Covid : les hospitalisations pour crise cardiaque ont chuté pendant le confinement
Selon une étude française, les admissions à l’hôpital pour crise cardiaque ont chuté de 30 % pendant les quatre premières semaines du confinement. La baisse du stress et de la pollution y aurait grandement contribué.

Par Les EchosPublié le 22 sept. 2020 à 15:18
Le confinement a eu des effets bénéfiques pour la nature , mais pourrait également avoir eu des effets sur la santé. Selon une étude française, les admissions à l’hôpital pour crise cardiaque ont chuté de 30 % pendant les quatre premières semaines du confinement.
Les 21 hôpitaux examinés pour cette recherche ont admis 481 patients dans les 48 heures suivant un infarctus du myocarde entre le 16 mars et le 12 avril, contre 686 au cours des quatre semaines précédentes, conclut l’article, publié la semaine dernière dans la revue britannique « The Lancet Public Health ».
La baisse des admissions a été soudaine à partir du confinement, entré en vigueur le 17 mars, et non progressive, et le nombre d’admissions est ensuite resté globalement stable au cours des quatre semaines étudiées, sans « phénomène de rattrapage », observent les auteurs de l’étude. Cette diminution a été observée partout sur le territoire, dans les régions fortement touchées par le Covid-19 comme dans celles qui l’ont moins été, soulignent-ils.
Baisse des facteurs déclenchant
D’autres études menées notamment aux Etats-Unis, en Italie et en Espagne font aussi état de réductions allant de 20 % à plus de 50 % des hospitalisations pour crise cardiaque, entre cette même période de mars-avril 2020 et la période précédant la crise sanitaire, ajoutent-ils.
« L’explication la plus probable » est que « les patients confrontés à une douleur persistante dans la poitrine ou à des symptômes évocateurs de l’infarctus du myocarde ont été réticents à appeler les services d’urgence […] par peur d’être amenés dans des hôpitaux recevant aussi des patients atteints de Covid-19 ou par peur d’ajouter au travail » des soignants surchargés, analysent les auteurs. « Ces inquiétudes ont pu être amplifiées par le message invitant les gens à rester chez eux », ajoutent-ils.
Pollution : un confinement tous les ans pour atteindre les objectifs climatiques
Toutefois, ils estiment que la baisse des hospitalisations « pourrait aussi refléter une vraie réduction du nombre d’infarctus du myocarde possiblement liée à la réduction de facteurs déclenchant » connus comme la pollution de l’air , l’activité physique et le stress professionnel.
« Les autorités sanitaires devraient être pleinement conscientes des risques liés au non-recours aux services de santé par les patients […] et diffuser les messages de santé publique adéquats en cas de poursuite de la pandémie de Covid-19 ou si une deuxième vague ou une épidémie comparable se produit dans le futur », concluent-ils.
Source AFP