des opérations similaires

Les techniques utilisées par l’IRA, relativement peu coûteuses et simples à mettre en œuvre, ne sont pas l’apanage de la propagande russe. Plusieurs autres pays, dont l’Iran, la Chine ou l’Equateur, se sont livrés, ces quatre dernières années, à des opérations similaires, mais de bien moindre ampleur. De même que… des entreprises américaines, accusées cette année par Facebook d’avoir mené des opérations de désinformation dans plusieurs pays d’Amérique latine.

Du reste, les menaces pesant sur l’élection ont évolué depuis la présidentielle de 2016. Les grandes plates-formes disent aujourd’hui anticiper deux phénomènes nouveaux, qui menacent de se conjuguer lors de la présidentielle de novembre. Le premier, c’est l’arrivée tardive de résultats fiables, en raison notamment de l’importance du vote par correspondance, qui peut mettre plus de temps à être décompté. Il est ainsi possible que plusieurs jours, voire plusieurs semaines s’écoulent avant que des résultats définitifs soient communiqués.

Depuis quelques mois, les équipes spécialisées de Facebook expliquent régulièrement craindre « l’absence d’information », propice à la diffusion d’informations manipulées ou fausses. « Nous nous préparons autant à l’après-élection qu’à l’élection elle-même », a annoncé Nick Clegg, le lobbyiste en chef de Facebook, lors d’une récente conférence de presse.

Le second phénomène, connexe, est aussi plus complexe : faire face aux affirmations erronées, déjà nombreuses, qui pourraient exploser en cas de résultats serrés le 3 novembre, selon lesquelles le scrutin serait truqué. Plus complexe encore : comment faire lorsque l’un des deux candidats, qui se trouve aussi être l’actuel président, a fait de la décrédibilisation du scrutin un de ses axes de campagne ? C’est sur la délicate résolution de cette équation que seront jugés, lors de cette élection présidentielle, les grands réseaux sociaux.Damien LeloupMartin Untersinger

Joe Biden et les deux héritages trumpiens

L’isolationnisme et l’unilatéralisme du président ne seront pas remis en cause par le candidat démocrate. 

Par Arnaud Leparmentier  Publié aujourd’hui à 11h26

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/15/joe-biden-et-les-deux-heritages-trumpiens_6056121_3210.html

Joe Biden, le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine, dans un  centre de formation d’ingénieurs à New Alexandria, en Pennsylvanie, le 30 septembre 2020.
Joe Biden, le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine, dans un  centre de formation d’ingénieurs à New Alexandria, en Pennsylvanie, le 30 septembre 2020. MIKE SEGAR / REUTERS

A Duluth, ville minière du nord du Minnesota sur les rives du lac Supérieur, on observait le 18 septembre les militants pro-Biden et pro-Trump s’invectiver, en marge d’une réunion à huis clos du candidat démocrate à la présidentielle américaine. Des Blancs, d’origine ouvrière dans cette cité industrielle, au fond très semblables. La différence ? « Ils sont là car ils ne supportent pas qu’un Noir [Barack Obama] ait été un grand président des Etats-Unis pendant huit ans. La plupart d’entre eux sont racistes », accuse la démocrate Sandy Moe, 72 ans, retraitée syndiquée d’un laboratoire d’US Steel.

C’est sans doute excessif, mais le propos illustre bien le principal pilier du trumpisme, la guerre culturelle. Le président sortant prospère sur les conflits de société qui déchirent les Etats-Unis. Qu’il s’agisse des querelles sur l’avortement, les armes, le racisme, le mariage homosexuel, les immigrés clandestins, Donald Trump l’a emporté en 2016 en divisant.

Et le candidat républicain tente de récidiver en 2020 : en ne faisant pas la preuve de la moindre compassion après la mort fin mai de l’Afro-Américain George Floyd étouffé par un policier blanc ; en criant à la chienlit dans la foulée des manifestations parfois violentes qui ont affecté l’Amérique cet été et renvoyant ses adversaires à l’extrême gauche ; en proposant pour la Cour Suprême une juge ultraconservatrice, Amy Coney Barrett, susceptible de remettre en cause le droit à l’avortement ou la loi sur la santé « Obamacare ». Ces combats ne sont pas clos. Ils repartiront de plus belle si Trump est réélu, tandis que Joe Biden a promis de les apaiser.

« Made in China »

Mais il est un autre pilier du trumpisme, qui lui, est plus consensuel : le slogan « Make America Great Again ». Avec sa campagne de 2016, le candidat républicain tournait résolument le dos à trois décennies de mondialisation heureuse et marquait un retour de l’Amérique sur ses bases, dans un curieux mélange d’isolationnisme et d’unilatéralisme. C’est ce second pilier qui a permis à Donald Trump de recueillir en 2016 les voix de 66 millions d’électeurs américains, soit 46,1 % des suffrages.

Quatre ans plus tard, on constate que ce trumpisme a accompagné un mouvement profond que Joe Biden ne remettra pas en cause. Certes, l’ancien vice-président de Barack Obama est qualifié de « made in China » par son adversaire, pour avoir approuvé les traités de libre-échange des dernières décennies ainsi que l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC). En réalité, Joe Biden est aussi devenu plus protectionniste depuis l’élection de Donald Trump, comme en atteste son programme électoral destiné aux cols-bleus « Buy American and Make it in America » (achetez américain et fabriquez-le en Amérique). Sur ce point, Joe Biden et Donald Trump s’adressent tous deux dans des termes proches aux militants des deux camps qui s’invectivaient à Duluth.

Cette distinction entre les deux piliers du trumpisme est fondamentale pour les Européens : le trumpisme clivant, fait de grossièretés et de menaces pour la démocratie américaine, les choque mais il touche à la politique intérieure et ne les affecte qu’indirectement. Le trumpisme consensuel est international, il les concerne directement et a toutes les chances de perdurer, au moins en partie.

Enjeux de sécurité nationale

Bien sûr, il y aura quelques mouvements spectaculaires au lendemain de l’élection. Un changement de ton, des retrouvailles, Joe Biden déplorant à juste titre que l’Amérique ait « perdu tous ses amis »Il va leur donner quelques gages spectaculaires, comme le retour des Etats-Unis dans l’accord sur le climat, « dès le premier jour », promet M. Biden. Mais les amis retrouvés risquent d’être mis à rude épreuve alors que la politique américaine est guidée par une obsession, la bataille engagée contre la Chine pour préserver le leadership mondial. Le reste, au fond, est secondaire, alors que les Américains ne veulent plus être gendarmes du monde : la « fatigue de la guerre américaine », constatée sous Obama et poursuivie par Trump, est largement partagée

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A son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump avait adopté la manière forte envers la Chine, là où la stratégie plus douce d’Obama (armistice sur l’espionnage industriel, encerclement de Pékin avec le traité transpacifique) avait échoué. Mais Joe Biden a lui aussi tiré les conséquences de l’avènement du régime autoritaire de Xi Jinping. « Les Etats-Unis doivent être durs avec la Chine », écrivait en février le démocrate dans un article de référence publié en février par Foreign Affairsintitulé « Pourquoi l’Amérique doit mener de nouveau ». Chacun table que M. Biden maintiendrait les droits de douane imposés par Donald Trump.

Les démocrates sont aussi sensibles que les républicains aux enjeux de sécurité nationale, qu’il s’agisse des données Internet ou des semi-conducteurs. M. Biden aura un ton plus présentable, mais utilisera des armes nouvelles contre Pékin : les droits de l’homme et le climat : « Biden ne permettra pas à d’autres pays, y compris la Chine, de jouer contre le système, en devenant des économies de destination pour les pollueurs, en sapant nos efforts climatiques et en exploitant les travailleurs et les entreprises américains », stipule le programme du candidat.

Politique de suprématie technologique

Dans ce combat, Donald Trump ignorait les Européens, Joe Biden veut les contraindre. Démocratiquement, en convoquant un « sommet sur la démocratie », vieille idée républicaine destinée à concurrencer l’ONU, qui alignerait Européens et pays asiatiques démocratiques (Japon, Australie, Corée du sud, Inde, Indonésie). Climatiquement, en rendant l’accord de Paris contraignant « pour être sûr que les autres pays ne peuvent pas nous saper économiquement lorsque nous tenons nos engagements ».

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La politique de suprématie technologique ne semble guère éloignée de celle de M. Trump qui a cherché à empêcher les Européens de s’équiper avec les produits du géant chinois des télécommunications Huawei, puisque M. Biden veut « développer avec les alliés démocratiques des Etats-Unis un réseau sécurisé de 5G »qui évite une dépendance avec la Chine et la Russie.

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L’activisme des Européens contre les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) et la Silicon Valley ne rencontrera certainement pas l’écho espéré, en période de mobilisation antichinoise. Un des conseillers de Joe Biden a promis de mettre fin aux guerres commerciales inutiles avec l’Europe, mais ce fut pour aborder immédiatement le dossier agricole, comme l’a fait l’administration Trump. Le premier test sera la guerre de l’européen Airbus et de l’américain Boeing, les deux avionneurs ayant été condamnés par l’OMC : après des années de rodomontades de M. Trump peu suivies d’effets, M. Biden cherchera-t-il la paix des braves que lui proposent les Européens ? Pour permettre à Boeing et Airbus d’affronter… la Chine. On le voit, pour les Européens, le trumpisme survivra largement à Donald Trump.

Arnaud Leparmentier(New York, correspondant)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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