Mauvaise nouvelle:
Après une baisse temporaire de quelques jours, les suspiçions chez les généralistes et chez SOS médecins de malades atteints par le coronavirus, repartent nettement à la hausse. (cf les courbes dans l’article ci-desous). L’espoir dont je vous faisais part il y a une semaine lors de cette baisse temporaire significative, est malheureusement à oublier. Il faut donc s’attendre à une augmentation des hospitalisations et des entrées en réanimation dans les trois semaines qui viennent. D’ou certainement les mesures annoncées ce soir par Macron. Seront-elles suffisantes ? Rien n’est moins sur, car nous sommes très laxistes au niveau du contrôle de l’application des recommandations, pour les sujets positifs et les contacts qui ne sont pas surveillés comme dans d’autres pays; nombreux sont ceux qui positifs, peu symptomatiques, continuent de travailler… et toujours pas de contrôles sérieux à l’arrivée dans nos aéroports. L’ exemple le plus typique du laxisme Français: si vous prenez les trains TGV INOUI, on vous propose de prendre la température (pas obligatoire); si vous avez plus de 38°, on vous offre un flacon de solution alcoolique et un deuxième masque et on vous invite à monter dans un train dont tous les sièges seront occupés ! Cherchez l’erreur !
Vouloir une immunité collective en laisant courir l’épidémie est criminel:
Ceci est dénoncé tant par l’OMS que par les experst de l’institut Pasteur: pour atteintre un immunité de 50% de la population, à partir d’une mortalité allant de 0,3 à 1,3% (en moyenne de 0,6% bien plus élevée que la grippe en moyenne 0,03%), la surmortalité concernerait de 100 000 à 450 000 personnes, contre 18 000 au maximum pour la grippe saisonnière la plus virulente de ces dernières années.
Il est donc impératifratif de créer l’imunnité de 50% de Français au moyen d’un vaccin. Reste à savoir celui qui sera le plus efficace , créant une immunité la plus longue possible et avec un minimum d’effets secondaires. Ce ne sera pas surement les vaccins poltiques de Poutine ou de Trump. Refuser cette solution est criminel; c’est une attitude individualiste, égoïste, qui met en danger l’ensemble de nos concitoyens. Pour la poliomyélite il faut 80% de vaccinés pour protéger les 20% restants, pour la variole 95% pour protéger les 5% restants
Dr Jean SCHEFFER
Covid-19 : les présomptions vues en médecine générale repartent à la hausse
Par A.T. le 13-10-2020
Les indicateurs avancés des présomptions d’infection à Covid-19 vues en cabinet de médecine générale, mesurés par Cegedim, repartent fortement à la hausse, avec +30% pour les nouvelles présomptions et +25% pour les confirmations suite aux deuxièmes consultations.
Toutes les tranches d’âge sont concernées en dehors des moins de 15 ans et des plus de 80 ans. Le poids des nouvelles présomptions en consultation dépasse aujourd’hui la moyenne de 2%, soit 4 fois plus que fin Juin. Quant au taux d’incidence, il est en forte hausse dans trois régions : Ile de France, Hauts de France et Auvergne Rhône Alpes. PACA repart également à la hausse.


Immunité collective : l’OMS juge inenvisageable de laisser le Covid circuler
Par S.B. le 13-10-2020
L’OMS a jugé lundi inenvisageable de laisser le Covid-19 circuler librement pour que la population accède, comme certains l’ont suggéré, à l’immunité collective.
« Jamais, dans l’histoire de la santé publique, l’immunité collective n’a été utilisée comme stratégie pour répondre à une épidémie, et encore moins à une pandémie. C’est scientifiquement et éthiquement problématique », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse. « Laisser libre cours à un virus dangereux, dont nous ne comprenons pas tout, est tout simplement contraire à l’éthique. Ce n’est pas une option », a-t-il insisté.
Selon l’OMS, qui cite diverses études épidémiologiques, le taux de létalité du Covid s’élève à environ 0,6%. « Cela peut sembler peu mais c’est beaucoup plus élevé que pour la grippe« , a annoncé Maria Van Kerkhove, responsable de la gestion du Covid-19 à l’OMS
.Le coût humain de l’immunité collective contre le Covid
« Les enquêtes de séroprévalence suggèrent que dans la plupart des pays, moins de 10% de la population a été infectée », a détaillé pour sa part Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il a également expliqué que le monde n’en savait pas assez sur l’immunité dont jouissent les personnes ayant contracté le Covid-19, en soulignant que certains individus ont nouvellement été infectés. « La plupart des personnes infectées par le virus développent une réponse immunitaire au cours des premières semaines, mais nous ne savons pas si cette réponse est forte ou durable, ni si elle diffère d’une personne à l’autre », a-t-il expliqué.
Il a souligné que le concept d’immunité collective est utilisé dans les campagnes de vaccination et il a rappelé que pour la variole il faut que 95% de la population soit vaccinée pour que les 5% restant soient protégés. Pour la polio ce taux est de 80%.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a reconnu qu' »il y a eu des discussions sur le concept d’atteindre une soi-disant immunité collective en laissant le virus se propager ». Ainsi, dans plusieurs pays, une certaine partie de la population, comme en Allemagne, lasse des mesures de contrôle de l’épidémie mises en place par les gouvernements telles que le port obligatoire du masque, réclame à grands cris leur abrogation. Mais « l’immunité collective est obtenue en protégeant les personnes contre un virus, et non en les exposant à celui-ci », a martelé le chef de l’agence onusienne.
[Avec AFP]
Le coût humain de l’immunité collective contre le Covid 17
Par Marielle Ammouche le 16-09-2020

Selon deux épidémiologistes de l’Institut Pasteur, atteindre une immunité collective, avec 50% de la population exposée, engendrerait entre 100 000 et 450 000 décès en France, et 500 000 et 2 100 000 aux Etats-Unis.
Le concept de l’immunité collective, qui vise une élimination d’une épidémie dès lors qu’une certaine proportion de la population a été infectée, est-elle encore d’actualité pour le coronavirus ? Quand serait-elle atteinte ? Et surtout à quel prix ? C’est à ces questions que se sont attachés à répondre 2 éminents épidémiologistes français, Arnaud Fontanet et Simon Cauchemez (Institut Pasteur, Paris), dans un article de Nature (9 septembre).
Ils ont pris en compte plusieurs paramètres. Tout d’abord, le taux d’immunisation actuel. Selon les enquêtes réalisées dans les pays touchés au début de l’épidémie de Covid-19, comme l’Espagne et l’Italie, la prévalence nationale des anticorps varierait entre 1 et 10% de la population, avec des pics à environ 10 à 15% dans les zones urbaines fortement touchées, des chiffres qui, selon les auteurs sont cohérents avec les prédictions antérieures faites par les modèles mathématiques. Certes cette proportion ne tient pas compte d’une éventuelle immunité croisée, liée aux autres coronavirus et aux virus hivernaux notamment chez les enfants. Mais les spécialistes considèrent que les études actuellement disponibles sur ce sujet ne sont pas en faveur d’une telle protection croisée. En conséquence, « il existe peu de preuves suggérant que la propagation du Sars-CoV-2 pourrait s’arrêter naturellement avant qu’au moins 50% de la population ne soit devenue immunisée » affirment A. Fontanet et S. Cauchemez. On en est donc encore loin !
Encore beaucoup d’incertitudes concernant l’immunité
Autre paramètre à prendre en compte, la durée de l’immunité : « Une autre question est de savoir ce qu’il faudrait pour atteindre 50% d’immunité de la population, étant donné que nous ne savons actuellement pas combien de temps dure l’immunité naturellement acquise contre le Sars-CoV-2 (l’immunité aux coronavirus saisonniers est généralement de courte durée), en particulier chez ceux qui font des formes bénignes de la maladie, et s’il faudra plusieurs cycles de réinfection avant qu’une immunité solide ne soit atteinte ». La réinfection n’est, à ce jour, pas bien documentée.
Enfin, les auteurs ont pris en compte un taux de mortalité, qui est actuellement compris entre 0,3 et 1,3%. A partir de là, ils estiment que le coût de l’immunité collective par le biais d’une infection naturelle « serait très élevé ». En prenant un seuil d’immunité collective « optimiste » de 50%, ils ont calculé que cette stratégie seraient responsable de 100 000 à 450 000 décès pour la France, et entre 500 000 et 2 100 000 pour les Etats-Unis, avec une proportion très élevée surtout chez les sujets âgés de plus de 60 ans (3,3% de mortalité), et ayant des comorbidités.
Intérêts multiples du vaccin
Dans ces conditions, « un vaccin efficace représente le moyen le plus sûr d’atteindre l’immunité collective » déclarent les auteurs de ce texte. « Les vaccins peuvent avoir un impact significativement plus important sur la réduction de la circulation virale que l’immunité naturellement acquise, surtout s’il s’avère que l’immunité protectrice naturellement acquise nécessite un renforcement par ré-infections » concluent-ils. Selon eux, une priorisation devra être apportée aux populations fortement exposées (telles que les agents de santé ou les personnes ayant des contacts fréquents avec les clients) et à celles à risque de morbidité sévère. Cela permet, en outre, d’éviter les complications à long terme liées à la maladie. Sources :