Il n’y a aucune volonté de rendre intelligible la situation épidémique dans les territoires au moment où ce serait le plus crucial

« Le grand flou des indicateurs de suivi de l’épidémie »

Le Figaro

Tristan Vey note en effet dans Le Figaro : « Cela en devient presque lassant, mais redisons-le une fois encore : la transparence des autorités est fondamentale pour obtenir l’adhésion des populations et s’assurer de leur pleine coopération dans la lutte contre le virus ».


Le journaliste relève que « les dirigeants sud-coréens n’ont cessé de le dire et de le rappeler en mars dernier pour expliquer la réussite de leur pays, rare nation démocratique à avoir réellement réussi à maîtriser durablement l’épidémie. Ce n’était pas le seul ingrédient (le triptyque « tester, tracer, isoler » en était l’autre pilier), mais les responsables sanitaires n’ont cessé d’expliquer à ceux qui voulaient bien les écouter que la communication était une clé fondamentale de leur succès ».


Tristan Vey constate cependant que « sur ce sujet délicat, la France ne cesse de piétiner. Dernier exemple en date, depuis le 18 septembre, les cartes gouvernementales de suivi des indicateurs de l’épidémie, département par département, n’ont plus été mises à jour ».
Le journaliste rappelle que « ces cartes tricolores (vert-orange-rouge), présentées au moment du déconfinement, devaient servir de boussoles dans la tempête. Ont-elles été jugées trop anxiogènes depuis qu’elles ont viré du vert au rouge ? Toujours est-il qu’au moment où la lutte se durcit, elles ont disparu de la circulation… ».
« Il était peut-être nécessaire de modifier les indicateurs pour tenir compte de la situation difficile. Mais nous ne disposons pas non plus des cartes d’alerte avec le nouveau code couleur présenté par Olivier Véran le 23 septembre, le rouge se divisant désormais en 4 catégories selon le niveau d’alerte (rose pâle, rouge, écarlate, puis… gris pour l’urgence sanitaire) »,
 poursuit-il.


Tristan Vey ajoute que « plus grave encore, ce tableau de bord gouvernemental ne donne aucun chiffre sur les indicateurs départementaux qui servent à définir les différents seuils d’alertes (le taux d’incidence en semaine glissante en population générale et pour les plus de 65 ans, et le taux d’occupation des réanimations) ».


Le journaliste indique que « Santé publique France de son côté publie régulièrement des chiffres sur son portail géographique Géodes, mais là encore, les données ne sont pas à jour […]. Et de toute façon, ni le taux d’occupation des réanimations, ni le taux d’incidence pour les plus de 65 ans ne figurent dans les centaines (!) d’indicateurs que l’on peut, plus ou moins facilement, consulter ».


Tristan Vey conclut ainsi : « Seule source de données officielles à jour, des tableaux de données au format Excel, exhaustifs, publiés sur data.gouv.fr mais inexploitables pour le grand public (ou les journalistes). C’est néanmoins la preuve que les données existent et, c’est peut-être plus dramatique encore, qu’il n’y a pas de réelle intention de les dissimuler. Mais il n’y a aucune volonté non plus de rendre intelligible la situation épidémique dans les territoires au moment où ce serait le plus crucial ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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