Les OGM – Actualités dans la Dépêche


OGM masqués

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OGM masqués

OGM masqués

L’édito du jour,  AgriculturePublié le 15/09/2020 à 05:14 , mis à jour à 05:23

Même les OGM avancent masqués ! Et pour les débusquer, il faut, comme pour nous autres pauvres humains, leur infliger un test PCR, qui va chatouiller l’intimité de leurs enzymes et révéler leur vraie nature. 

Si ces semences génétiquement bricolées viennent en Europe avec un faux nez, c’est parce que l’Union a depuis longtemps mis le holà sur les OGM. Voilà qui n’a pas fait plaisir aux trusts agroalimentaires de l’autre côté de l’Atlantique, qui ont donc tenté une pirouette technologique, pour contourner la barrière européenne. On ne veut pas d’organismes génétiquement modifiés, c’est-à-dire transgéniques ? Eh bien, les laboratoires ont inventé la méthode « mutagénique ». On force les mutations qui pourraient être naturelles, jusqu’à ce qu’elles présentent les aptitudes qu’on attend de la plante. Par exemple, une plus grande résistance aux désherbants. Et donc, on peut inonder les champs de produits chimiques, la plante résistera, tandis que les mauvaises herbes crèveront : peut-on appeler cela le progrès ? 

Grâce à un nouveau test, donc, on sera en mesure de détecter ces Variétés rendues tolérantes aux herbicides (VRTH). Une bonne nouvelle, car jusque-là, ces semences hautement traficotées, entraient comme dans du beurre dans l’Union européenne. Désormais, il sera possible de faire tomber les masques des OGM : pour l’Europe, qu’il s’agisse de produits transgéniques ou mutagéniques, c’est niet.

Cela dit, que va-t-il se passer dans la pratique ? Car voilà des années que les agriculteurs français utilisent ces graines. Et le temps que la loi soit appliquée sur le terrain, des milliers de bidons de désherbant auront été pulvérisés. Les habitudes, c’est comme les mauvaises herbes : on a du mal à s’en débarrasser. 

La bataille entre les anti-OGM européens et les grands groupes agroalimentaires ou chimiques dure depuis des années. D’un côté les ressources limitées des militants et des bénévoles. De l’autre, une force de frappe financière gigantesque, pour des enjeux colossaux. Entre les deux, des États, une Europe souvent dépassée, et des décideurs courtisés par les lobbies des deux camps. 

Sans doute la science peut-elle nous rendre d’immenses services et éradiquer un jour la faim dans le monde. Mais en attendant, des groupes industriels qui n’ont que leurs bénéfices en ligne de mire cherchent à nous faire prendre des vessies pour des lanternes : ça, ce n’est pas de la génétique, mais de l’enfumage. 

Environnement, santé: en finir avec les « OGM cachés »

  • Un tiers des champs de tournesols et de colza seraient concernés par des variétés interdites en Europe car rendues tolérantes aux herbicides.Un tiers des champs de tournesols et de colza seraient concernés par des variétés interdites en Europe car rendues tolérantes aux herbicides. Photo AFP

Agriculture,  France – Monde,  Agro-alimentaire

Publié le 15/09/2020 à 05:14 , mis à jour à 10:12

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l’essentiel

Considérées comme des OGM, les Variétés rendues tolérantes aux herbicides (VRTH) passaient jusqu’à présent entre les mailles du filet réglementaire en France. La mise au point d’un test de dépistage sur le colza est une avancée majeure dans la lutte contre les « OGM cachés ».

La France interdit la culture des OGM (Organisme génétiquement modifié) sur son territoire depuis 2008. Mais dans la pratique, certaines nouvelles variétés passent entre les mailles du filet. C’est le cas des VRTH, les Variétés rendues tolérantes aux herbicides, considérées depuis deux ans par la Cour européenne de justice comme des OGM (et donc soumises aux mêmes obligations, lire ci-dessous), que l’on retrouverait pourtant dans environ un tiers des champs de tournesols et de colza.

A lire aussi : OGM : le gouvernement n’a toujours pas encadré les nouvelles variétés

Et pour cause : jusqu’à présent, les pays de l’Union européenne n’avaient pas d’outil pour contrôler l’éventuelle présence, dans les importations, de ces OGM nouvelle génération. Ce n’est désormais plus le cas. Il y a quelques jours, un consortium dirigé par le Health Research Institute (Iowa, Etats-Unis) a en effet annoncé avoir mis au point un procédé permettant de déceler le canola (ndlr : une variété de colza) transgénique. La mutation génétique de cette plante, cultivée principalement au Canada et conçue par la firme américaine Cubis, n’était jusqu’ici pas détectable en laboratoire, la rendant indiscernable des cultures naturelles.

Ce procédé permettant de la démasquer vient d’être décrit dans la revue scientifique Foods. Il s’agit d’un test moléculaire PCR en temps réel, similaire à ceux qui sont utilisés en laboratoires pour contrôler les OGM « classiques », selon cette étude qui a été financée par des ONG comme Greenpeace, des associations, et SPAR, la principale enseigne de grande distribution en Autriche. Pour Greenpeace, cette découverte vient « réfuter les affirmations des industriels, selon lesquels on ne pouvait pas détecter ces OGM, ceci induisant que la loi ne pouvait pas s’appliquer ».

« Une étape clé dans la protection des consommateurs

et des entreprises européens »

« Certes, les Canadiens ne sont pas censés exporter ces OGM en Europe. Mais techniquement, nous n’avions pas les moyens de le vérifier », a développé Franziska Achterberg, directrice de la politique alimentaire de Greenpeace dans l’UE. « Les chercheurs montrent que la détection de ces nouvelles variétés est tout à fait possible, il suffisait de s’en donner les moyens, s’est félicité Benoît Biteau, député européen EELV et membre de la Commission agriculture (lire interview page suivante). Je déplore que ni l’Europe ni le gouvernement français n’aient investi un seul euro pour développer des tests efficaces et protéger l’environnement et les consommateurs. La présidente de la Commission européenne, Madame Ursula Von der Leyen, doit comprendre que les citoyens et les consommateurs européens ne veulent toujours pas d’OGM, nouveaux comme anciens, dans leurs assiettes, n’en déplaise aux entreprises de l’agro-industrie. »

A lire aussi : Benoît Biteau, député EELV : « On a désormais un outil de pression pour faire respecter la loi » sur les OGM

Ce nouveau procédé de détection permettra également à la grande distribution et aux organismes de certification « sans OGM » de s’assurer que les produits n’en contiennent pas. « Il s’agit d’une étape clé dans la protection des consommateurs et des entreprises européens », s’est réjouie Heike Moldenhaueur pour Vlog, une association allemande d’organismes de certification.

« Le nouveau test est opérationnel, a annoncé Yves Bertheau, spécialiste des OGM à l’Inrae (Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). Il va pouvoir être utilisé sans surcoût par les laboratoires de contrôle et les services de répression des fraudes ».

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Avec lui, l’Europe a donc désormais les moyens de faire respecter sa réglementation. Quant aux anti-OGM, Faucheurs volontaires en tête, ils disposent d’un outil de pression pour, le cas échéant, effectuer des contrôles en vue de faire respecter la loiEt ils se disent prêts à l’utiliser dans cette optique, au cas où l’Etat « continuerait de manquer à son devoir ».

« On se tire une balle dans le pied »

Producteur de maïs à Saubens (31) Jacques Beauville a été « le dernier fauché par José Bové en 2014 ». Et pour lui, « il faudrait aujourd’hui revoir ces interdictions obsolètes » car « les OGM sont des alliés de la biodiversité et de la productivité dont on en aura bien besoin d’ici 2050 », plaide l’agriculteur. « Avec le maïs OGM, par exemple, vous ne tuez que les insectes nuisibles à la plante, ce qui évite de traiter avec des insecticides qui, eux, n’épargnent pas beaucoup d’insectes et autres arthropodes, nos alliés. L’OGM Mon810, laisse intacts coccinelles, scarabées, syrphes et abeilles qui participent à la fécondation des fleurs. Le colza VTH permet de lutter contre l’ambroisie, plante invasive. Les Américains cultivent des OGM. Nous, non, mais par contre, on autorise l’importation de tourteaux de soja OGM pour le bétail! C’est incohérent et on se tire une balle dans le pied ».

OGM : le gouvernement n’a toujours pas encadré les nouvelles variétésUn champ de colza.

Un champ de colza. Photo AFP

Agriculture,  Agro-alimentaire,  EnvironnementPublié le 15/09/2020 à 05:14 , mis à jour à 06:17

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Cultivées en France , les VRTH (Variétés rendues tolérantes aux herbicides), obtenues par mutagenèse (modifications dans un génome pouvant entraîner de nouvelles propriétés), sont considérées comme des OGM par la Cour de justice européenne, qui, dans un arrêt publié le 25 juillet 2018, a statué que ces semences devaient être soumises aux mêmes évaluations, autorisations, traçabilité et étiquetage que les semences transgéniques.

À ce jour, les VRTH présentes sur notre territoire sont surtout des tournesols (160 000 ha) et des colzas (30 000 ha).

En février dernier, le Conseil d’État a enjoint le gouvernement de modifier la loi, dans un délai de six mois– d’ici au 7 août 2020– afin que ces variétés soient donc enfin soumises aux obligations imposées aux OGM.

Cette décision s’appuyait sur une directive européenne et répondait à un recours déposé en 2015 par la Confédération paysanne et huit autres associations. Ces dernières avaient alors salué un résultat allant au-delà de leurs espérances et une reconnaissance de la justesse de leurs revendications. « Pour une fois, se félicitaient-ils, le principe de précaution a été mis en avant ».

Hélas… Alors que la date butoir de six mois est aujourd’hui dépassée depuis un bon mois, le gouvernement ne s’est toujours pas executé. Pourquoi ?

Un projet de décret a bien été rendu public avant l’été. En application de ce dernier, le gouvernement avait aussi annoncé son intention d’interdire la culture et la commercialisation de 96 variétés de colza rendues tolérantes aux herbicides. Mais cinq pays européens, ainsi que la Commission européenne, ont exprimé leur opposition à ces encadrements. Et la réglementation européenne oblige le gouvernement à consulter la Commission et les autres pays européens avant toute modification d’une loi d’application nationale d’une directive européenne (cela ne supprimant pas pour autant l’obligation pour le gouvernement français d’appliquer la décision du Conseil d’État).

Les organisations œuvrant à la réglementation de ces nouveaux OGM demandent que le décret soit publié au plus tôt et que la culture de ces variétés soit interdite au plus tard le 7 novembre prochain.


Benoît Biteau, député EELV : « On a désormais un outil de pression pour faire respecter la loi » sur les OGM

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  • "On a désormais un outil de pression pour faire respecter la loi"« On a désormais un outil de pression pour faire respecter la loi »

Agriculture,  Agro-alimentaire,  Santé

Publié le 15/09/2020 à 05:14 , mis à jour à 07:14

l’essentiel

Benoît Biteau, député européen EELV, membre de la Commission agriculture et paysan en Charente-Maritime.

Quel sentiment vous anime après l’annonce de la mise au point de ce test capable de détecter du colza OGM canadien non autorisé dans l’UE ?

On a un jugement de la Cour de justice européenne, depuis juillet 2018, qui a mis dans le rang des OGM certaines nouvelles variétés jusque-là pas considérées comme des OGM – je pense surtout aux VRTH (Variétés rendues tolérantes aux herbicides)- et pour l’instant, la réglementation nationale n’applique pas ce jugement européen. On sait qu’environ un tiers des surfaces de tournesols et de colza sont concernées par ces Variétés rendues tolérantes aux herbicides, qui sont donc interdites sur le territoire européen, mais on n’avait aucun moyen de savoir dans quelles parcelles étaient cultivées ces OGM pour aller les débusquer. Maintenant, on a un test fiable qui nous permet de les identifier. C’est donc un moyen d’exiger que la réglementation soit appliquée. D’autant qu’on vient de passer une période importante de semis de colza fin août, début septembre… On parle, dans notre pays, d’un état de droit, j’aimerais bien qu’on applique la réglementation. Je ne comprends pas pourquoi on ne l’applique pas telle qu’elle est édictée à l’échelon européen. Ces variétés sont interdites par l’UE, mais la loi française est complaisante et les laisse passer. C’est incroyable…

En quoi ce test peut-il être une étape décisive, que devrait-il changer ?

Le test en lui-même est juste un moyen de montrer que si on veut repérer des parcelles illégales, on a les moyens de le faire. C’est un outil de pression. Jusque-là, on ne savait pas le faire…

Le fait que ce test ait été mis au point par des ONG comme Greenpeaceou des associations n’est-il pas un peu « dérangeant » par rapport à la motivation des différentes instances ?

Est-ce que c’est à des ONG de faire ce boulot-là ou à l’Etat, chargé de faire respecter la loi ? Oui, c’est dérangeant. On fait le boulot que devrait faire l’Etat… Il y a pourtant des règles : si vous roulez à 120 km/h en centre-bourg, on vous arrête. Là, c’est pareil, quand il y a une interdiction de cultiver certaines variétés, on doit la faire respecter.

Comment cela s’explique-t-il ?

Par deux choses : la première, c’est le lobby des industriels des semences et des pesticides. La seconde, c’est une forme de syndrome de Stockholm poussé à son paroxysme, qui fait que les agriculteurs, qui sont les premières victimes de ces délires-là (35 % d’entre eux vivant avec moins de 350 euros par mois), participent à appuyer sur l’accélérateur alors qu’ils voient que ce chemin mène dans le mur… Financièrement, la bonne réponse, c’est l’agro-écologie. Quand on est dans le rouge, la seule solution, c’est de choisir de faire plus vert.

Que demandez-vous aujourd’hui aux instances européennes ?

Qu’elles soient intransigeantes sur le respect de la réglementation. Pourquoi construire une Union européenne avec des règles à l’échelon d’un continent si chacun fait sa petite cuisine dans son coin ? Le fait qu’on ait un test fiable relance la possibilité, par exemple pour les faucheurs d’OGM dont la motivation reste intacte, de tester à l’aveugle des parcelles clandestinement, et de pointer du doigt celles qui ne sont pas conformes. Personne n’a intérêt à ce qu’on revienne à des phases de désobéissance civile, où des faucheurs vont détruire des parcelles chez des agriculteurs. Faut-il en arriver là pour que les choses avancent ? Ce serait regrettable, alors que tous les voyants sont au vert pour arrêter d’utiliser les OGM, qu’on doive à nouveau sortir du bois avec ce genre d’actions, quand il suffirait de faire appliquer la loi ! La bagarre des OGM est à mon sens gagnée, mais pour cela, il faut que la Commission fasse appliquer les mesures qu’elle a mises en place. On doit exiger que la loi soit scrupuleusement respectée, et avec ce test, on a désormais un outil pour ça.

En Haute-Garonne, les premiers faucheurs testaient déjà les parcelles OGM

  • Jacques Dandelot devant la parcelle où avait été fauché le maïs transgénique, en 2004. Dès le lancement de la charte des Faucheurs volontaires, il a été l’un des premiers à se mobiliser en Haute-Garonne.Jacques Dandelot devant la parcelle où avait été fauché le maïs transgénique, en 2004. Dès le lancement de la charte des Faucheurs volontaires, il a été l’un des premiers à se mobiliser en Haute-Garonne. Photo DDM, P.C.

Agriculture,  Agro-alimentaire,  SantéPublié le 15/09/2020 à 05:14 , mis à jour à 07:15

Tête basse, fleurons desséchés, les tournesols attendent la récolte. « Ce jour-là aussi, il y avait une parcelle de tournesols, ici, sauf qu’au milieu… du maïs transgénique y était caché pour un essai », se souvient, devant le champ, Jacques Dandelot, 70 ans, professeur de mécanique aujourd’hui retraité. 25 juillet 2004, à Menville… « C’est là que nous avons mené la première action des Faucheurs volontaires en Haute-Garonne sur du maïs BT11 Pioneer », poursuit Jacques. « Jacques… L’un des premiers à avoir rejoint notre mouvement citoyen de désobéissance civile », rappelle, au téléphone, José Bové.

La veille s’était tenue à Verdun-sur-Garonne la première assemblée générale de ce nouveau collectif dans le département. « M’engager était pour moi une évidence. Concernant les cultures OGM, il y avait cet inacceptable brevetage du vivant par des multinationales qui pouvaient ainsi s’approprier la sécurité alimentaire d’une nation, les effets environnementaux qui n’avaient pas été étudiés et l’absence totale de démocratie dans ce dossier engageant pourtant l’avenir de chacun. Tous les sondages montraient que les consommateurs étaient contre les OGM… Je ne pouvais pas rester assis à ne rien faire », résume le militant. Mais… « aucune action efficace n’aurait alors été possible sans les tests pour déterminer où était le maïs transgénique. Colza aujourd’hui, maïs hier, c’est la pierre angulaire », souligne-t-il.

José Bové : « Depuis le début, les tests sont essentiels à la lutte »

Hier… José Bové rappelle le contexte. « Il faut remonter à la fin des années 80, quand apparaissent les premiers OGM et les risques avec la manipulation des semences. Le dogme érigé par Monsanto était qu’il ne fallait pas de législation particulière pour les OGM : naturelles ou pas, les plantes se valent les unes les autres, il y a une équivalence en substance, martelait la firme. La bataille s’est alors engagée pour reconnaître la modification génétique avec les premiers tests efficaces sur le maïs. C’est à partir de là qu’on a pu agir, trouver les endroits où les grandes firmes faisaient pousser des OGM sans avoir informé quiconque des risques… » explique l’ancien leader de la Confédération paysanne.

En janvier 1998, c’est « l’action fondatrice » : « la neutralisation dans le Lot-et-Garonne d’un stock de semences Novartis pour 35 000 ha du Sud-Ouest. Et jusqu’en 2003, les actions se feront dans le cadre de la Conf’ », rappelle-t-il. 2003 ? Année charnière également, explique Jacques, devant la parcelle de Menville.

En première ligne, la Confédération « charge ». Les actions en justice des firmes et les dommages demandés la plombent. Sur le plateau du Larzac, cet été-là, grand rassemblement altermondialiste… « C’est là que Jean-Baptiste Libouban, de l’Arche, a enregistré les premières 400 signatures de soutien au collectif des Faucheurs volontaires, qui seront vite près de 7 000. Pour nous, il s’agissait non seulement de refuser la brevetabilité du vivant mais aussi que chacun prenne sa part de la lutte en agissant dans le cadre d’une désobéissance civile bien organisée. Vous savez, des gens prêts à aller dans un champ d’OGM pour le petit coup d’adrénaline, il y en a énormément… Mais capables de préparer l’affaire en amont et surtout de l’assumer après devant les tribunaux, beaucoup moins : une heure de fauchage, c’est cinq ans de procédures », sourit Jacques, rappelant que les faucheurs n’ont… jamais de faux, « pour des raisons juridiques et parce que je vous défie de faucher du maïs », sourit-il.

Plants arrachés ou couchés, à Menville, des dizaines de personnes sont alors volontaires pour aller devant le tribunal défendre la cause. « Nous donnons d’ailleurs la liste de tous les noms après une action », souligne Jacques. En 2004 ? « Tous les leaders verts sont venus ». Et tout le monde a été condamné sauf « un octogénaire qui n’avait pas pu franchir le fossé ». Mais en 2008, c’est bien le maïs OGM Monsanto qui a finalement été interdit en France. « Avec les OGM cachés comme ce colza, les tests restent donc essentiels pour les localiser et agir contre, notamment pour les douanes, par exemple, afin qu’elles puissent les démasquer dans des importations frauduleuses, de fait. Cela permet d’accentuer la pression sur les industriels pour qu’ils abandonnent », conclut José Bové.

Aveyron : une parcelle détruite dimanche

Il y a deux jours, le collectif des Faucheurs volontaires a engagé une action de destruction d’une parcelle d’essais de tournesols appartenant au RAGT (Rouergue Auvergne Gévaudan Tarnais), à Druelle. Une action destinée à demander au gouvernement un moratoire sur toutes les Variétés rendues tolérantes aux herbicides (VRTH). « En l’état, ces tournesols ne sont pas considérés comme des OGM réglementés, mais restent de véritables éponges à pesticides, encourageant leur utilisation massive », ont-ils expliqué, réclamant « l’interdiction des cultures illégales d’OGM » et regrettant que « le gouvernement n’a (it) pas rempli ses obligations envers le Conseil d’Etat qui l’a enjoint de prendre les mesures pour réglementer les VRTH (lire page précédente).  »    Pierre Challier

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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