« COVID : LE FOSSÉ HÔPITAL/MÉDECIN S’EST CREUSÉ »

Marie-Cécile Renault note dans Le Figaro que « malgré la crise sanitaire et les multiples polémiques sur la prise en charge de l’épidémie, les Français gardent plus que jamais confiance dans le système de soins, révèle l’Observatoire de la santé édité jeudi par la Mutualité française et Harris Interactive ».
« En revanche, les professionnels de santé libéraux ont le blues. D’une part, ils estiment que la «gratuité» des soins induite par le tiers payant et le remboursement des mutuelles conduit à une déresponsabilisation des patients qui amène à une surconsommation de soins, et à un gaspillage important de médicaments », observe la journaliste.
Thierry Beaudet, président de la Mutualité, observe ainsi que « c’est un point de frustration très fort pour les professionnels, qui, de leur côté, font face à des crispations administratives quotidiennes, en partie liées au tiers payant ».
Marie-Cécile Renault indique que « d’autre part, ils ont le sentiment qu’umutualité
Thierry Beaudet note que « les médecins de ville se sont sentis oubliés dans la gestion de la crise, puis dans le Ségur de la santé, car les pouvoirs publics ont eu dans l’urgence un réflexe hospitalo-centré ».
La journaliste relève ainsi que « l’absence de revalorisation des actes, le manque de reconnaissance des pouvoirs publics, les exigences croissantes des patients se comportant en «consommateurs» freinent les jeunes praticiens à s’installer en libéral, affirme l’observatoire. D’où la volonté de la Mutualité d’accélérer l’organisation et la concentration de la médecine de ville «aujourd’hui émiettée», et de «mettre fin à l’exercice isolé en cabinet» ».
Marie-Cécile Renault ajoute que « les mutuelles militent pour aller plus loin dans la délégation de tâches, par exemple aux infirmières, de pratiques avancées (IPA) ou aux pharmaciens », Thierry Beaudet déclarant que « la mise en place de la vaccination antigrippale en pharmacie a permis d’éviter 30 consultations par médecin l’an dernier. Le pharmacien est légitime et sera très utile cette année pour une campagne de vaccination massive ».
La journaliste rappelle que « les médecins, eux, sont réticents à perdre le lien avec leurs patients. Surtout, à 25 euros la consultation, ils jugent difficile de s’en sortir s’ils ne conservent que les actes longs et complexes ».
Marie-Cécile Renault relève enfin que « les mutuelles poussent aussi au développement de l’exercice coordonné, avec une équipe de soignants travaillant regroupés en maison de santé (statut libéral) ou en centre de santé (statut salarié) ».
Thierry Beaudet explique : « Nous proposons d’adapter le parcours de soins en conséquence et de substituer une “équipe traitante” au seul médecin traitant exclusif d’aujourd’hui ».
La journaliste parle d’« une proposition qui risque de mettre le feu aux poudres. D’autant que – l’observatoire le reconnaît lui-même -, les mutuelles sont jugées par les soignants comme des acteurs peu compétents pour une réflexion autour de l’accès aux soins »
COVID-19: LE FOSSÉ HÔPITAL/MÉDECIN S’EST CREUSÉ
https://www.lefigaro.fr/social/covid-19-le-fosse-hopital-medecin-s-est-creuse-20201001
La Mutualité plaide pour accélérer la délégation de tâches entre soignants et développer le travail en équipe.Par Marie-Cécile Renault
Publié hier à 19:21, mis à jour hier à 21:23
Malgré la crise sanitaire et les multiples polémiques sur la prise en charge de l’épidémie, les Français retrouvent plus que jamais confiance dans le système de soins, révèle l’Observatoire de la santé édité jeudi par la Mutualité française et Harris Interactive, dont Le Figaro s’est procuré les résultats. «Avec la crise, les Français ont redécouvert la valeur du système: on a sorti la carte verte (carte Vitale) avant la Carte bleue, tous ceux qui avaient besoin d’être soignés l’ont été, ce n’est pas rien», explique Thierry Beaudet, président de la Mutualité.
En revanche, les professionnels de santé libéraux ont le blues. D’une part, ils ont tendance à penser que la «gratuité» des soins induite par le tiers payant et le remboursement des mutuelles conduit à une déresponsabilisation des patients qui peut amener à une surconsommation de soins, et à un gaspillage important de médicaments. «Ce sentiment de distanciation avec le patient est un point de frustration très fort pour les professionnels,Cet article est réservé aux abonnés. (Suite abonnés)
OBSERVATOIRE
L’Observatoire 2020 – Accès territorial aux soins, les inégalités ne sont pas définitives 2 octobre 2020
La quatrième édition de l’Observatoire-Place de la Santé est consacrée à l’accès territorial aux soins. Cette étude comporte une analyse à partir de différentes sources de données permettant une mise en perspective ainsi qu’une enquête réalisée auprès du grand public et des entretiens avec des professionnels de santé. Elle vise à démontrer que, sans mesures fortes sur l’organisation des soins, des pouvoirs publics ou par les professions de santé, l’accroissement des inégalités est inéluctable.
La demande de soins insatisfaite sur le territoire français n’a cessé de croître ces dernières années pour des raisons démographiques, géographiques et médicales et la tendance est amenée à se poursuivre.
Les pouvoirs publics ont adopté plusieurs lois ces quinze dernières années : la loi Hôpital, patients, santé et territoires (2009), le Pacte Territoires-Santé (2012), la loi de modernisation du système de santé (2016) ou encore le Plan territorial d’accès aux soins (2017) dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Ma Santé 2022.
À mi-chemin de ce plan, la Mutualité Française cherche avec cet Observatoire à mesurer les réductions d’inégalités et à identifier les initiatives des professionnels de santé et leur impact sur l’adéquation de l’offre aux besoins.

Données pour l’occitanie:

Marie-Cécile Renault note dans Le Figaro que « malgré la crise sanitaire et les multiples polémiques sur la prise en charge de l’épidémie, les Français gardent plus que jamais confiance dans le système de soins, révèle l’Observatoire de la santé édité jeudi par la Mutualité française et Harris Interactive ».
« En revanche, les professionnels de santé libéraux ont le blues. D’une part, ils estiment que la «gratuité» des soins induite par le tiers payant et le remboursement des mutuelles conduit à une déresponsabilisation des patients qui amène à une surconsommation de soins, et à un gaspillage important de médicaments », observe la journaliste.
Thierry Beaudet, président de la Mutualité, observe ainsi que « c’est un point de frustration très fort pour les professionnels, qui, de leur côté, font face à des crispations administratives quotidiennes, en partie liées au tiers payant ».
Marie-Cécile Renault indique que « d’autre part, ils ont le sentiment qu’umutualité
Thierry Beaudet note que « les médecins de ville se sont sentis oubliés dans la gestion de la crise, puis dans le Ségur de la santé, car les pouvoirs publics ont eu dans l’urgence un réflexe hospitalo-centré ».
La journaliste relève ainsi que « l’absence de revalorisation des actes, le manque de reconnaissance des pouvoirs publics, les exigences croissantes des patients se comportant en «consommateurs» freinent les jeunes praticiens à s’installer en libéral, affirme l’observatoire. D’où la volonté de la Mutualité d’accélérer l’organisation et la concentration de la médecine de ville «aujourd’hui émiettée», et de «mettre fin à l’exercice isolé en cabinet» ».
Marie-Cécile Renault ajoute que « les mutuelles militent pour aller plus loin dans la délégation de tâches, par exemple aux infirmières, de pratiques avancées (IPA) ou aux pharmaciens », Thierry Beaudet déclarant que « la mise en place de la vaccination antigrippale en pharmacie a permis d’éviter 30 consultations par médecin l’an dernier. Le pharmacien est légitime et sera très utile cette année pour une campagne de vaccination massive ».
La journaliste rappelle que « les médecins, eux, sont réticents à perdre le lien avec leurs patients. Surtout, à 25 euros la consultation, ils jugent difficile de s’en sortir s’ils ne conservent que les actes longs et complexes ».
Marie-Cécile Renault relève enfin que « les mutuelles poussent aussi au développement de l’exercice coordonné, avec une équipe de soignants travaillant regroupés en maison de santé (statut libéral) ou en centre de santé (statut salarié) ».
Thierry Beaudet explique : « Nous proposons d’adapter le parcours de soins en conséquence et de substituer une “équipe traitante” au seul médecin traitant exclusif d’aujourd’hui ».
La journaliste parle d’« une proposition qui risque de mettre le feu aux poudres. D’autant que – l’observatoire le reconnaît lui-même -, les mutuelles sont jugées par les soignants comme des acteurs peu compétents pour une réflexion autour de l’accès aux soins »
COVID-19: LE FOSSÉ HÔPITAL/MÉDECIN S’EST CREUSÉ
https://www.lefigaro.fr/social/covid-19-le-fosse-hopital-medecin-s-est-creuse-20201001
La Mutualité plaide pour accélérer la délégation de tâches entre soignants et développer le travail en équipe.
Publié hier à 19:21, mis à jour hier à 21:23
Malgré la crise sanitaire et les multiples polémiques sur la prise en charge de l’épidémie, les Français retrouvent plus que jamais confiance dans le système de soins, révèle l’Observatoire de la santé édité jeudi par la Mutualité française et Harris Interactive, dont Le Figaro s’est procuré les résultats. «Avec la crise, les Français ont redécouvert la valeur du système: on a sorti la carte verte (carte Vitale) avant la Carte bleue, tous ceux qui avaient besoin d’être soignés l’ont été, ce n’est pas rien», explique Thierry Beaudet, président de la Mutualité.
En revanche, les professionnels de santé libéraux ont le blues. D’une part, ils ont tendance à penser que la «gratuité» des soins induite par le tiers payant et le remboursement des mutuelles conduit à une déresponsabilisation des patients qui peut amener à une surconsommation de soins, et à un gaspillage important de médicaments. «Ce sentiment de distanciation avec le patient est un point de frustration très fort pour les professionnels,Cet article est réservé aux abonnés. (Suite abonnés)
OBSERVATO
L’Observatoire 2020 – Accès territorial aux soins, les inégalités ne sont pas définitives
2 octobre 2020
La quatrième édition de l’Observatoire-Place de la Santé est consacrée à l’accès territorial aux soins. Cette étude comporte une analyse à partir de différentes sources de données permettant une mise en perspective ainsi qu’une enquête réalisée auprès du grand public et des entretiens avec des professionnels de santé. Elle vise à démontrer que, sans mesures fortes sur l’organisation des soins, des pouvoirs publics ou par les professions de santé, l’accroissement des inégalités est inéluctable.
La demande de soins insatisfaite sur le territoire français n’a cessé de croître ces dernières années pour des raisons démographiques, géographiques et médicales et la tendance est amenée à se poursuivre.
Les pouvoirs publics ont adopté plusieurs lois ces quinze dernières années : la loi Hôpital, patients, santé et territoires (2009), le Pacte Territoires-Santé (2012), la loi de modernisation du système de santé (2016) ou encore le Plan territorial d’accès aux soins (2017) dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Ma Santé 2022.
À mi-chemin de ce plan, la Mutualité Française cherche avec cet Observatoire à mesurer les réductions d’inégalités et à identifier les initiatives des professionnels de santé et leur impact sur l’adéquation de l’offre aux besoins.

Données pour l’occitanie
« Observatoire de la santé 2020 sur l’accès aux soins : les inégalités territoriales ne sont pas une fatalité »
(Communiqué)
Émis par : Mutualité Française02/10/2020
Dans l’édition 2020 de son Observatoire, la Mutualité Française décrypte la question des inégalités géographiques d’accès aux soins des Français. D’un côté, la demande de soins s’accroît à tous les âges de la vie. Pour des raisons de santé, sociétales et générationnelles, les Français recourent en effet davantage au système de santé, une tendance s’accentuant avec le vieillissement de la population. D’un autre côté, les Français sont confrontés à une densité médicale disparate et qui va s’amenuisant, notamment en raison d’une vague de départs à la retraite de médecins. Dans ce contexte, le système de santé et les mesures mises en place ces dernières années (délégation d’actes médicaux, téléconsultations, exercice regroupé/Maison de santé) sont perçues et appréhendées diversement par les Français ou les professionnels de santé.
Cependant, des solutions, déjà testées, existent, sur l’organisation des soins, mises en place par les pouvoirs publics ou par les professionnels de santé et peuvent enrayer l’accroissement des inégalités. A travers cet Observatoire et ses conclusions, la Mutualité Française, dans le prolongement du Ségur de la Santé fait plusieurs propositions concrètes pour réduire les inégalités territoriales.
Des mesures à amplifier et accompagner
Parmi les dispositifs lancés par le Gouvernement ces dernières années, 78 % des Français estiment que le partage de compétences et la délégation de tâches entre professionnels de santé sont de bonnes mesures, notamment car elles favorisent un meilleur accès aux soins (86 %). L’ouverture aux pharmaciens d’officine de la vaccination antigrippale a en effet permis d’améliorer substantiellement la couverture vaccinale tout en libérant l’équivalent de 30 consultations par médecin et par an.
Cependant, si les dispositifs créés par les lois de santé successives rencontrent un écho plutôt positif, ils en relèvent aussi les limites. Si près de 70 % des Français jugent que la télémédecine est une avancée, un sur deux s’estime mal informé sur le sujet. Et s’ils soutiennent nettement la délégation de tâches, elle suscite des inquiétudes et des tensions chez les professionnels de santé.
Les différentes mesures mises en place se trouvent relativement bien identifiées par les Français, en dehors des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) dont seulement 36 % des Français indiquent avoir connaissance. La part des professionnels de santé exerçant dans une structure d’exercice coordonné reste d’ailleurs encore minoritaire. Seules 60 CPTS sont en fonctionnement, bien loin de l’objectif fixé par le Gouvernement de 1 000 CPTS d’ici 2022.
Ceci alors que les maisons ou centres de santé sont bien reconnues et identifiées par les Français (85 %) pour offrir des avantages sur les plans organisationnel et financier, faciliter les parcours de soins, ouvrir des perspectives intéressantes en termes de développement des compétences et permettre un meilleur accès aux soins.
Un système de santé plébiscité par les Français mais critiqué par les professionnels
Alors que la crise sanitaire aurait pu renforcer un sentiment de défiance envers le système de santé, les Français considèrent qu’il a su tenir en cette période difficile.
- 70 % estiment que le système de santé fonctionne bien en France (+ 7 points en un an).
- 63 % estiment que ce système permet à tout un chacun de se faire soigner (+ 11 points en un an).
Ce sont les publics hier les plus critiques à cet égard, notamment les plus âgés, qui ont le plus vu leur perception s’améliorer au cours des derniers mois. Y compris dans les régions fortement touchées par la Covid au printemps (notamment les régions Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté).
En revanche, même si les professionnels de santé considèrent que le système de santé est qualitatif, généreux et protecteur, leur attachement est mis à rude épreuve par les difficultés rencontrées au quotidien et le sentiment d’un manque de perspectives concrètes d’améliorations. Sont pointés par les professionnels de santé :
- une déresponsabilisation des patients qui peut amener à une « surconsommation » des soins, et à un gaspillage important de médicaments ;
- un fossé qui se creuse de plus en plus entre l’hôpital et la médecine de ville ;
- une absence de revalorisation des actes ;
- un sentiment d’être peu entendus par les pouvoirs publics.
Des mesures d’autant plus nécessaires compte tenu de l’augmentation de la demande de soins et de la contraction de l’offre médicale
Les plus de 60 ans représentent plus d’un quart (27 %) de la population aujourd’hui et en représenteront près d’un tiers (32 %) dans 30 ans. Ce vieillissement de la population se couple à une augmentation de la consommation médicale à tous les âges de la vie (et notamment chez les jeunes) pour des raisons de santé (hausse des pathologies chroniques et polypathologies), mais aussi pour des raisons plus sociétales et générationnelles (comportements des patients et des professionnels de santé, progrès technique, règlementation…).
Ces deux facteurs qui vont en s’accentuant se percutent avec une offre de soins inégale en raison de professions médicales mal réparties sur le territoire. Alors que plus d’un Français sur 10 vit dans un désert médical, cette situation va continuer à se détériorer avec les départs à la retraite dans les 10 prochaines années. Ainsi on estime à 13 % la baisse du nombre de médecins généralistes entre 2010 et 2025. Les conséquences directes en sont des renoncements aux soins du fait des délais d’attente, des prises en charge inefficientes du fait de la difficulté à trouver un médecin traitant et une augmentation des inégalités sociales de santé.
Des propositions pour réduire les inégalités territoriales et répondre à la demande de soins
Des constats dégagés par cet Observatoire et sur la base des résultats observés suite aux mesures ou organisations mises en place ces dernières années, en partie utiles mais nécessitant des adaptations et améliorations, découlent 5 pistes de réforme que la Mutualité Française a porté dans le cadre du Ségur de la Santé.
La Mutualité Française propose ainsi de développer le partage de compétences en s’appuyant sur les compétences et le maillage territorial de certaines professions (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pharmaciens par exemple) pour pallier les insuffisances de l’offre médicale dans certaines zones.
Pour accompagner le développement des téléconsultations, elles doivent entrer dans le droit commun de la prise en charge par l’assurance maladie obligatoire et complémentaire. La Mutualité Française propose également de poursuivre l’extension du périmètre des professionnels autorisés à pratiquer du télésoin.
La Mutualité Française propose de développer des espaces de santé pluriprofessionnels qui généralisent la coopération des intervenants de ville. Libre à eux de choisir l’organisation qui conviendra (en particulier regroupement sur un seul lieu type Maison de santé et/ou en s’appuyant sur les technologies numériques). Ces espaces doivent permettre d’assurer la continuité du parcours des patients en positionnant le premier recours comme la porte d’entrée dans le système. Dans un délai de 5 ans cette nouvelle organisation devrait pouvoir remplacer l’exercice isolé reprenant en cela les objectifs fixés par le président de la République dans la loi « Ma santé 2022 ».
Enfin, pour assurer la coordination autour du patient et sur un territoire, la Mutualité Française propose d’internaliser la fonction administrative de coordination territoriale (CPTS) au sein des structures d’exercice coordonné. Ces structures auraient également la possibilité d’être désignées comme « équipe traitante » afin de mieux assurer l’accessibilité, la continuité et la qualité des soins.
Retrouvez ici l’ensemble des données de l’Observatoire santé 2020.