Covid-19 Actualités 1er Octobre 2020: la trace se perd submergée par le nombre et le refus ou une mauvaise isolation – La fermeture des salles de sport à Rennes suspendue par le TA – 1300 malades en réanimation (800 en une semaine), mais loin des 7000 d’avril dernier

Covid-19 : le traçage des cas contacts au défi de la reprise épidémique

Depuis le début du dispositif, 1,1 million de personnes « à risque » ont été identifiées par la Caisse nationale d’assurance-maladie, pour 390 000 cas positifs recensés. Mais l’engorgement des tests remet en cause l’efficacité du système. 

Par Chloé Hecketsweiler et François Béguin  Publié aujourd’hui à 04h59, mis à jour à 10h59

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/01/covid-19-le-tracage-des-cas-contacts-au-defi-de-la-reprise-epidemique_6054304_3244.html

C’est le cœur de la stratégie du gouvernement pour tenter de contenir l’épidémie de Covid-19. Depuis le mois de mai, des milliers de salariés de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) et des agences régionales de santé (ARS) appellent chaque jour les personnes testées positives et les « cas contacts » qu’elles veulent bien signaler. Pour « détecter et briser prospectivement les chaînes de transmission le plus rapidement possible », les membres de ces « brigades » prescrivent des tests (réalisés dans 86 % des cas), déterminent si un isolement est nécessaire, délivrent des arrêts de travail.

Les chiffres sont impressionnants. Lors de la semaine du 21 au 27 septembre, 210 000 personnes contacts ont été appelées. Au total, depuis le début du dispositif, 1,1 million de cas contacts « à risque » – par exemple ayant eu un échange de plus de quinze minutes sans masque avec une personne positive – ont été identifiés par la CNAM, pour 390 000 cas positifs recensés.https://www.dailymotion.com/embed/video/k2fjwZVyd3n5iqwdaMR?api=postMessage&autoplay=false&id=player-k2fjwZVyd3n5iqwdaMR&mute=false&origin=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr&queue-autoplay-next=false&queue-enable=false

Un filet de grande taille à qui, à l’heure de la reprise épidémique, il est désormais reproché des mailles trop lâches. « On a le sentiment que le système est un peu dépassé et un peu débordé », a fait valoir, mercredi 30 septembre, à l’Assemblée nationale, Eric Ciotti, député (Les Républicains) des Alpes-Maritimes et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur le Covid-19.

Le 28 septembre, l’Académie de médecine, soulignait une stratégie tester-tracer-isoler « devenue inefficiente à cause de l’engorgement des filières de diagnostic et de dépistage, entraînant des retards inacceptables dans le rendu des résultats ». 

« L’enquête commence beaucoup trop tard »

Tenir les délais, c’est la faiblesse du dispositif, pointée depuis l’été. Les scientifiques estiment à une dizaine de jours la période de contagiosité : quatre jours avant l’apparition des symptômes et six jours après. Or, avec la possibilité pour tout un chacun de se faire tester gratuitement et sans ordonnance, les files d’attente devant les laboratoires se sont allongées, avec des délais à l’avenant pour obtenir un résultat.

Selon le dernier bulletin épidémiologique de l’agence de sécurité sanitaire Santé publique France (SPF), il s’écoule en moyenne trois jours entre les premiers symptômes cliniques et le prélèvement, puis 2,6 à 4,5 jours supplémentaires pour obtenir les résultats selon les régions.

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Conséquence : « L’enquête commence beaucoup trop tard », estime l’épidémiologiste Renaud Piarroux. « Quand une personne est appelée tardivement pour donner ses contacts, ceux-ci sont déjà contagieux depuis plusieurs jours. Cela ne sert à rien de faire du contact tracing si on part avec huit jours de retard, regrette le médecin. Pour raccourcir les délais, il faut réduire les indications des tests à ceux qui en ont vraiment besoin : les malades, les cas contacts, ou encore les soignants. »

L’Assurance-maladie, elle, assure faire sa part. « Nous tenons nos engagements de délai, plaide Thomas Fatome, le directeur général de la CNAM. Nous réussissons en moyenne à appeler dans les vingt-quatre heures les cas contacts dès lors que l’appel avec le patient positif a permis de les identifier. »

« Chaînes de transmission non identifiées »

Pour gagner du temps, la CNAM n’attend plus que les médecins signalent leurs patients positifs mais va directement chercher leur identité dans la base de données SI-DEP, dans laquelle les laboratoires rentrent tous les résultats de test. « Un listing des patients zéros ne figurant pas dans Contact Covid [la base de données de contact tracing] nous est transmis chaque jour, depuis la mi-août. Cela nous permet d’être plus rapides », indique Juliette Chatelut, responsable du dispositif de contact tracing à la CPAM de l’Essonne.

Autre difficulté : comment circonscrire l’épidémie lorsque seuls 20 % des nouveaux cas identifiés étaient précédemment connus comme contact patient zéro, comme le note SPF dans son bulletin épidémique du 17 septembre ? Dans la mesure où huit cas positifs sur dix ne figurent pas sur le radar de la CNAM, cela suggère « l’existence de nombreuses chaînes de transmission non identifiées et non rattachées à des clusters », estime SPF. Cette situation indique qu’une grande partie des cas est « attrapée » de façon aléatoire au gré des opérations de dépistage, ce que regrettent plusieurs épidémiologistes qui plaident pour une approche plus ciblée.

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Depuis la rentrée, d’autres questions se font jour sur l’acceptabilité du dispositif. La CNAM constate une légère érosion du pourcentage de personnes répondant à ses appels : 94 % en juin, 91 % en juillet, 89 % en août et 89,5 % en septembre.

Depuis le début du mois, Sylvain (le prénom a été modifié), membre d’une « brigade Covid » en Nouvelle-Aquitaine dit avoir « ressenti un changement de mentalité assez notable » lorsqu’il appelle des cas contacts : « En milieu rural, on est plutôt bien accueilli, mais dans les grandes villes il y a des gens – plutôt des jeunes – qui font tout pour nous éviter. On peut les appeler neuf à dix fois et ils ne décrochent jamais. On dirait que certaines personnes ont compris le truc et refusent d’être tracées pour ne pas subir de contrainte d’isolement. »

« Augmentation du refus de suivi »

Une enquête menée dans le courant de l’été par la direction générale de la santé (DGS) pointait « une augmentation du refus de suivi des cas et des personnes contacts à risque ainsi qu’une augmentation du nombre de personnes impossibles à joindre dans plusieurs régions ». Cette consultation notait aussi « le refus de cas à transmettre les listes de personnes contacts à risque ».

Parmi les motifs identifiés : l’absence de symptômes, le refus d’isolement, la pression de l’employeur ou encore la méfiance et l’impression de démarchage téléphonique. « Je viens d’avoir une jeune femme qui m’a dit qu’elle avait une promesse d’embauche au 1er octobre et qu’elle ne voulait pas faire la mesure d’isolement. Je crois que j’ai réussi à la convaincre que son employeur préférerait sûrement qu’elle ne contamine pas les autres salariés dès son arrivée », témoigne Sylvain.

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A la CNAM, on estime que le phénomène est marginal : une mesure réalisée sur un échantillon d’assurés montre que seuls 3 % à 4 % de ceux qui ont été appelés refusent de communiquer leurs cas contact.

Dernière faiblesse du dispositif : l’absence de contrôle de l’isolement. Le premier ministre Jean Castex, dans son discours du 11 septembre, avait promis qu’il y en aurait. Dans les faits, ARS et CNAM se renvoient la balle. « Quand on contrôle un arrêt de travail, on convoque la personne. Ce qui dans le cas d’une personne Covid positive ne me semble pas ressembler au cahier des charges », justifie Thomas Fatome. Pour la CNAM c’est aux ARS de s’assurer par l’envoi de messages ou des appels du respect des consignes d’isolement.

« Les gens s’isolent peu ou pas bien »

A l’ARS d’Ile-de-France, on précise cependant que le suivi se fait sur la base du volontariat, par le biais d’un dispositif baptisé « Covi Contact » d’abord destiné à accompagner l’isolement par des mesures concrètes (hébergement, courses, garde d’enfants, etc.). L’objectif est plutôt d’accroître « l’adhésion » des participants. « Il faudrait arriver à faire passer ce message de prévention : en l’absence de médicaments, le seul moyen dont on dispose pour rompre une chaîne de transmission est l’isolement », souligne Cécile Somarriba, de la direction « Veille et sécurité sanitaire » de l’ARS Ile-de-France.

Le conseil scientifique notait dans son avis du 3 septembre que le « non-respect des mesures d’isolement par une partie (…) possiblement importante des personnes atteintes par le virus ou contacts à risque, fragilise notre capacité à maîtriser les chaînes de transmission »« Les gens s’isolent peu ou pas bien », confirme l’infectiologue Renaud Piarroux, qui pilote depuis le mois de mai un dispositif de traçage baptisé « Covisan », avec des équipes visitant les malades chez eux.« L’objectif ne devrait pas être de faire 1 million de PCR mais bien d’isoler les personnes symptomatiques et leurs contacts, ajoute-t-il. Cela réglerait déjà une partie du problème. »

Covid-19 : la justice suspend la fermeture des salles de sport à Rennes

L’arrêté de la préfète d’Ille-et-Vilaine prévoyait d’interdire l’accueil du public dans les salles de sport et gymnases situés sur le territoire de Rennes Métropole jusqu’au 10 octobre 2020. 

Le Monde avec AFP  Publié aujourd’hui à 10h35

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/01/covid-19-la-justice-suspend-la-fermeture-des-salles-de-sport-a-rennes_6054345_3244.html

Les gérants de salles de sport contestaient un arrêté préfectoral du 25 septembre.
Les gérants de salles de sport contestaient un arrêté préfectoral du 25 septembre. MEHDI FEDOUACH / AFP

Les salles de sport de Rennes ont obtenu, jeudi 1er octobre, gain de cause devant le tribunal administratif, qui a suspendu la fermeture de ces établissements par arrêté préfectoral. Le juge des référés a ordonné la suspension de l’exécution de l’article 4 de l’arrêté de la préfète d’Ille-et-Vilaine, qui prévoyait d’interdire l’accueil du public dans les salles de sport et gymnases situés sur le territoire de Rennes Métropole jusqu’au 10 octobre 2020.

A Rennes, la requête des gérants de salles de sports qui contestaient un arrêté préfectoral du 25 septembre, a été suivie par le tribunal administratif contrairement à un premier revers à Bordeaux et à Nice mercredi.

Les salles de sport et de fitness avaient perdu mercredi à Bordeaux le premier de la quinzaine de procès qu’elles ont lancés dans toute la France contre leur fermeture pour quinze jours dans les métropoles, dans le but de lutter contre la propagation du coronavirus.

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« Une atteinte grave et immédiate »

A Rennes Métropole, le taux d’incidence du Covid-10 est de 155,56 cas pour 100 000 habitants, a indiqué jeudi l’agence régionale de santé (ARS). A Bordeaux, ce taux est de 140 pour 100 000 habitants, contre 170 il y a deux semaines.

« La liste exhaustive des foyers de contamination recensés en Bretagne au 11 septembre 2020, en cours d’investigation ou maîtrisés, ne comporte aucun établissement de cette catégorie », note le juge des référés dans son ordonnance qui souligne que l’interdiction porte « une atteinte grave et immédiate à leur situation économique et financière, déjà impactée par la fermeture imposée durant le confinement ».

Il a estimé qu’« en l’état des données et informations soumises au tribunal, les salles privées de sport ne pouvaient pas être regardées comme des lieux de propagation active du virus Covid-19 ». Le juge a ajouté que la mesure n’était pas « nécessaire et adaptée aux buts poursuivis » de lutte contre le virus.

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Plus de 1.200 malades en réanimation en France  26 

Par La rédaction avec AFP le 01-09-2020 

https://www.egora.fr/actus-pro/sante-publique/59977-epidemie-de-coronavirus-les-nouvelles-du-jour#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20201001-%5B_1%5D

Apparu au mois de décembre 2019 en Chine, le nouveau coronavirus Sars-CoV-2 a fait plus de 800.000 morts dans le monde. Suivez sur Egora les dernières actualités sur l’épidémie.Jeudi 1er octobre

Plus de 1.200 malades en réanimation en France
Plus de 1.200 malades du Covid-19 sont désormais en réanimation dans l’Hexagone, dont 135 sur les dernières 24 heures, selon les chiffres de Santé publique France publiés mercredi soir. Ce sont désormais 1.232 personnes qui ont été placées en réanimation au total (contre 1.198 mardi). Un chiffre très en-dessous des niveaux atteints lors du pic de l’épidémie, avec 7.000 malades en réa début avril, mais qui progresse rapidement (on comptait 500 cas graves en réa début septembre).  Avec 12.845 nouveaux cas de Covid-19 confirmés en 24 heures (contre 8.051 mardi), le taux de positivité des tests se maintient à 7,6%, contre environ 4% début septembre. Selon Santé publique France, 64 personnes sont décédées dans les dernières 24 heures – contre 59 les 24 heures précédentes – et 1.235 cas de contamination groupés, ou « clusters », sont en cours d’investigation (avec 64 de plus en 24 heures), dont 235 en Ehpad. L’épidémie a fait au total au moins 31.956 morts.

Guadeloupe : 1.000 cas de Covid-19 par semaine et 15 nouveaux décès
La circulation du virus Covid-19 reste « très active » en Guadeloupe, avec plus de 1.000 nouveaux cas positifs enregistrés la semaine dernière et « 15 nouveaux décès », ont indiqué mercredi la préfecture et l’ARS dans un communiqué. Les indicateurs connaissent pourtant une forme de stabilisation même si « le plateau est très haut », a affirmé Valérie Denux, directrice générale de l’ARS de Guadeloupe, lors d’une conférence de presse retransmise en live sur les réseaux sociaux. La Guadeloupe, placée depuis une semaine en zone d’alerte maximale », reste « très nettement au dessus du seuil d’alerte, avec un taux d’incidence de 278,07 pour 100.000 habitants », même si ce taux est en « légère diminution par rapport à la semaine » précédente. Le taux de positivité reste stable, à 22,71 %.

Huit morts en septembre dans un Ehpad près de Toulouse
Huit résidents d’un Ehpad touché par le Covid-19 près de Toulouse sont décédés depuis début septembre et six sont actuellement hospitalisés, a indiqué mercredi soir l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie. « A ce jour, 51 résidents ont été dépistés positifs, 6 ont été hospitalisés et 8 sont décédés », a précisé l’ARS dans un communiqué, confirmant une information de la Dépêche du Midi. Un dépistage généralisé avait été fait après qu' »un professionnel intervenant auprès de plusieurs résidents de l’Ehpad Bastide Médicis situé à Labège (près de Toulouse), a été signalé positif au virus Covid-19 le 28 août », a ajouté l’agence. Cet Ehpad a une capacité de 80 résidents et 48 salariés. Parmi les salariés, 22 cas positifs ont été identifiés et « placés à l’isolement, en arrêt de travail », selon l’ARS, qui souligne que l’évolution de l’état de santé de l’ensemble de ces personnes fait l’objet d’une « vigilance forte, notamment au regard de la fragilité et de la vulnérabilité habituelle des personnes âgées face au virus ».

Treize décès dans un Ehpad des Pyrénées-Atlantiques
Treize décès en « lien possible avec la Covid-19 » ont été recensés dans un Ehpad d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) depuis la découverte le 10 septembre d’un foyer épidémique, a annoncé mercredi l’Agence régionale de santé (ARS). Depuis l’apparition début septembre de ces premiers cas de Covid-19 à l’Ehpad L’Age d’Or (96 places), les visites ont été suspendues, les mesures d’hygiène renforcées et l’équipe étoffée avec la venue d’un médecin hospitalier, a fait valoir l’ARS Nouvelle-Aquitaine. « En dépit de cet engagement, 13 décès ont été recensés en lien possible avec la COVID-19 », selon son communiqué.

Royaume-Uni : augmentation du taux d’infection
Les autorités sanitaires britanniques ont reconnu mercredi que le taux d’infection n’était « pas sous contrôle » au Royaume-Uni, au moment où la deuxième vague de nouveau coronavirus poursuit son ascension.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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