Les hôpitaux français voient la situation se dégrader nettement depuis le début du mois de septembre

EN CHIFFRES

Coronavirus : l’inquiétude gagne de nouveau les services de réanimation

Relativement épargnés par la reprise de l’épidémie de Covid-19 au mois d’août, les hôpitaux français voient la situation se dégrader nettement depuis le début du mois de septembre. La situation est particulièrement critique dans les Bouches-du-Rhône, à Paris et dans le Rhône.

https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/coronavirus-linquietude-gagne-de-nouveau-les-services-de-reanimation-1243714

Plus de 100 patients atteints du Covid-19 sont actuellement admis en réanimation dans les Bouches-du-Rhône.
Plus de 100 patients atteints du Covid-19 sont actuellement admis en réanimation dans les Bouches-du-Rhône. (Christophe SIMON/AFP)

Par Florian Maussion (Journaliste) Publié le 18 sept. 2020 à 12:14Mis à jour le 18 sept. 2020 à 12:43

C’est une nouvelle alerte sur le front du Covid-19. Alors que la France est confrontée depuis la mi-juillet à une résurgence de l’épidémie , le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déclaré vendredi que « le nombre de personnes admises en soins intensifs est préoccupant ». Vendredi dernier, déjà, le Premier ministre, Jean Castex, avait souligné une « augmentation sensible (du nombre de) de personnes hospitalisées ».

Un changement de ligne dans le discours politique, qui s’explique par une nette dégradation de la situation sur le terrain.

Une accélération des admissions

Au sein des hôpitaux, l’afflux de malades du Covid-19 s’est accéléré en septembre. Du lundi 14 au mercredi 16, la France a enregistré trois jours consécutifs au-delà de 100 admissions dans les services de réanimation. Une première depuis la fin avril.

En rythme hebdomadaire, les niveaux constatés au début du déconfinement ont déjà été atteints, avec 427 admissions en réanimation ou en soins intensifs au cours de la semaine du 7 au 13 septembre, contre 429 au cours de la semaine du 11 au 17 mai. Ils devraient être dépassés à partir de cette semaine.https://public.flourish.studio/visualisation/3626765/embed

Le taux de malades graves est lui aussi en hausse. Depuis le 15 septembre, ceux-ci représentent plus de 13 % du nombre total de cas de Covid-19 pris en charge à l’hôpital. Une proportion inédite depuis le 5 mai, qui reste toutefois très éloignée des chiffres du début de la première vague, où un quart des malades hospitalisés étaient en réanimation.

A la date du 17 septembre, la France comptait 5.825 malades hospitalisés, dont 793 en réanimation.

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Situation critique à Marseille, dégradation dans le Rhône

La situation hospitalière n’est pas partout la même. Elle est particulièrement critique dans les Bouches-du-Rhône, où le nombre de patients pris en charge au sein des services de réanimation a été multiplié par plus de dix en un mois, pour passer de 8, le 14 août, à 108, le 14 septembre. Lundi, le directeur de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM), Jean-Olivier Arnaud, a souligné que les établissements de la Cité phocéenne n’étaient « pas loin de la saturation ».

En Île-de-France, 260 patients étaient pris en charge en réanimation jeudi, contre 186 un mois plus tôt. l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a prévenu qu’au rythme actuel, les services pourraient être saturés fin octobre.https://public.flourish.studio/visualisation/3770577/embed

Olivier Véran s’est également inquiété jeudi de la « dynamique épidémique » à Nice et à Lyon. Le département du Rhône est ainsi confronté à une situation préoccupante au sein de ses hôpitaux. En trois semaines, du 28 août au 17 septembre, le nombre de patients admis en réanimation est passé de 9 à 57, avec une très nette accélération au cours des dix derniers jours.

Sur les 793 malades gravement touchés pris en charge à l’échelle nationale au 17 septembre, 418 se trouvaient en Île-de-France, dans les Bouches-du Rhône et dans le Rhône. Soit 53 % du total.https://public.flourish.studio/visualisation/3731717/embed

Florian Maussion

En Ile-de-France, 20 % des lits en réanimation sont occupés par des malades du Covid-19

C’est ce qu’a précisé Aurélien Rousseau, le directeur général de l’agence régionale de santé (ARS), au micro d’Europe 1, samedi. 

Le Monde avec AFP  Publié aujourd’hui à 10h33

https://www.lemonde.fr/sante/article/2020/09/19/en-ile-de-france-20-des-lits-en-reanimation-sont-occupes-par-des-malades-du-covid-19_6052848_1651302.html

Environ 20 % des lits en réanimation sont occupés par des patients atteint du Covid-19 en Ile-de-France a annoncé, sur Europe 1 samedi 19 septembre, Aurélien Rousseau, le directeur général de l’agence régionale de santé (ARS).

« En Ile-de-France, on est en progression, avec 2 500 personnes atteintes du Covid à l’hôpital et 250 en réanimation, ça signifie que 20 % à peu près des lits de réanimation sont occupés par des personnes avec le Covid. »

Si la progression est « lente »« ce sont des chiffres importants », estime-t-il, avec encore 27 nouveaux patients admis en réanimation la veille.

« La réanimation dans cette nouvelle phase est mieux ciblée sur les cas graves », avec « une baisse de la durée moyenne de l’hospitalisation en réanimation », mais il anticipe tout de même « une très grande tension dans quinze jours, trois semaines ».Lire aussi : l’« embouteillage » des tests met l’exécutif sous pression

20 nouveaux centres de dépistage

M. Rousseau a aussi précisé que dès lundi 20 nouveaux centres de dépistage seraient ouverts dans la région : deux par département et 6 à Paris « vu la densité ». Il a admis que si la progression quantitative était « impressionnante », le nombre de tests passant de 45 000 en juin à 230 000 la semaine dernière dans la région, « on a perdu en qualité, en respect des personnes prioritaires »« C’est ce qu’on est en train de remettre en ordre », a-t-il assuré.

« On va être capable de donner les résultats en vingt-quatre heures pour les personnes prioritaires », c’est-à-dire ceux qui sont adressés par le médecin, qui ont des symptômes, sont des cas contacts, et les personnels de santé et des Ehpad, a-t-il précisé.

« Notre but c’est de continuer à assurer ces tests massivement mais d’assumer que quand vous n’avez aucun symptôme, quand vous n’avez pas été en contact avec une personne malade, vous pouvez attendre 5 ou 6 jours avant d’avoir un test. »

Lire aussi : la note très salée des tests RT-PCR

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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