Spleen parmi les médecins libéraux irrités par l’attitude des pouvoirs publics

Publié le 01/10/2020

Les syndicats de médecins libéraux de plus en plus irrités par l’attitude des pouvoirs publics

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Paris, le jeudi 1er octobre 2020 – Pour les âmes particulièrement naïves, il y avait, après l’important pic épidémique du printemps, qui avait mis en évidence les nombreux blocages du système de santé français, une pensée réconfortante : les erreurs allaient être réparées, grâce notamment à la mise en évidence de la capacité de réaction et de souplesse de l’administration. Las, à peine quelques mois plus tard, et alors qu’un rebond épidémique est redouté, de nombreux signaux laissent entrevoir que les leçons n’ont en réalité nullement été tirées.

Le temps de la reconnaissance des efforts, de la réponse aux besoins et de la souplesse est révolu

Les médecins libéraux ont ainsi beaucoup regretté une vision trop hospitalo-centrée de la gestion de l’épidémie et avaient pu observer (même si le dispositif suscitait par ailleurs des réserves éthiques) que le système Contact Covid remettait le praticien de ville au centre du dispositif. Ils ont également par ailleurs été encore plus nombreux à dénoncer les difficultés d’accès aux équipements de protection individuel (EPI), en raison de multiples couacs dans leur distribution. Or en ce premier jours d’octobre, les praticiens constatent que les déboires d’hier paraissent en passe de se répéter. Ainsi, MG France a fait hier un triste bilan : « Vous preniez vos dotations de masques à la pharmacie. Cela s’arrête la semaine prochaine. En EHPAD, vous cotiez VG (Visite)+ MD (ECG en visite)+ MU (en urgence) soit 57,60€ (en raison du temps nécessaire pour arborer les équipements de protection, ndlr). Cela s’arrête ce soir. Comme 30 à 50% de vos patients n’ont pas accès à une technique de vidéo-transmission, vous consultiez par téléphone. C’est interdit ! » résume le syndicat. Ce dernier estime que la suspension de ces différentes mesures ne peut qu’inciter les médecins à se sentir « abandonnés et trahis ».

Les médecins libéraux méprisés par le PLFSS

La multiplication de ces signaux négatifs accroit la forte déception des syndicats de médecins libéraux au lendemain du Ségur de la santé. Or, les annonces faites dans le cadre du Projet de loi de financement de la sécurité sociale cette semaine ont conforté le spleen des praticiens de ville, tant sur le fond que sur la forme. Le Syndicat des médecins libéraux relate ainsi : « Le SML regrette très vivement la façon dont les partenaires conventionnels sont traités à l’occasion de la réunion dématérialisée de la commission des comptes de la Sécurité sociale qui ouvre la séquence budgétaire du PLFSS. Tout d’abord, le système de connexion ayant atteint sa capacité maximale, certains syndicats dont le SML n’ont pu se connecter et ainsi participer aux travaux de la commission, ils ont été renvoyés à une liaison téléphonique plus que médiocre. Cela ne fait que s’ajouter au fait que seule la synthèse des travaux de la commission des comptes de la Sécurité sociale avait été communiquée (…) à une heure tardive aux syndicats et que le rapport intégral, lui n’a été adressé que quelques minutes avant la réunion ». Outre ces détails formels, le texte est un nouvel affront pour les professions libérales. L’imputation sur les soins de ville des indemnités journalières au titre des arrêts de travail, un système d’aide qui choisit de se fonder uniquement sur les charges en ignorant l’ampleur des pertes subies par les cabinets libéraux et l’absence de toute perspective d’augmentation des honoraires indignent les syndicats. Et il est peu probable que les discussions entamées avec l’Assurance maladie autour du forfait structure ou de l’assouplissement des règles de télémédecine permettent d’apaiser la colère. D’autant plus que l’idée de « lever la règle d’une consultation présentielle dans les 12 mois précédents pour l’ensemble des spécialités et le médecin traitant » ne séduit guère l’ensemble des syndicats, dont certains redoutent un risque de nomadisme médical. Le gouvernement n’a pourtant pas voulu attendre le résultat des discussions, puisqu’il a déjà indiqué que ce dispositif, mis en place au printemps, serait prolongé au moins tout au long de l’année 2021. Un autre motif de crispation pour les syndicats.

A.H. 

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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