Tarn : le nouveau repreneur de FCT supprime 43 emplois sur 126
Les salariés de l’entreprise tarnaise sont enfin fixés sur leur sort. DDM – DDM- MARIE PIERRE VOLLE
Entreprise, Social, Economie, AveyronPublié le 11/09/2020 à 10:22 , mis à jour à 17:52
l’essentiel
Depuis le 7 juillet, l’entreprise de Saint-Juéry, Flow control technologies (FCT) est passée sous pavillon chinois. China Automation Group a racheté l’entreprise, placée depuis octobre 2019, en redressement judiciaire. Il ne garde que 75 employés sur 126.
Après des mois d’incertitude, la cession de l’entreprise saint-juérienne Flow control technologies (FCT) a été arrêtée par le Tribunal de commerce de Paris. Elle a choisi la seule et unique offre qui avait été faite, celle d’un groupe chinois. Depuis le 7 juillet, la société China Automation Group (CAG) est donc le nouveau propriétaire.
«C’est difficile de dire ce que l’on ressent, avoue Sébastien Boulze, représentant syndical FO ». Car si tous espéraient une reprise complète des salariés seulement 75 d’entre eux ont été choisis par le repreneur. « Ils ont étudié les compétences et ont gardé les postes de production nécessaires à la poursuite de l’activité en France », souligne le syndicaliste. « On est satisfait car notre entreprise va survivre et nos compétences vont pouvoir subsister mais ça fait mal de laisser des collègues sur le carreau », poursuit-il.
Car sur les 126 emplois, 43 postes sont supprimés, auxquels il faut ajouter 8 postes (CDD, intérim ou apprentissage), qui n’ont bien évidemment pas été maintenus.
Flow Control Technologies : 126 emplois en danger à Saint-Juéry
https://www.ladepeche.fr/2019/11/20/flow-control-technologies-126-emplois-en-danger,8552202.php
L’entreprise emploie 126 personnes dont 119 sur le site saint-juérien. / Photo DDM, Marie-Pierre Volle
Social, Saint-Juéry, EntreprisePublié le 20/11/2019 à 07:56 , mis à jour à 10:41
l’essentiel
Basée à Saint-Juéry, la société Flow Control Technologies (FCT), qui emploie 126 personnes, a été placée en redressement judiciaire fin octobre. Une décision prise par le tribunal de commerce de Paris pour faute de suffisance d’actifs.
Depuis mardi dernier une immense banderole s’étale sur la devanture de l’usine Flow Control Technologies. À l’entrée du site, des croix, un cercueil et un panneau : 126 emplois en danger. Car depuis un mois bientôt, la société, spécialisée dans la construction de vannes et de robinets dédiés notamment au marché pétrolier, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris. Une situation qui inquiète bien évidemment les 126 salariés de l’entreprise. Mais au-delà de cette inquiétude, il y a aussi beaucoup d’incompréhension quant aux choix de la direction.
10 millions d’€ ponctionnés par la maison mère
Lorsque FCT a été cédée par le groupe Emerson au groupe Altifort, en août 2018, «20 millions de trésorerie avaient été laissés afin de nous permettre d’être viables et de sauvegarder tous les emplois pendant au moins deux ans», souligne Laurent Marion, délégué syndical CGT. À ce moment-là, l’entreprise avait même prévu de «réinventer un business model, de se diversifier et d’aller chercher de nouveaux clients», ajoute-t-il. Une stratégie qui aurait permis à FCT, selon les syndicats, de surmonter les difficultés engendrées notamment par la morosité actuelle du marché du secteur pétrolier.
«Les décisions incohérentes des dirigeants de Altifort ont contribué à accentuer le déclin de l’entreprise», dénonce dans un communiqué le personnel de l’entreprise. Au cœur de la discorde : la remontée de plus de 10 millions d’euros de la trésorerie de FCT au bénéfice de la holding. «Une opération légale», rappelle Jean-Christophe Fritsch, le directeur du site.
Le hic ? Altifort aurait dû, dans le cadre de cette opération, faire redescendre l’argent à FCT lorsque celle-ci en aurait eu besoin.
Connaissant un creux de commande, c’est aujourd’hui que FCT aurait en effet apprécié ce retour de trésorerie. Mais la mauvaise situation de la holding, elle aussi placée début juillet en redressement judiciaire, a rendu impossible ce remboursement.
Sauvegarder les emplois
«Ces 10 millions nous auraient permis de passer le cap de 2020», regrette Laurent Marion.
Seule solution désormais pour FCT : trouver un repreneur. Mais le temps ne joue pas en leur faveur. Le tribunal de commerce a en effet fixé au 8 janvier 2020 la date limite de dépôt des dossiers de potentiels repreneurs. Si trois groupes s’étaient déjà fait connaître dans le courant de l’été, lorsque Altifort voulait céder l’entreprise, ceux-ci n’ont pas finalisé l’offre. Jeudi, un nouveau groupe devrait venir visiter le site tarnais.
«J’ai confiance», confie Jean-Christophe Fritsch. Et de rappeler : «Notre intention, c’est de sauvegarder au maximum les emplois mais je ne peux pas faire de miracle…»
«Il faut un groupe solide qui ait un réel projet pour l’entreprise, estime pour sa part Jean-Luc Roussillon, un des représentants du personnel. Ce que nous voulons, c’est sauver nos emplois et notre technicité car nous avons un vrai savoir-faire. Les personnes qui travaillent chez FCT sont fières de ce qu’elles font et elles aiment leur entreprise», rappelle-t-il.
Qui est Altifort?
Altifort est un groupe industriel français créé en 2014, basé à Ham dans la Somme, dirigé par Bart Gruyaert et Stanislas Vigier. Ces dernières années, il a racheté une quinzaine de sociétés en difficulté. Avec son placement en redressement judiciaire en juillet, les filiales se sont retrouvées à leur tour sous la protection du tribunal. Altifort avait aussi fait parler de lui en 2018 lorsqu’il avait fait une offre de rachat d’Ascoval (Nord), qui avait finalement échoué.
« Durant la période de redressement judiciaire, nous avons contacté près de 400 repreneurs potentiels, 200 nous ont répondu, et seulement 10 ont fait des demandes d’informations, se souvient Myriam Védrine, secrétaire du CSE (comité social d’entreprise), et qui fait partie des salariés contraints de quitter la société. Au final, seulement une entreprise s’est positionnée et c’est elle qui a racheté FCT. C’était presque inespéré, d’autant plus en pleine période de crise sanitaire. »
«Jusqu’à la dernière seconde, on a pensé qu’on allait se faire guillotiner et que l’offre allait être refusée par le tribunal car ils n’ont pas immédiatement formulé une offre détaillée », précise-t-elle.
Le groupe chinois s’est en fin de compte plié aux injonctions de la cour. Une concession qui a payé puisque le tribunal a finalement validé la cession.
Remettre la machine en marche
Pour autant tout n’est pas gagné pour FCTmais les salariés essayent de rester optimistes. « Ce qui nous rassure c’est que c’est un groupe qui est du domaine, sans avoir exactement la même activité. En se positionnant avec nous, cela lui permet d’étendre son catalogue et d’avoir accès au marché européen qui lui était totalement fermé. Inversement, cela nous ouvre le marché chinois, que nous ne connaissons pas du tout », tempère le syndicaliste.
Maintenant, il faut « que la machine se remette en marche, espère Sébastien Boulze. Les commandes sont en stand-by et, avec la crise, les pays exportateurs de pétrole attendent de voir ce qu’il va se passer. »
Avec seulement 60 % des effectifs conservés, les salariés craignent désormais qu’en cas de grosse commande, la main-d’œuvre ne suffise pas à assurer les contrats qui pourraient rentrer. « On a des métiers très spécifiques et on ne peut pas former des gens du jour au lendemain », rappelle Myriam Védrine.
Les salariés attaquent en justice Emerson, l’américain qui a vendu FCT à Altifort

« Il y a une vraie souffrance des salariés, tant de la part des licenciés mais aussi des autres, ceux qui sont gardés », explique Sébastien Boulze, délégué syndical FO. C’est pourquoi, 40des 43 salariés licenciés et 72 des 75 salariés qui conservent leurs emplois ont décidé de poursuivre devant le tribunal judiciaire le groupe américain Emerson, pour « prises de décisions préjudiciables pour ses salariés ».
Pour bien comprendre la manœuvre, il faut remonter à 2017. En avril de cette année-là, Emerson avait fait l’acquisition de la société tarnaise auprès du groupe Pentair. Très vite, l’Américain décide de se séparer de FCT et de la revendre l’année suivante à Altifort. Ce dernier groupe, avait fait parler de lui ces dernières années en rachetant une quinzaine de sociétés en difficulté, et avait notamment tenté de racheter Ascoval, dans le nord de la France. Sans y parvenir.
Réussir à tourner la page
«Plutôt que de procéder elle-même aux licenciements de ses salariés, Emerson a fait le choix de céder FCT dans des conditions contestables, en ne préservant que ses seuls intérêts. Il a trompé les salariés ainsi que le Tribunal de Commerce d’Albi en faisant une présentation biaisée du projet de cession et du candidat à la reprise, Altifort, soulignent les salariés. Le groupe Emerson n’a pas pris les dispositions nécessaires et indispensables pour sécuriser la cession et la préservation des emplois. Les salariés licenciés considèrent que le Groupe Emerson est responsable de leur situation actuelle, privés des indemnités auxquelles ils auraient pu prétendre s’il avait assumé lui-même la fermeture de sa filiale ou pris les mesures adéquates dans le cadre du projet de cession. »
« On se sent lésé et on a besoin d’obtenir réparation non pas pour faire notre deuil, mais au moins réussir à tourner la page », témoigne le représentant syndical.
Et d’ajouter : « ce n’est pas une démarche des syndicats mais de l’ensemble des salariés, ou presque, et également de plusieurs cadres ». « On n’a pas de scrupule à les poursuivre car eux n’en ont pas eu pour essayer de nous noyer », regrette Myriam Védrine, secrétaire du CSE. «Dès qu’Altifort nous a racheté, on a été en chômage partiel immédiatement et on a vu nos contrats, nos commandes attribués à des filiales d’Altifort. Ils ont tout fait pour nous empêcher de travailler », clament-ils d’une même voix.
Alors pourquoi poursuivre Emerson plutôt qu’Altifort ? « Emerson se targue de prendre soin de ses salariés mais leurs actes ne correspondent pas à leurs discours. On ne peut pas les laisser traiter les gens comme cela, les laisser continuer à broyer les gens ainsi », détaille Sébastien Boulze.
Altifort se renforce dans les vannes pétrolières
Le candidat au rachat d’Ascoval reprend le fabricant de vannes pétrolières Flow Control Technologies près d’Albi. C’est sa quatrième acquisition dans les vannes industrielles en deux ans.

Par Laurent MarcaillouPublié le 27 nov. 2018 à 9:50
Seul candidat au rachat de l’aciérie Ascoval, le jeune groupe Altifort à Ham (Somme) poursuit ses acquisitions à marche forcée. Il vient de reprendre l’usine de vannes industrielles Flow Control Technologies à Saint-Juéry (Tarn) au groupe américain Emerson, qui l’avait acquise en 2016 en reprenant la division Valves & Controls de Pentair. Rebaptisée « Altifort FCT », l’usine fabrique des vannes en acier et en fonte de 60 tonnes en moyenne pour les plates-formes pétrolières offshore de Total, Shell, Equinor(ex-Statoil), etc. Même s’il n’y a que trois fabricants de grandes vannes pétrolières dans le monde, son chiffre d’affaires a chuté de 57 millions d’euros en 2014, à 12 millions en 2018, avec la baisse du prix du brut qui a fait fondre les investissements des compagnies. L’effectif est passé de 200 à 130 salariés.
Ingénierie et tests
Altifort a repris le personnel et veut relancer l’entreprise en commençant par une grosse commande d’Equinor qui représente un an de travail. Il va aussi lui sous-traiter des activités d’usinage de sa filiale GLI, qui fabrique des cuves de gaz. Le chiffre d’affaires de FCT doit remonter à 30 millions d’euros en 2019. Surtout, le repreneur veut développer l’activité d’ingénierie et de test pour d’autres secteurs. « FCT possède des moyens de test qui valent des dizaines de millions d’euros et sont sous-utilisés, explique Bart Gruyaert, directeur général d’Altifort, qu’il a cofondé avec Stanislas Vigier en 2014. L’entreprise retrouvera la rentabilité en faisant des tests pour des tiers dans les industries navale, aéronautique, nucléaire et militaire. »
> Le secteur parapétrolier français prêt à rebondir
Embauches
FCT teste les vannes à des températures jusqu’à -200 °C et à une pression de 3.000 mètres sous l’eau. Altifort veut utiliser ces moyens de test de grandes pièces pour les vannes de sous-marins qu’il fabrique pour Naval Group, et dans le secteur aéronautique. Il prévoit de recruter 15 à 20 personnes en deux ans chez FCT et d’y investir « quelques millions d’euros par an » pour moderniser la fabrication.
En deux ans, Altifort a racheté quatre fabricants de vannes industrielles, PVI dans la Somme repris à Pentair en 2016 puis cette année D2SC en Normandie, HP Systems à La Rochelle et FCT. « Nous prévoyons de réaliser 70 millions d’euros dans les vannes en 2018 », dit Bart Gruyaert. Celles-ci forment un tiers du chiffre d’affaires du groupe, passé de 65 millions d’euros en 2017 à 200 millions prévus cette année avec les rachats. Altifort emploie désormais 1.500 salariés dans trois secteurs : les cuves et vannes de gaz et de fluides, la tréfilerie et les équipements de forage, les robots collaboratifs. Reste à obtenir la reprise d’ Ascoval : « Nous avons encore beaucoup de réunions bancaires et politiques avant l’audience du TGI de Strasbourg le 12 décembre », reconnaît le dirigeant.
Laurent Marcaillou (Correspondant à Toulouse
Saint-Juéry. Emerson reprise par une société franco-belge
L’entreprise a plusieurs fois changé de nom avant de passer sous le giron d’Altifort. Photo DDM, M. F.
Entreprise, Economie, Occitanie, Tarn
Publié le 13/09/2018 à 03:50 , mis à jour à 07:59
Elle s’est appelée Flow Control Technologies, puis Pentair et était devenue Emerson récemment. Sous contrôle américain, cette société sise rue Sabanel est la plus grosse société industrielle survivante du glorieux passé du Saut du Tarn. Elle emploie 140 personnes.
Au cours du conseil municipal boycotté par l’opposition de gauche lundi soir, Jean-Paul Raynaud a porté à la connaissance de l’assemblée qu’Emerson venait d’être reprise par Altifort, une société industrielle franco-belge spécialisée dans la mécanique, dont le siège est à Amiens. Cette société avait déjà sauvé en novembre 2016 le site de la société Pentair à Ham, dans la Somme. Elle a aussi racheté au printemps les sites de Vallourec à Tarbes et Cosne sur Loire. Elle jouit d’une réputation de sérieux dans son domaine et ces divers rachats ont été réalisés au grand soulagement des personnels concernés. Sait-on que l’usine de Saint-Juéry est le plus gros exportateur de la communauté de communes de l’Albigeois ? Elle sera d’ailleurs prochainement visitée par les représentants politiques communautaires, départementaux et régionaux. Objectif pour les élus : faire connaissance avec les nouveaux propriétaires.
Autres décisions du conseil
Dans les principaux points à l’ordre du jour aussi, lundi soir : le renouvellement du contrat de concession de la distribution de gaz naturel par GRDF. Arrivé au terme de ses 30 ans, ce contrat a fait l’objet d’une reconduction pour une période similaire. La commune percevra une redevance annuelle de fonctionnement d’environ 4 000 €, actualisée annuellement. La société publique locale pôle funéraire public de l’Albigeois qui exploite le funérarium et le service extérieur des pompes funèbres sur les communes actionnaires de la société, dont Saint-Juéry fait partie, a été saisie d’une demande d’extension avec la mise en place d’un crématorium sur le territoire de la communauté de communes Sor et Agout. Une augmentation de capital et des modifications statutaires ont été approuvées à l’unanimité des élus présents.