Dossier 5 G (suite) – Applications médicales et son retentissement sur notre santé

Réseau 5G : quelles conséquences et bénéfices ?

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Une vision apocalyptique de la généralisation des antennes relais pour la 5G
Crédit : Pixundfertig / Pixabay – Licence : CC0

https://www.notre-planete.info/actualites/3087-5G-reseau-ondes-consequences-sante

Dans quelques mois, la cinquième génération (5G) des standards pour la téléphonie mobile doit compléter puis remplacer progressivement la 4G actuelle. En plus des enjeux éthiques que pose l’arrivée de la 5G, notamment sur la cybersécurité ou le stockage et la protection des données privées, les possibles enjeux sanitaires évoqués sont tout aussi inquiétants.

« Oser ; le progrès est à ce prix », disait Victor Hugo. Oui, mais lequel ?

La nouvelle ne réjouit pas tout le monde. La généralisation de la 5G à partir de 2020 dans l’Hexagone divise l’opinion publique. Les plus pessimistes y voient une catastrophe sanitaire sans précédent. Les optimistes y voient la condition sinequanone au progrès de l’humanité. Entre les deux, ceux qui hésitent entre scepticisme, curiosité et résignation.

La nouvelle technologie 5G est déjà disponible dans un certain nombre de pays : Corée du Sud, Japon, Espagne, Italie, Allemagne, Royaume-Uni, Suisse, Etats-Unis, Australie, Thaïlande, Dubaï, Taiwan, Pays-Bas, Irlande…
En France, elle fait encore l’objet de tests. Sur le site de l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) on peut trouver le carnet de bord des différentes phases d’expérimentation de la 5G dans les villes de Belfort, Bordeaux, Grenoble, Lannion, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Toulouse ou encore Paris.

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Une avancée technologique nécessaire selon les professionnels de la télécommunication qui promettent une révolution des systèmes de communication tels qu’on les connaît aujourd’hui.

La 5G : définition

Pour être simple, il s’agit de la cinquième génération de la technologie de communication sans fil, qui, selon l’opérateur de téléphonie mobile Orange, est « conçue pour répondre à la très grande croissance des données et à la connectivité de la société moderne. » Cette nouvelle technologie offre des capacités d’échanges et de stockage des données impressionnantes et des volumes d’appels pratiquement illimités. Pour cela, la 5G utilise une largeur de bande inexploitée de l’onde millimétrique (MMW), comprise entre 30 et 300 GHz, ainsi que certaines basses et moyennes fréquences.

Quand la 5G sera-t-elle déployée en France ?

Début 2020, l’Anses précisait qu' »En France, les premières offres 5G seront lancées fin 2020. Les fréquences déjà utilisées par les précédentes générations de téléphonie mobile (2G, 3G, 4G) seront exploitées, ainsi que deux nouvelles bandes de fréquences : dans un premier temps, la bande 3,5 GHz pour la couverture en téléphonie mobile 5G dans des zones géographiques étendues, puis les années suivantes, la bande 26 GHz pour la communication entre des objets connectés ou pour de la téléphonie mobile dans des périmètres restreints. »

Cependant, le 21 juin 2020, dans un article du JDD, les ministres Olivier Véran et Elisabeth Borne ont demandé au Premier ministre Édouard Philippe « d’attendre l’évaluation de l’Anses avant le déploiement de la 5G« , ce qui repousserait à la fin du premier trimestre 2021 les procédures en cours.

Une réponse encore insuffisante pour 4 associations (CNAFAL, France Nature Environnement, Agir pour l’Environnement et PRIARTEM) qui ont réclamé, le 26 juin, « l’annulation de la procédure d’attribution des fréquences 5G et non un moratoire, purement formel, sur l’installation d’antennes-relais qui n’interviendrait au plus tôt qu’au milieu du second semestre 2021. »

Le 15 septembre 2020, le président Macron coupait court à tout moratoire : « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G« , en contraction avec la Convention citoyenne et 70 élus de gauche et écologistes qui demandent un moratoire sur le déploiement de la 5G.
Cette déclaration intervient au moment où le gouvernement français publiait un rapport rassurant sur les conséquences pour la santé de la 5G : « Au vu du grand nombre d’études publiées depuis les années 1950, en France et dans le monde, sur les effets des radiofréquences sur la santé, il n’existe pas, selon le consensus des agences sanitaires nationales et internationales, d’effets néfastes avérés à court terme, c’est-à-dire d’effets thermiques délétères sur les tissus, en dessous des valeurs limites d’exposition recommandées par l’ICNIRP, ni dans le grand public, ni chez les travailleurs. Les éventuels effets de long terme, cancérogènes ou non, difficiles à mettre en évidence, sont à ce stade, pour l’essentiel, non avérés selon les mêmes agences nationales et internationales. »

Les différents usages de la 5G

Plus performante que la 3G et la 4G à bien des niveaux, la technologie de la 5G ouvre le champ des possibles à différents domaines d’application.

  • Plus de rapidité pour la navigation avec des débits de télécommunication mobile démultipliés. Une vitesse pouvant atteindre 100 gigabits de données par seconde, soit 100 fois plus rapides que la 4G actuelle. De quoi remplir une cinémathèque personnelle fournie en seulement quelques secondes sur internet, contre plusieurs heures aujourd’hui.
  • Le contrôle d’objets à distance est possible uniquement si le temps de latence, c’est-à-dire le temps de réactivité des antennes réseau, est considérablement réduits. Actuellement, le temps de latence est aux alentours de 35 millisecondes (ms) à une minute. La 5G permettra de réduire ce dernier à 1 ms. Condition obligatoire pour commander à distance drones ou voitures connectées.
  • La télémédecine attend beaucoup de la révolution 5G. Depuis quelques années déjà, des opérations chirurgicales « télé-monitorées » sont pilotées à des milliers de kilomètres, notamment dans des pays en voies de développement, où le personnel médical qualifié peut faire défaut. La technologie de la 5G devrait rendre plus performante la qualité d’image transmise et augmenter les chances de succès des opérations. L’amélioration des systèmes de santé passe aussi par une hyper-connexion, rendue possible grâce à la 5G. Une avancée innovante qui permettra une meilleure synchronisation et une communication amplifiée entre les hôpitaux, un meilleur suivi des dossiers médicaux des patients, pour ne citer que cela. 
  • De manière plus inattendue, le secteur minier espère beaucoup de la révolution 5G. Cette nouvelle technologie devrait permettre un renforcement significatif de la sécurité et de la productivité en réduisant les émissions de CO2. En Suède, la mine souterraine Boliden Kankberg fait office de pionner en la matière. Un réseau 5G y a été installé dans le cadre du projet SIMS (Sustainable Intelligent Mining Systems) financé par l’Union Européenne. Une des actions concrètes permises par le réseau 5G en souterrain est l’utilisation de drones pour explorer des tunnels sans risque pour l’homme. Les inspections des galeries après dynamitage et éboulements pourront être déléguées aux machines télécommandées à distance, quelques soit les perturbations du réseau en extérieur. Un gain de sécurité, de temps et donc de productivité.

A-t-on vraiment besoin de la 5G ?

Comme souvent, on oublie toujours la même et essentielle question dans le développement technologique et la fabrication d’objets : « en avons-nous vraiment besoin ? ». Autrement dit, est-ce une nécessité pour construire un monde meilleur ?
Aurélien Barrau, astrophysicien engagé dans la défense du vivant nous éclaire :https://www.youtube.com/embed/O4JEyqpJzak

La 5G pourrait perturber les prévisions météo

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Composants du système d’observation météo de la Terre
WMO – Licence : DR

Paradoxalement, la 5G pourrait affecter les observations météorologiques satellitaires et donc la qualité des prévisions météorologiques. En effet, l’accord conclu lors de la Conférence mondiale des radiocommunications qui s’est tenue à Charm el-Cheikh (Égypte) du 28 octobre au 22 novembre 2019, est loin de garantir que les applications 5G n’interfèreront pas avec les observations météorologiques à 24 GHz.
« Il est inquiétant et décourageant de voir l’histoire se répéter et la science perdre face à d’autres pressions de la société. En observant le coût que la société doit maintenant payer pour avoir ignoré les avertissements sur le réchauffement de la planète, on aurait pu espérer que la science atmosphérique aurait eu plus de poids. » s’indigne le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT ou ECMWF)qui espère que la pression de l’Organisation météorologique mondiale assurera une prise de conscience accrue de l’impact de l’interférence sur les bandes passives.

Dans tous les cas, « le déploiement de la 5G sur les réseaux mobile terrestres ne nécessitera pas d’augmenter le nombre de liens satellites, ni le nombre de satellites. » précise l’ARCEP.

La 5G sera-t-elle un gouffre énergétique ?

La 5G, en augmentant les débits démocratisera davantage l’accès au streaming, énergivore tout en augmentant les flux de données puisqu’il deviendra par exemple possible de profiter d’une meilleure qualité vidéo (4K…) sur les nouveaux smartphones maintenant compatibles.
Or, plus de données téléchargées c’est à priori plus d’énergie consommée. Cependant, l’équipementier suédois Ericsson assure, dans son rapport, que l’on pourra faire transiter 4 fois plus de données sans que la consommation d’énergie augmente.
Comment ? En ayant recours à de nouveaux équipements dits « intelligents », capables de se mettre en veille. Exemple : « dans les générations précédentes, les antennes, qui constituent le plus gros poste de consommation d’énergie du réseau mobile, restent allumées tout le temps, même s’il n’y a pas d’utilisateurs. La 5G utilise des antennes intelligentes qui scannent en permanence leur environnement. Et c’est seulement quand elles détectent un utilisateur qu’elles émettent un faisceau juste le temps de la communication, ensuite il est éteint« , explique le PDG d’Ericsson France.

Deux conséquences : moins d’énergie consommée pour fonctionner et probablement moins d’exposition aux ondes électromagnétiques si il n’y a pas d’émission continue mais uniquement à la demande.

Si La 5G est la première technologie mobile à avoir été conçue pour minimiser la consommation d’énergie, la fabrication et l’installation de ces nouveaux équipements ne sera pas neutre et le bilan énergétique du déploiement sera forcément négatif, mais peut-être moins qu’on pourrait le croire.

Les inquiétudes sur les dangers de la 5G pour la santé sont-elles fondées ?

Les principales inquiétudes sur la généralisation de la 5G viennent de la multiplication des antennes relais émettant des ondes électromagnétiques. L’augmentation du nombre des antennes s’explique par le fait que les ondes millimétriques traversent mal les constructions en dur. Elles sont facilement absorbées par, les constructions, la pluie et les végétaux, interférant ainsi avec le signal. De plus, ces ondes hautes fréquences ont des longueurs d’onde beaucoup plus courtes, ce qui limite leur propagation. Pour pallier ce problème, des antennes supplémentaires seront nécessaires ainsi que des stations de cellules plus petites pourraient être installées un peu partout dans notre environnement (lampadaires, poteaux de services publics, maisons…).

Une antenne 4G qui émet en 700 Mhz a une portée de 5 km de rayon, contre seulement 1 km pour une antenne 5G de 3,5 Ghz et 500 mètres pour une antenne 5G de 26 Ghz.

Face à cette prolifération d’antennes émettrices, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les effets à moyen-long terme du haut-débit sur la santé. 

On distingue deux familles de radiations : les radiations ionisantes vs les radiations non-ionisantes. Les premières modifient l’ADN en raison de leur longueur d’ondes (λ) comme les UV, les Rayons X ou Gamma (γ), provoquant des mutations à l’origine de cancer. Les radiations non-ionisantes comme les ondes électromagnétiques, n’entraînent pas de modifications de l’ADN mais possèdent un effet thermique certain dont on sous-estime probablement les effets à long terme. Elles peuvent endommager les tissus biologiques par chauffage.

5G, des avis controversés sur la santé

En France, c’est l’Agence Nationale des Fréquences et l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire qui est chargée d’enquêter sur les risques controversés de la 5G. En 2011, un groupe de travail « radiofréquences et santé » a été créé afin de mesurer l’impact sanitaire de l’exposition des populations. Le rapport de 2013 ne mettait pas en évidence « d’effets sanitaires avérés ». L’Anses affirme également que l’exposition globale est « faible au regard des valeurs limites d’expositions actuellement utilisées ».

Pourtant, le Centre de Recherche International contre le Cancer (CIRC), qui fait partie de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a classifié les radiofréquences de 30KHz – 300 GHz (Hertz) en carcinogènes possible pour l’Homme (Groupe 2b).

Annie Sasco, pointure en Santé Environnementale et farouche opposante au déploiement de la 5G, met en garde contre les risques sanitaires des antennes relais. Elle dénonçait déjà en 2012 dans un article de L’Express, que la conclusion d’absence de risques sanitaires pouvait être biaisé par des conflits d’intérêts. Médecin en Santé Publique de formation, Annie Sasco a travaillé à l’OMS durant la plus grande partie de sa carrière. Elle ajoutais en décembre 2018 sur TV5 Monde, le « risque accru de tumeur du cerveau », notamment pour les enfants, ainsi que les « dégâts » déjà observés sur les insectes et les arbres.

Electro-hypersensibilité (EHS)

L’exposition accrue à ces ondes inquiète. En septembre 2017, 171 scientifiques, issus de 37 pays ont réclamé un moratoire sur le déploiement de la 5G, en attendant que les risques potentiels sur la santé humaine et l’environnement aient faits l’objet d’études scientifiques indépendantes.

Les personnes électro-hypersensibles (EHS) sont des personnes intolérantes à l’exposition aux ondes électromagnétiques. Bien que leurs symptômes (brûlures, acouphènes, migraines, etc.) soient reconnus du corps médical et très invalidants au quotidien, beaucoup de scientifiques refusent d’attribuer ces manifestations biologiques aux ondes. Pourtant les témoignages de malades laissent perplexes quant au possible lien entre l’EHS et l’exposition aux ondes. Cette pathologie émergente semble bien trouver son origine dans notre environnement, mais ne concerne que très peu d’individus à ce jour.

Les personnes atteintes d’EHS dénoncent un manque d’intérêt pour cette pathologie. Face au nombre grandissant d’Electro-Hypersensibles, certaines personnes sont contraintes de vivre recluses, loin de toutes sources d’ondes électromagnétiques, dans ce qu’on appelle les « zones blanches » (zone du territoire non desservie par un réseau de téléphonie mobile ou internet).
Le témoignage d’Isabelle, ex-Pharmacienne, nous explique la gravité de ces symptômes et l’incompréhension de la Médecine du Travail face à son état. Cette ancienne Lyonnaise a trouvé refuge en Ardèche dans le village de Pailharès, faiblement couvert en téléphonie mobile.https://www.youtube.com/embed/wWGV2luddzE

Les radiations émises par la 5G seraient inoffensives pour la santé

Pour nos voisins américains, l’affaire est classée depuis le 08 Août dernier. L’état-major de la FCC (Federal Communications Commission, le gendarme américain des télécoms), avec le soutien de la Food and Drug Administration (FDA), a conclu que la 5G est tout aussi inoffensive que la 3G ou la 4G.

En France, l’Anses « a mis en évidence un manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels liés à l’exposition aux fréquences autour de 3,5 GHz. De ce fait, les experts évalueront la possibilité d’extrapoler les résultats des travaux d’expertise antérieurs de l’Agence sur les impacts sanitaires des diverses technologies de communications existantes (3G, 4G, Wi-Fi, …) qui utilisent des fréquences proches de la bande 3,5 GHz, de 0,8 à 2,45 GHz. Concernant les fréquences plus élevées, entre 20 et 60 GHz, les données disponibles dans la littérature sont plus nombreuses, les travaux d’expertise s’attacheront donc à les analyser pour évaluer les impacts sanitaires éventuels liés aux expositions dans la bande 26 GHz. » dans un communiqué de fin janvier 2020.

Le 11 mars 2020, la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants a estimé que les radiations émises par la 5G étaient inoffensives pour la santé : « Nous avons pris en compte tous les types d’effets, par exemple si les ondes radio engendraient le développement d’un cancer sur le corps humain« , a déclaré le Docteur Eric van Rongen, président de l’ICNIRP, à la BBC. « Il n’y a pas suffisamment de preuve scientifique pour conclure qu’il y a un tel effet« , a-t-il conclu.

La Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP), est un organisme reconnu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). C’est notamment elle qui a fixé la limite à 2 W/kg pour les ondes émises par les smartphones (DAS).

Toutefois, la Commission a durci ses lignes directrices sur les rayonnements non ionisants, établies en 1998 et utilisées par de nombreux pays pour établir leurs restrictions en matière de champs électromagnétiques. Ces nouvelles lignes concernant la 5G mais aussi les ondes radio, le Wifi, le Bluetooth et les réseaux 3G et 4G.
Ainsi, il est ajouté une limite d’exposition pour l’ensemble du corps et pour une exposition brèves (moins de 6 minutes), ainsi qu’une réduction de l’exposition maximale pour une petite région du corps. « La chose la plus importante à retenir pour les personnes est que les technologies 5G ne seront pas en mesure de nuire lorsque ces nouvelles directives seront respectées », rassure Eric van Rongen dans un communiqué de l’ICNIRP.

Si outre-Atlantique le débat est clos (du moins en apparence), le sujet risque de faire couler encore beaucoup d’encre en Europe et dans l’Hexagone. Impossible pour le moment de se prononcer formellement sur la dangerosité potentielle de la 5G sur la santé. Un recul de dix ans minimum paraît indispensable pour y voir plus claire sur la question.

Dans tous les cas, la 5G ne sera pas une fin en soi puisque la 6G est déjà en cours de développement.
Mi-juillet 2020, Samsung promettait la 6G pour 2028. Au programme : des débits jusqu’à 1 téraoctet par seconde avec une latence de moins de 100 microsecondes. Encore mieux que la fibre pour les particuliers.

Opinion | La 5G, nouveau pilier pour le futur du secteur médical

La 5G représente une nouvelle étape majeure dont va pouvoir profiter pleinement le secteur de la médecine. Les performances de cette nouvelle technologie faciliteront l’émergence de nouveaux développements et processus. Il faudra néanmoins porter une attention toute particulière à la sécurité pour conforter les usages et faciliter une adoption par le marché. (Par Yann Fralo, manager chez A10 Networks)

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-la-5g-nouveau-pilier-pour-le-futur-du-secteur-medical-1168567

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La 5G au service d’une médecine de proximité à distance

 Par Fabien Gautier  |  07/05/2020, 8:44 | 891 mots

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/la-5g-au-service-d-une-medecine-de-proximite-a-distance-847108.html


(Crédits : Rafael Marchante)

OPINION. L’association entre 5G, Chine et coronavirus est pertinente, mais pas dans le sens où l’entendent les complotistes. Par Fabien Gautier, Directeur marketing et Directeur du business développement chez Equinix pour la France, l’Espagne et le Portugal

Quand on associe santé publique et 5G, le premier sujet qui apparait est une fake news : la 5G aurait favorisé la propagation du coronavirus. La raison invoquée : la Chine, pionnière de cette nouvelle génération de transmission de données mobiles serait, comme par hasard, le pays où est apparu le virus. Wuhan était, en effet, l’une des nombreuses villes chinoises ayant déployé la 5G l’année dernière. Au même titre que Pékin, Shanghai, Guangzhou et Hangzhou.

La 5G a certainement permis de mieux endiguer la pandémie

L’association entre 5G, Chine et coronavirus est pertinente, mais pas dans le sens où l’entendent les complotistes. Au contraire, au-delà des justes questionnements sur l’utilisation des données, les pays où la lutte contre le virus semble avoir été la plus efficace sont les pays où la 5G a été déployée. La Corée du Sud, pays le plus en avance et le plus couvert par la 5G (lancée en avril 2019) a obtenu de remarquables résultats en combinant campagne de tests de dépistage massive et analyse des données personnelles des habitants, notamment de géolocalisation. Bien sûr, en Asie, le collectif prime sur l’individualisme, le civisme est une qualité plus répandue qu’en Europe et l’autoritarisme de certains états permet d’imposer plus facilement des mesures liberticides. Il n’empêche, sans l’appui de la 5G, parés de ces qualités et de ces défauts, nous n’aurions pas été en mesure d’utiliser aussi efficacement des réponses technologiques telles « Trace Together » comme à Singapour où la 5G est déployée depuis la fin de l’année 2019.

C’est d’ailleurs la conclusion d’un livre blanc publié par Deloitte et Huawei en mars dernier. Intitulé « Combattre le COVID-19 avec la 5G : Opportunités pour améliorer les systèmes de santé publique », il met en avant les principales caractéristiques de la 5G, tels la connexion haut débit, de grands réseaux de points de connexion, une faible latence et une large bande passante de données. Couplée avec les technologies du Big Data et de l’IA, elle permet d’améliorer les efforts de prévention d’une pandémie.

Les qualités de la 5G au service de la médecine à distance

La 5G permet également une meilleure surveillance et des diagnostics à distance continus pendant les transferts de patients, par exemple, en prenant en charge l’imagerie thermique pour le contrôle de la contagion. Le côté spectaculaire de la construction d’un hôpital en 10 jours à Wuhan, en Chine, a fait grand bruit mais le fait qu’il soit connecté au réseau 5G a été quasi occulté par les media. Dès le 26 janvier, une téléconsultation vidéo était pourtant effectuée avec le centre de santé publique de Chendgu et le West center Hospital de Sichuan. Et un peu plus tard entre les 27 autres hôpitaux de la région, accueillant des patients contaminés. Capable de transmettre très rapidement des données « volumineuses » et très hétérogènes en termes de format, la 5G se prête effectivement bien à des activités de télémédecine, comme la transmission d’IRM, par exemple. Et la qualité d’image lors d’une téléconsultation est nette et précise, ce qui rassure les patients.closevolume_off

En France, durant la semaine du 23 au 29 mars, ce sont près de 490 000 téléconsultations qui ont été dispensées, contre 10 000 au cours d’une semaine ordinaire. Dans le même temps, le gouvernement faisait pression sur Disney pour retarder le lancement de son service de vidéo en ligne, craignant la saturation des réseaux.

La 5G est intimement liée à l’IoT (Internet of Thing), le réseau des objets connectés, comme par exemple le bouton équipant les personnes âgées et capable d’enclencher un appel d’urgence en cas de chute ou de malaise. Avec des transmissions plus rapides et à plus large bande passante, ce service pourrait être amélioré. Sans parler des opérations chirurgicales à distance qui pourraient pallier le manque de praticiens dans certains territoires. Des systèmes de santé ayant accès à la connectivité 5G bénéficieront de temps de réponse améliorés, ils permettront une meilleure surveillance des patients, une meilleure allocation de leurs ressources. La 5G sera prépondérante dans la prévention des pandémies, les consultations à distance et la gestion de centre de commandement en cas de catastrophes. La 5G permettrait bien une médecine de proximité à distance.

La 5G contre les déserts médicaux

Avec le coronavirus qui touche tout le monde mais a cependant démontré les inégalités frappant la société hexagonale, la France périphérique confrontée aux déserts médicaux pourrait bien demander des comptes. En permettant de penser la délocalisation, la 5G pourrait être une (petite) partie de la solution à deux conditions : que la 5G soit déployée sans zone blanche, contrairement aux générations précédentes, et qu’une réflexion encore plus poussée sur la protection des données personnelles de santé soit menée. Une façon de réagir aussi vite et efficacement que certains pays asiatiques, sans renier nos valeurs démocratiques et notre attachement aux libertés.

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Avis d’expert] 5G : élément fondamental pour la médecine du futur

MATÉRIELS MÉDICAUX ,  SANTÉ ,  E-SANTÉ ,  5G

PUBLIÉ LE 31/08/2019 À 17H45

TRIBUNE Le nouveau standard de la téléphonie mobile 5G représente un saut quantique dans le domaine de la médecine, déclare Yann Fralo, Country manager A10 Networks France. Et c’est notamment grâce aux faibles latences que ce nouveau standard rendra possible de nouveaux développements et processus. Pour ne pas les compromettre, la mise en place de mesures de sécurité élevées sera bien évidemment indispensable. 

[Avis d'expert] 5G : élément fondamental pour la médecine du futur
Yann Fralo, Country Manager A10 Networks France.

https://www.usinenouvelle.com/article/avis-d-expert-5g-element-fondamental-pour-la-medecine-du-futur.N878250

SUR LE MÊME SUJET

Moins de latence et des taux de transfert rapides. Des mots clés qui retentissent dans notre esprit lorsque nous sommes amenés à parler de la 5G. Mais derrière cette technologie se cache davantage de bénéfices que ce que nous pourrions penser. En effet, elle aura une influence fondamentale sur une multitude de domaines et notamment sur le secteur médical. Les médecins et les spécialistes du secteur de la santé doivent dorénavant s’intéresser à ce standard de téléphonie mobile pour connaître les avantages et les risques qui accompagnent cette nouvelle révolution.

La transmission en temps réel partout dans le monde

Contrairement aux systèmes de transmission de données connus jusqu’à présent, la 5G est considérée à juste titre comme une technologie révolutionnaire. Dans la plupart des systèmes, il s’agit actuellement des dernières étapes intermédiaires de la transmission qui sont à l’origine des délais et du débit de transmission insuffisant. Le fait qu’il y ait, en partie, une grande latence et ce, même dans les régions équipées de réseaux à fibre optique, souligne cette circonstance. En parallèle, le déploiement à grande échelle des réseaux à fibre optique sur le territoire n’a pas réellement apporté une accélération significative de la connexion Internet auprès des consommateurs… Mais si les immeubles sont équipés d’une technologie de communication datant encore de l’époque du Modem RNIS, même la technologie la plus avancée ne peut rien y améliorer.

C’est précisément ce problème qui est résolu par la 5G. A l’avenir, des pylônes émetteurs adaptés offriront à la plupart de la population un taux de transmission élevé, leur permettant ainsi de communiquer en temps réel. Un concept particulièrement intéressant, qui présente des avantages qui ne se limitent pas uniquement au consommateur final. L’industrie et la recherche scientifique peuvent également tirer pleinement partie de cette nouvelle technologie : avec la transmission sans fil, il sera possible d’interconnecter, par exemple, des usines entières dans un seul et unique réseau 5G. L’objectif ? Une augmentation significative de la productivité lorsqu’il s’agit des installations connectées en réseau.

Atouts de la transmission en temps réel pour les applications médicales 

Un autre impact de la 5G sera l’application du nouveau standard de téléphonie mobile dans le domaine de la médecine. Il existe d’ores et déjà quelques applications en télémédecine qui ont permis de faciliter l’accès aux soins pour un grand nombre de Français. Il est, par exemple, possible d’effectuer une première consultation en ligne et d’obtenir des médicaments sur ordonnance. Les possibilités de la télémédecine sont cependant limitées car certaines situations complexes nécessitent une transmission en temps réel qui, à l’heure actuelle, ne peut pas encore être assurée par le standard technologique en place.

Lors d’interventions et opérations très complexes, il est déjà possible de faire appel à des experts n’étant pas localisés au même endroit que le médecin traitant. L’intervention en question peut être retransmise en direct et le spécialiste connecté en ligne pourra prodiguer de précieux conseils au médecin. Au vu de la nécessité de précision lors de certaines interventions, le potentiel optimal n’a pas encore été atteint jusqu’à présent. Et pour cause : la latence du réseau était trop importante. Il est certes possible d’envoyer au spécialiste des images figées de l’intervention mais des secondes précieuses s’écouleront entre le traitement et le renvoi à l’opérateur ; des secondes précieuses pendant lesquelles des complications peuvent survenir. La transmission en temps réel assurée par la 5G résout ce problème : un spécialiste connecté en direct depuis Sydney peut accompagner son collègue à Helsinki pendant une opération du poumon en lui donnant des instructions précises et en l’aidant ainsi à adopter les meilleurs gestes pour le patient.

Ce type d’opérations est théoriquement déjà possible aujourd’hui. Certaines applications médicales comme par exemple des instruments médicaux fixés sur un robot ou des salles opératoires entièrement automatisées, nous semblent encore aujourd’hui dignes d’un scénario de science-fiction. Et pourtant, la 5G pourrait accélérer ce type de projets. Les régions et territoires ne bénéficiant pas d’infrastructures suffisantes pourraient profiter de la combinaison du réseau 5G avec une salle opératoire automatisée, évitant ainsi la présence obligatoire d’un spécialiste sur place. Une réelle alternative à prendre à bout de bras, afin de maximiser l’accès aux soins pour tous et sauver des vies.

La sécurité, une priorité pour les applications médicales

Comme pour presque toutes les innovations technologiques, la sécurité joue un rôle essentiel dans le déploiement du réseau 5G. Le standard de la téléphonie mobile offre une panoplie de possibilités pour la population mais ouvre également une nouvelle fenêtre de tir pour les cybercriminels. A l’avenir, il y aura surtout plus d’attaques par déni de service distribuées (DDoS) qui chercheront à faire tomber les systèmes et les serveurs en exploitant les performances de la 5G pour les inonder avec du trafic.

Lorsque ces attaques sont menées contre des entreprises industrielles, elles peuvent causer des arrêts de production. Cependant, lorsqu’elles touchent au secteur médical, des vies peuvent être mises en péril. Il est donc d’autant plus important que les opérateurs de téléphonie mobile ne perdent pas de vue l’implémentation de mesures de sécurité renforcées lors du déploiement du réseau 5G dans ce secteur. En plus des mesures avancées pour la protection contre les attaques par déni de service distribuées, des mises à niveau des pare-feux et des mesures de protection du réseau respectif sont nécessaires.

Réel progrès technologique, la 5G est bel et bien un atout clé pour notre avenir. Ce sera plus particulièrement vrai pour le secteur médical. Les salles opératoires hypermodernes permettant une communication globale en temps réel ne représenteront que la partie émergée de l’iceberg d’une évolution de bien plus grande ampleur. Il est donc indispensable de penser dès aujourd’hui aux mesures de sécurité supplémentaires que nous devons appliquer afin de protéger l’interconnexion, de plus en plus avancée contre les accès indésirables.

Yann Fralo, Country Manager A10 Networks France

Les avis d’expert sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction de L’Usine Nouvelle.

La 5G : une (r)évolution pour l’hôpital de demain ?

04 mars 2019 Pierre- Etienne Chazal ,  Consulting 

https://www.orange-business.com/fr/blogs/5g-revolution-pour-lhopital-demain

   Les innovations techniques et numériques modifient en profondeur la communication et la circulation de l’information, et ce dans tous les secteurs d’activité. La Santé, et plus particulièrement l’hôpital, n’échappe pas à cette mutation digitale.

Pour les hôpitaux, les bénéfices attendus de la transformation digitale sont multiples : démocratisation de la télémédecine, renforcement de l’expertise technique médicale, fluidification des parcours patients et de l’information, meilleure gestion des données médicales et des ressources matérielles… tout en contribuant à des économies de coûts de fonctionnement. Au cœur de cette transformation, l’infrastructure de connectivité des hôpitaux prend une place de plus en plus importante pour gérer les nouveaux usages et les flux de données toujours plus conséquents.

Aujourd’hui, la 5G, cinquième génération du réseau mobile, est sur toutes les lèvres. Les investissements et partenariats se multiplient autour du futur standard, notamment conçu pour supporter cet accroissement de données. L’Asie et les Etats-Unis sont en tête de la course : la Corée du Sud a été le premier pays à déployer un réseau pré-5G durant les Jeux Olympiques d’Hiver 2018 à PyeongChang. Des orientations stratégiques différentes semblent cependant se dessiner entre les trois continents pour le déploiement de la 5G. L’Europe privilégie un déploiement par ses secteurs d’activité économique (automobile, santé…), avec un investissement global estimé entre 300 et 500 milliards d’euros (Deutsche Telekom).

La 5G promet un débit 10 fois supérieur à la 4G, pour une latence et une consommation énergétique 10 fois moindres

D’un point de vue technique, la 5G promet un débit utilisateur 10 à 20 fois supérieur à celui de la 4G+, allant jusqu’à 20 Gbit/s (NGMN Alliance). Le nombre maximum de connexions sera multiplié par 10 et la latence divisée par 10, avec une cible entre 1 et 10 ms, contre 10 à 40 ms aujourd’hui. Enfin, la 5G se voudra 10 fois moins énergivore, permettant une autonomie de plusieurs jours, voire plusieurs années pour les appareils les plus économes (ARCEP).

Mais en quoi ces évolutions techniques répondent-elles aux attentes des hôpitaux ?

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Grâce à son débit accru et sa latence réduite, la 5G va contribuer à la démocratisation de la télémédecine. La fiabilisation de l’échange de contenu haute-définition (vidéo, image et son HD) profitera à la téléconsultation, permettant de désengorger les hôpitaux en limitant au maximum les consultations ou passages aux urgences évitables. Pour les médecins, l’échange de contenu HD facilitera la télé-expertise, promouvant un accès sécurisé et de qualité à l’expertise médicale, et la tenue de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) entre établissements distants, ou avec des praticiens en mobilité. Au bloc opératoire, le débit et la latence de la 5G contribueront au développement de la télé-chirurgie, mais aussi de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée, qui faciliteront la formation, mais aussi la préparation et la réalisation des opérations sensibles. Enfin, le caractère peu énergivore et l’accroissement du nombre d’objets connectés simultanément participeront à la généralisation du télésuivi des patients, depuis leur chambre d’hôpital ou leur domicile. L’analyse en temps réel des données patients, via une IA basée dans le cloud, bénéficiera aussi pleinement des performances attendues de la 5G.

Au-delà du débit et de la latence, la 5G apportera surtout plus de modularité dans la gestion du réseau de communication, avec la mise en œuvre de réseaux virtuels spécialisés (« network slicing »). Cette virtualisation sera permise par les technologies de programmation des réseaux (Network Function Virtualisation (NFV) et Software Defined Networking (SDN)). Elle permettra un découpage du réseau en « tranches », qui partageront la même infrastructure physique ou cloud, mais pourront être associées à des niveaux de priorité, de fiabilité et de sécurité différents, selon les usages ciblés.

Il sera possible d’imaginer :

  • un 1er réseau de très haute disponibilité pour les usages prioritaires, comme en blocs opératoires, en unités de réanimation, ou aux urgences
  • un 2ème réseau pour l’accès sécurisé des praticiens au système d’information hospitalier, notamment en mobilité
  • un 3ème réseau pour la remontée de données du matériel biomédical et d’objets connectés pour le suivi des constantes des patients
  • un 4ème réseau pour les services de confort et de divertissement des patients.

La virtualisation permettra aussi de créer une tranche de réseau dédiée à l’exploitation croisée des données médicales entre les différents acteurs de l’écosystème, sans dégrader les objectifs de sécurité au sein de l’hôpital.

En termes de flexibilité, l’isolation entre ces réseaux permettra de proposer de nouveaux modes de supervision aux hôpitaux, ouvrant certaines opérations de supervision aux responsables techniques de l’hôpital ou même à l’entité médicale opérationnelle.

Alors, la 5G est-elle LA clé ou UNE clé pour permettre les usages de demain à l’hôpital ?

La 5G se positionne en catalyseur : elle démocratisera les usages encore limités par le réseau actuel, comme la télémédecine, et participera au développement de nouveaux usages.

Pour autant, la 5G ne saura répondre seule à tous les enjeux de connectivité (afflux, mobilité, sécurité) de l’hôpital, qui devra s’appuyer sur une architecture réseau intégrant aussi bien la 5G, que des évolutions de technologies existantes, comme la fibre et le wifi. Par exemple, la 5G n’aura pas vocation à remplacer une fibre optique existante pour la remontée massive de données, que ce soit entre sites distants (entre hôpitaux des GHT) ou pour les systèmes d’imagerie temps réel au bloc opératoire. L’intégration de la 5G avec les technologies existantes, et encore pertinentes à moyen terme, est donc un enjeu majeur pour l’hôpital.

Cette réflexion doit aussi inclure les aspects de cybersécurité, relatifs aux données personnelles de Santé. A ce titre, la blockchain, ou le watermarking, », un tatouage numérique permettant d’ajouter des informations de copyright ou de vérification, seront pertinents pour de nombreux usages (contrôle de l’accès et des usages de la donnée de Santé, traçabilité des processus médicaux, contrôle de l’intégrité de la donnée médicale…).

Enfin, il est important de rappeler que la 4G peine encore à couvrir l’ensemble du territoire. L’utilisation de la 5G comme accès fixe pour les hôpitaux, c’est-à-dire un accès très haut débit via le réseau radio, et non via des lignes de cuivre ou de la fibre, permettrait de répondre à cet enjeu.

Il est donc important de réfléchir dès aujourd’hui à l’intégration de la 5G aux nouvelles architectures réseau des GHT afin de favoriser la couverture rapide des hôpitaux.

Article écrit en collaboration avec Camille Imbert (Orange Consulting) et Nicolas Bihannic (Orange expert sur les réseaux du futur d’Orange Labs).

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300x300Photo Pierre Chazal

Pierre- Etienne Chazal 

Technophile avéré, ma passion pour l’innovation et le numérique m’a amené à rejoindre l’équipe Orange Consulting sur des sujets d’innovation liés à la e-santé. Formé par les sciences du vivant, le marketing puis le digital, mes missions me permettent d’aborder des problématiques de stratégie et d’organisation passionnantes pour des clients du secteur privé, tout en satisfaisant ma passion pour les sujets digitaux innovants, comme l’IA ou l’IoT, et leurs apport dans le domaine de la Santé.

La 5G au service du secteur de la santé de demain

Note — Juillet 2020

Table des matières

Contributeurs 2

A propos de l’Institut Sapiens 3

Introduction 4

Partie I – Un accès aux soins renforcé 7

1. La technologie permet de s’affranchir des limites géographiques : exemples de la télé-chirurgie et de la chirurgie assistée par réalité augmentée 8

2. Les territoires seront irrigués de manière homogène
en services médicaux : l’exemple de la télémédecine 10

3. La connaissance scientifique sera améliorée et n’aura
plus de frontières 14

Partie II – Un suivi des patients amélioré 16

1. L’amélioration de l’efficacité médicale grâce à un
meilleur suivi des patients 16

2. L’Internet des objets, une chance pour les patients 18

3. La mise en place d’un carnet de santé numérique
en temps réel 21

Partie III – Une médecine personnalisée, préventive, prédictive et participative 23

1. La possibilité de développer une médecine des 4P 23

2. Une médecine à la carte grâce au Big Data 25

3. Une personnalisation qui améliore et rationalise
la pratique de la médecine 27

Conclusion 29 Propositions de l’Institut Sapiens 33

Des chirurgiens mènent une opération à 15 km de distance grâce à la 5G

Crédits : iStock

par Brice Louvet, rédacteur sciences15 juillet 2020, 11 h 47 min

https://sciencepost.fr/chirurgien-operation-distance-5g/

Une équipe de médecins italiens a démontré qu’il était possible de mener à bien une chirurgie invasive sur un patient à 15 kilomètres de distance grâce au réseau 5G. Le rapport de cas a été publié ce lundi dans la revue Annals of Internal Medicine.

La téléchirurgie n’est pas nouvelle. La première opération a été achevée il y a près de vingt ans, le 7 septembre 2001. À l’époque, une patiente de 78 ans, hospitalisée à Strasbourg, avait subi avec succès l’ablation de sa vésicule biliaire. L’équipe chirurgicale, elle, se trouvait à 7 000 kilomètres de distance, à New York.

L’intervention avait ainsi été réalisée sur place par un robot chirurgical commandé à distance par le professeur Jacques Marescaux et son équipe. Les deux sites avaient été reliés par une fibre optique dédiée à très haut débit. Ce dispositif avait alors permis de véhiculer toutes les informations requises en moins de 200 millisecondes.

Cette première réussite de la téléchirurgie a permis d’envisager des applications prometteuses. On imaginait alors ce type d’approche dans des zones où les compétences chirurgicales seraient réduites. Ou encore dans le cadre de certaines opérations très complexes.

Plusieurs de ces opérations ont évidemment eu lieu depuis. Néanmoins, les efforts dans ce domaine ont longtemps stagné en raison des progrès assez lents opérés au niveau des réseaux de communication. L’émergence de la 5G pourrait néanmoins donner un nouvel élan à ce type de pratique.

La 5G au service de la téléchirurgie

Dans le cadre d’une récente étude, des chirurgiens italiens ont testé l’approche, s’appuyant sur l’un de ces réseaux pour mener une opération des cordes vocales à 15 km de distance.

Deux assistants locaux ont dans un premier temps préparé un cadavre pour la chirurgie. Ils ont également défini les paramètres des outils à distance qui devaient être utilisés. Le “patient” finalement préparé, des chirurgiens se sont ensuite relayés pour opérer ses cordes vocales à l’aide de pinces et de lasers télécommandés.

Pour ce faire, les médecins disposaient de lunettes de réalité virtuelle ainsi que d’une tablette et d’un appareil de rétroaction haptique pour le contrôle des appareils robotiques à distance.

5g opération
Grâce à la vitesse des réseaux 5G, des médecins ont mené une opération à 15 km de distance. Crédits : Annals of Internal Medicine

Une expérience immersive

Malgré la distance, Leonardo Mattos, chef du laboratoire de robotique biomédicale de l’Institut italien de technologie, a évoqué un véritable sentiment d’immersion.

« Les chirurgiens avaient l’impression d’être directement dans la salle, explique-t-il. Ils ont également ressenti moins de stress pendant les actions délicates car les dispositifs robotiques offrent une grande stabilité et des mouvements fluides. Ce qui leur permet d’être plus précis et confiants pendant l’opération ».

Dans l’ensemble, l’opération s’est bien déroulée. Selon l’étude, les chirurgiens n’ont connu au maximum que 280 millisecondes de décalage entre les commandes et les actions du robot. Bien qu’elle ne se soit concentrée que sur les cordes vocales, Leonardo Mattos souligne qu’il y a peu de limites aux types de chirurgie pour lesquels cette approche pourrait être utilisée.

« La technologie peut être utilisée pour d’autres types de chirurgie au laser, mais aussi être adaptée à d’autres types de chirurgie robotique, explique-t-il. Fondamentalement, nous pourrions affirmer en toute confiance que si une intervention chirurgicale peut être effectuée de manière robotique aujourd’hui, elle peut également être effectuée en téléchirurgie ».

Cette étude présente ici une preuve de concept (d’où le cadavre). Mais il va encore falloir patienter plusieurs années avant que ce type de chirurgie ne soit démocratisée. Techniquement, les quelques défis encore à surmonter peuvent l’être assez rapidement, explique le chercheur. En revanche, les répercussions juridiques et éthiques de telles approches pourraient être un problème plus durable.

5G ET SANTÉ: QUELS SONT LES DANGERS?

Dernière mise à jour 18/09/19 | Vidéo

Les nouvelles antennes de téléphonie et leurs ondes puissantes inquiètent. Le principal problème avec la 5G: la multiplication des objets connectés, qui émettent à proximité de notre corps et de notre cerveau.

https://www.planetesante.ch/Magazine/Actualites-et-recherche/Technologie/5G-et-sante-quels-sont-les-dangers

Les antennes 5G suscitent plus que jamais le débat en Suisse. Ces ondes électromagnétiques ne sont pourtant, pour l’heure, pas très différentes de celles de la 3G, 4G, du Bluetooth ou du Wi-Fi. Leur fréquence est basse et donc non-ionisante. Cela signifie qu’elles ne modifient pas certaines molécules du corps humain, comme peuvent le faire les UV par exemple. Mais ces nouvelles antennes vont offrir une connexion ciblée à nos objets du quotidien. Les «objets connectés» vont donc sans doute se multiplier et émettre de plus en plus, à l’intérieur de nos logements.

Des effets sur le cerveau

La 5G, tout comme la 4G et la 3G, sont des ondes dites «centimétriques» (car leur longueur se mesure en centimètres). A forte dose, les scientifiques ont montré qu’elles sont capables d’interagir avec le monde vivant. Un téléphone qui émet fortement près du cerveau humain peut perturber les ondes cérébrales et avoir, notamment, un effet néfaste sur la mémoire. A long terme, ces ondes peuvent aussi chauffer certains organes, avec des conséquences encore inconnues. Ces dangers ne sont pas aigus, ni immédiats. Mais si la 5G inquiète autant, c’est qu’elle vient s’ajouter à toutes les ondes déjà présentes dans notre environnement et augmente ainsi l’incertitude dans ce brouillard électromagnétique. Une chose est cependant certaine: le développement de la 5G va entraîner dans son sillage une multiplication des objets connectés. Or, un grand flou subsiste autour de ces outils du quotidien, comme les enceintes audios par exemple, qui émettent beaucoup de rayonnement à proximité du corps humain. Selon différentes études scientifiques, ces ondes seraient les plus susceptibles d’interagir avec nos propres ondes cérébrales.

Principe de précaution

Face à toutes ces inconnues, la Fédération des médecins suisses (FMH) s’est par exemple positionnée de façon claire. «Lorsqu’un nouveau médicament est créé, il est d’abord testé avant d’être mis sur le marché, relève Michel Matter, vice-président de la FMH. Dans le cas de la 5G, c’est pareil, il faut d’abord se poser les bonnes questions.» Pour l’institution, c’est donc le principe de précaution qui prévaut. Face à l’augmentation annoncée des objets connectés, «les risques ne devraient pas être balayés à la va-vite».

Une émission 36.9 – RTS La Première

La 5G est-elle dangereuse pour votre santé ?

VIDÉO 

Le déploiement d’un réseau 5G national devrait débuter dès 2020. Des militants et scientifiques s’y opposent pour des raisons sanitaires. Que disent les études sur le sujet ?

Par Arthur Carpentier Publié le 08 août 2019 à 18h06 – Mis à jour le 17 septembre 2020 à 10h53

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/video/2019/08/08/technologie-5g-des-risques-pour-la-sante_5497772_4355770.html

« Une catastrophe sanitaire en devenir. » C’est ainsi qu’on peut trouver la 5G présentée par certains opposants. En cours d’expérimentation dans différentes villes françaises, la technologie 5G – pour « cinquième génération » – devrait supplanter la 4G dans les années à venir. Avec un débit des dizaines de fois plus élevé, une stabilité accrue et une latence réduite, elle doit ouvrir un large champ d’applications. De l’« Internet des objets » connectés (IoT) à la chirurgie à distance, ce nouveau réseau se veut révolutionnaire.

À mesure que l’on s’approche de son déploiement, des voix de plus en plus nombreuses de scientifiques et de militants se font entendre. Comme la 4G avant elle et les ondes téléphoniques en général, la 5G comporterait des risques pour la santé. Que disent les études sur le sujet ?

Sources et liens utiles :

  • Rapport de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) consacré au rapport Bio Initiative : https://bit.ly/2H6yKwn
  • Communiqué de presse du Centre international pour la recherche sur le cancer (CIRC) suite à la classification des ondes électromagnétiques des téléphones portables comme « peut-être cancérogènes » : https://bit.ly/2Yz4LYD
  • Présentation de l’état actuel de la connaissance scientifique des ondes téléphoniques par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP), organisme reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et chargé de proposer un cadre réglementaire aux émissions d’ondes électromagnétiques : https://bit.ly/2Yz545J
  • Science-Based Medecine – Cell phones and cancer : random chance in clinical trials https://bit.ly/2McUuuy
  • « Distinguer la polémique du commentaire scientifique : quelques lignes de conduite illustrées par le cas de Sage et Burgio (2017) », Grimes, D. R. and Bishop, D. V. (2018), Child Dev, 89: 141-147. doi:10.1111/cedv.1301 : https://bit.ly/2ThVC0K

Arthur Carpentier

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

3 commentaires sur « Dossier 5 G (suite) – Applications médicales et son retentissement sur notre santé »

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