Tour du monde des réseaux mobiles 5G : les particuliers ne sont pas conquis
L’utilité du réseau de téléphonie de nouvelle génération ne semble pas évidente aux yeux des consommateurs des pays où il est déjà disponible. Ils n’y voient pour le moment aucun usage nouveau ou indispensable.
Par Nicolas Six Publié hier à 20h10, mis à jour à 06h30
Malgré les débats houleux que le sujet provoque, Emmanuel Macron semble déterminé à lancer le réseau mobile de nouvelle génération en France. On ignore quand Free, SFR et Bouygues Telecom lanceront leur réseau 5G, mais l’opérateur Orange estime « faisable » un démarrage en fin d’année. L’heure du choix pourrait bien avoir sonné pour les particuliers qui souhaitent renouveler leur mobile : faut-il opter pour un modèle 5G, quitte à payer plus cher, ou acheter un smartphone incompatible, au risque de le regretter plus tard ?
Afin de jauger l’intérêt, pour les utilisateurs de smartphones, de la 5G face à la 4G, nous avons épluché les comptes rendus des médias des nombreux pays qui ont lancé leur service 5G, en nous concentrant sur les Allemands, les Britanniques, les Irlandais et les Sud-Coréens, passés à la 5G en 2019 avec des choix techniques proches des nôtres. Les doutes des utilisateurs et des journalistes incitent à ne pas se précipiter pour s’équiper.Article réservé à nos abonnés Lire aussi 5G : le lancement des enchères en France fixé à la fin septembre
- Un bénéfice trop léger au départ
L’une des promesses du réseau mobile 5G est de désengorger les antennes aux heures de pointe pour éviter les ralentissements. Cela profitera aux abonnés 5G mais aussi aux usagers de la 4G, comme l’affirmait le PDG d’Orange, Stéphane Richard, sur la chaîne LCI en juin.
En revanche, les abonnés 5G seront seuls à profiter de l’augmentation de la vitesse de connexion promise, qui devrait bien se concrétiser, selon l’analyste en chef du cabinet d’analyse Opensignal que nous avons interrogé. Ian Fogg observe attentivement le déploiement de la 5G dans des dizaines de pays, compilant avec ses équipes les mesures de millions de smartphones, et il estime qu’en France, les débits de téléchargement « devraient atteindre 150 à 250 Mbit/s », ce qui représente approximativement un quadruplement de la vitesse par rapport à la 4G dans les zones urbaines, où la 5G sera d’abord mise en service.
Dans les pays où la 5G est déjà ouverte, beaucoup ne ressentent pas d’effets spectaculaires
Pourtant, dans les pays où la 5G est déjà ouverte, beaucoup ne ressentent pas d’effets spectaculaires. Après avoir essayé le réseau mobile de nouvelle génération, un journaliste du média irlandais The Independant reste dubitatif : « La 5G peut-elle me donner quelque chose que la 4G ne peut pas me donner ? » Un reporter de la chaîne anglaise BBC, parcourant les rues de Londres pour mesurer les débits 5G, est sur la même longueur d’ondes : « Je ne peux pas vraiment vous dire pourquoi je voudrais la 5G pour le moment. »
Des propos qui rejoignent les observations d’un journaliste de l’hebdomadaire allemand Die Zeit : « Me voici sur l’Alexanderplatz, entre l’horloge universelle et la ligne S-Bahn, [un téléphone 5G] dans la main, et je regarde sur mon mobile le cercle rouge qui signale le chargement d’une vidéo tourner dans l’application YouTube. J’avais espéré plus ». Selon lui, l’écart entre la 4G et la 5G au lancement d’une vidéo est négligeable. Les mesures d’Opensignal montrent que dans beaucoup de pays, la 4G assure une qualité de service vidéo jugée « bonne » à « excellente » – « très bonne » en France. Même chose pour l’autre service, particulièrement gourmand, que sont les jeux vidéo.
Fin 2019, Stéphane Richard avertissait, dans le magazine Entreprendre, que la 5G serait vécue par les consommateurs comme une continuité plutôt qu’une rupture forte. Selon beaucoup de journalistes, la différence n’est palpable qu’occasionnellement, lorsqu’on lance le téléchargement d’un film, d’un gros document, d’une application lourde, qui, selon le journaliste de Die Zeit est alors « disponible beaucoup plus rapidement sur l’appareil 5G ».
Un abonné 5G sud-coréen, interrogé par le Wall Street Journal, déclare qu’il « ne sent pas la différence ». Un constat qui le pousse souvent à couper la 5G sur son mobile car la connexion passe trop de temps à faire l’aller-retour entre 4G et 5G, hachant sa connexion. Ce qui nous amène au deuxième problème de la 5G : elle ne passe pas partout.Lire aussi Une ville ou une région peuvent-elles interdire la 5G ?
- Une mauvaise couverture
Selon Opensignal, les abonnés 5G étrangers voient rarement le sigle 5G remplacer l’icône 4G en haut de leur écran de mobile. Sur une douzaine de pays analysés particulièrement attentivement (et si l’on exclut l’Arabie saoudite et le Koweït, dont la géographie désertique est radicalement différente de la nôtre), les abonnés 5G n’accèdent à ce réseau que 5 % (en Grande-Bretagne) à 20 % du temps (en Corée du Sud).
Ce qui fait dire à un autre abonné 5G sud-coréen, toujours dans le Wall Street Journal, qu’il a coupé la 5G pendant tout un mois, parce qu’il perdait trop souvent la connexion. Au point d’envisager de revenir à un abonnement 4G. L’Union des consommateurs de Corée, une association de défense des consommateurs, a reçu, en douze mois, près de 2 055 plaintes dénonçant la qualité du réseau 5G – dont un tiers de plaignants faisant part d’une résiliation, en raison de la mauvaise qualité du signal. Le problème est pris au sérieux par le gouvernement du pays. La Corée du Sud est, pourtant, l’un des pays les plus en pointe sur la 5G, en couverture comme en vitesse de connexion.
La couverture est particulièrement mauvaise à l’intérieur des bâtiments, où ses ondes pénètrent moins bien que celles de la 4G
La couverture est particulièrement mauvaise à l’intérieur des bâtiments, où ses ondes pénètrent moins bien que celles de la 4G, « un problème récurrent dans beaucoup de pays ayant déployé la 5G », comme nous l’a confirmé Ian Fogg, d’Opensignal. Elle est toutefois appelée à progresser au fil des années avec la multiplication des antennes, mais aussi par l’emploi de fréquences complémentaires à la bande des 3 500 MHz, de loin la plus utilisée au monde pour la 5G. En la complétant par la bande des 700 MHz, qui opère à une fréquence beaucoup plus basse, la 5G pourra à la fois couvrir des zones plus vastes et pénétrer beaucoup mieux dans les bâtiments, comme le signale l’Agence nationale des fréquences (ANFR), qui y voit un complément logique à la bande des 3 500 MHz. L’ANFR nous a confirmé qu’en France, la bande des 700 MHz était « utilisable dès à présent » en 5G par les opérateurs.
Toutefois, sur cette bande, les débits de la 5G « seront moins rapides, même s’il est difficile de dire à quel point » selon Ian Fogg. L’exemple américain, l’un des très rares pays à avoir lancé la 5G à basse fréquence, rend prudent. AT&T et T-Mobile, les deux opérateurs qui ont déployé beaucoup de stations 5G sur des bandes proches des 700 MHz, n’offrent pas un gros gain par rapport à la 4G, selon les observations du site Tom’s Guide, spécialisé dans les technologies.
En 2023, les opérateurs français pourront investir une nouvelle bande, celle des 1 500 MHz, qui présente un compromis intéressant entre vitesse et couverture, comme l’a annoncé l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms.Article réservé à nos abonnés Lire aussi « La 5G, quoi qu’il en coûte ! »
- Un équipement plus cher
Les consommateurs qui choisiront dans les mois qui viennent l’achat d’un smartphone ne disposant pas de la 5G ne le regretteront probablement pas, et ils feront au passage des économies – un surcoût étant à prévoir pour l’achat d’un mobile 5G, ainsi que pour les forfaits. Même si l’on ignore si chaque opérateur vendra plus cher ses forfaits 5G, il faut s’attendre à un léger renchérissement chez Orange, d’après son PDG Stéphane Richard interviewé par Radio Classique.
Le choix de la patience est d’autant plus sage que dans quelques années, la qualité de la 5G devrait s’améliorer, comme avant elle celle de la 4G, qui a connu des améliorations spectaculaires au fil du temps. On verra peut-être ainsi l’amélioration du « temps de réponse » de la 5G, longtemps vanté par les défenseurs de la 5G, mais « inchangé pour le moment », comme l’observe Ian Fogg. Une évolution pourtant indispensable à la concrétisation des services que les avocats de la 5G mettent en avant depuis des années, comme le jeu multijoueur compétitif en mobilité, la réalité virtuelle de très haute qualité, les drones de livraison, les voitures autonomes, etc.
Qu’est-ce que la 5G va changer pour les particuliers ?
La 5e génération de réseaux mobiles devrait permettre d’éviter la saturation dans des échanges de plus en plus gourmands en données, mais elle suscite aussi de nombreuses questions pratiques.
Par Mathilde Damgé Publié aujourd’hui à 03h40, mis à jour à 06h06

uiper de nouveaux téléphones. MARVIN RECINOS / AFP
Où en est la 5G ? La seule partie visible, pour l’instant, ce sont les centaines de stations expérimentales qui sont apparues sur le territoire métropolitain. Mais le processus va s’accélérer d’ici à l’automne avec les enchères, qui doivent commencer le 29 septembre, pour une ouverture commerciale à partir de la fin de l’année ou au début de l’année 2021.
LE CONTEXTE
Le calendrier de la 5G
Les opérateurs historiques avaient déjà obtenu chacun un bloc de 50 MHz pour la 5G au printemps, mais ils souhaitaient obtenir davantage de fréquences. L’autorité de régulation des télécoms (Arcep) a annoncé en juin que des enchères pour l’attribution de nouveaux blocs de fréquences auraient lieu en septembre (elles devaient survenir en avril, avant la crise du coronavirus).
Une fois les blocs acquis, de nouvelles enchères se tiendront en octobre et permettront cette fois aux opérateurs de se positionner sur le spectre de la bande 3,5 GHz. En octobre ou en novembre, les autorisations pour exploiter des réseaux commerciaux en 5G seront publiées, ouvrant la voie à des offres commerciales 5G en novembre ou décembre 2020 au plus tôt.
Elle ne sera pas installée sur tout le territoire tout de suite : 10 500 antennes par opérateur, soit 42 000 antennes, seront déployées d’ici à 2025 sur les 85 000 sites déjà existants. Plus tard, enfin, d’autres plages de fréquences pourront être mobilisées, comme les bandes 1,5 et 26 GHz .
Cette technologie, permettant d’obtenir un meilleur débit et d’augmenter les performances des appareils connectés, suscite toutefois de nombreuses controverses. Si son utilité semble acquise pour les entreprises, les particuliers s’interrogent, et de nombreuses théories ou hypothèses fantaisistes fleurissent sur les réseaux sociaux. Le point sur six questions majeures pour le consommateur, et sur ce qui peut ou pas légitimement inquiéter le citoyen.
1. « Je ne peux pas refuser la 5G »
FAUX
Tant que vous utilisez un téléphone non compatible et que vous n’avez pas de forfait 5G, vous ne passerez pas par ce type de connexion très haut débit. Vous pourrez continuer d’utiliser les autres réseaux (Edge, 2G, 3G, 4G) selon votre type d’appareil, votre forfait, et le réseau disponible localement. « Les réseaux préexistants ne vont pas disparaître. Plusieurs flux vont se superposer », confirme l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).
En revanche, il est possible que, dans quelques années, si la technologie est adoptée massivement, les appareils doivent être changés en fonction des usages : « La normalisation de la 5G rendra obsolètes la plupart de nos téléphones »,prédisent Samuel Sauvage, président d’Halte à l’obsolescence programmée, et Yves Marry, délégué général de Lève les yeux, associations luttant respectivement pour la durée de vie des objets et la déconnexion.
Or, il est probable qu’à ce moment-là, les nouveaux téléphones sur le marché seront tous équipés pour utiliser la 5G. On pourra continuer d’utiliser les anciens réseaux, mais ceux-ci risquent de ne plus être adaptés aux besoins qui se seront développés entre-temps (vidéo en streaming, jeux en ligne, etc.) et que les consommateurs auront peut-être adoptés. C’est le cas de la 4G, aujourd’hui devenue la norme quel que soit le modèle de téléphone que l’on achète et qui est nécessaire pour visionner les vidéos partagées sur les messageries ou les réseaux sociaux.
2. « Ça ne servira à rien »
EXAGÉRÉ
Pour dénigrer l’intérêt de la 5G, Eric Piolle, le maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Grenoble, s’est exclamé, lors de l’émission du « Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro » début juillet : « Grosso modo, la 5G, c’est pour permettre de regarder des films porno en HD, même quand vous êtes dans votre ascenseur. » Un résumé un peu court. En effet, la 5G permettra au consommateur de consulter en direct et en bonne définition des contenus assez lourds, comme des vidéos, et de jouer à des jeux vidéo diffusés depuis le cloud (technique d’externalisation de services sur des serveurs distants).
En outre, la 5G supportera un nombre très important de connexions simultanées et permettra, par exemple, de fournir en réseau tous les voyageurs et leurs nombreux objets connectés, sur un quai de gare. Elle pourrait permettre aussi le développement de la réalité virtuelle (jeux, films, documentaires immersifs, etc.). Au final, elle représente un bond moins important que celui entre la 2G et la 3G par exemple qui a permis d’ajouter Internet aux appels et aux SMS, ou entre la 3G et la 4G, qui a ajouté Internet « illimité » (permettant de lire des vidéos et d’utiliser des applications).
De fait, ce ne sont pas les usagers des téléphones mobiles qui vont le plus profiter de la 5G, ce sont surtout les entreprises qui lorgnent ses possibles usages (dont profiteront les particuliers par ricochet) : pilotage automatique dans certaines industries, voitures autonomes, chirurgie à distance, villes connectées, etc. Un progrès technologique que ses défenseurs qualifient de « rupture » et ses contempteurs de « fuite en avant ».
3. « Il faudra un nouveau téléphone »
VRAI
C’est l’une des principales critiques contre la 5G : elle nous pousse à une plus grande consommation de données, mais aussi des terminaux permettant de les recevoir. En effet, pour bénéficier de ce très haut débit, il est nécessaire de s’équiper de nouveaux appareils.
Toutefois, la 5G ne sera pas pleinement opérationnelle tout de suite car il faudra attendre que les premiers équipements soient mis en service, et ils ne couvriront pas tout le territoire. De plus, pour qu’un réel bond en qualité de réseau soit réalisé, les opérateurs devront utiliser plusieurs bandes de fréquence, et pas seulement celle des 3,5 GHz ouverte au début. En particulier, explique l’Arcep, la bande des 26 GHz devrait, « grâce à ses largeurs importantes, permettre des débits inégalés et des usages inédits ». Or les attributions de fréquences dans cette bande ne sont pas attendues avant quelques années.
« Les services 5G qui révolutionneront l’industrie n’arriveront pas en France avant 2023 », a admis, devant le Sénat, Olivier Roussat, président de Bouygues Telecom, le 10 juin. Par ailleurs, le cycle de vie des téléphones portables étant court (les appareils sont renouvelés en moyenne tous les deux ans), il est plus prudent d’attendre que la technologie soit complètement déployée pour investir dans de nouveaux équipements.
4. « Le prix des forfaits va augmenter »
PROBABLE
Difficile d’anticiper le comportement commercial des opérateurs téléphoniques, mais les milliards d’euros qu’ils devront débourser lors des enchères pour obtenir les fréquences 5G risquent de se répercuter sur les prix des forfaits. D’ailleurs, d’après les premiers tarifs proposés aux particuliers qui veulent prendre de l’avance (entre 40 et 70 euros par mois, hors promotion), la hausse est conséquente par rapport aux offres actuelles en 4G.
La majorité des offres existantes en 5G permettent de « subventionner » l’achat d’un téléphone compatible, le rendant moins cher mais liant l’utilisateur à un opérateur pour plusieurs mois. Finalement, selon l’association de consommateurs UFC-Que choisir, « ces forfaits destinés aux très gros utilisateurs sont assez chers ».
5. « Campagne et petites villes seront encore les dernières servies »
UN PEU VRAI
En 2018, les opérateurs ont signé un accord avec l’Etat où ils s’engagent à être présents dans des zones peu peuplées, donc peu rentables, en échange d’une réattribution sans enchères des fréquences et du gel des redevances associées à leur exploitation. Mais, en réalité, il y a encore des zones où le déploiement du réseau est insuffisant : les opérateurs ont ainsi été rappelés à l’ordre afin de généraliser la couverture mobile de qualité pour l’ensemble des Français (passage de tous les sites 2G/3G en 4G, obligation de « bonne » couverture des zones rurales, desserte de 55 000 kilomètres d’axes routiers, etc.).
Cette inégalité dans les territoires face à l’accès au réseau devrait se confirmer avec la 5G, du moins au début, puisque les antennes ne seront pas déployées partout dès le lancement des offres, et que certains opérateurs commencent déjà à renâcler.
Ainsi, Martin Bouygues, patron du groupe éponyme, après avoir échoué à renégocier l’accord avec l’Etat, a menacé à demi-mot de ne plus combler ces zones blanches : « Il doit être clair que, s’il venait à l’idée des pouvoirs publics après les enchères de demander un effort supplémentaire pour la couverture des territoires(…), notre réponse sera réservée », a-t-il déclaré au Sénat, le 10 juin.
6. « Il y a un risque d’espionnage du téléphone »
PEU PROBABLE
Ce qui est certain, c’est que la 5G représente un saut vers l’hyperconnectivité, de nombreux appareils et réseaux étant connectés les uns avec les autres. « Cela pose la question de la collecte des données », reconnaissait, en janvier, Sébastien Soriano, le président de l’Arcep.
« L’une des responsabilités de l’Arcep est de veiller à ce que les échanges de communication entre les personnes soient bien protégés. Il y a des obligations qui s’imposent aux opérateurs concernant l’utilisation des données. (…) Pour être honnête, c’est un sujet que nous avons jusqu’à présent peu investi. Nous allons donc ouvrir le capot. Il ne s’agit pas de préjuger de ce que font les opérateurs ou d’être dans la suspicion, mais de garantir ce qui se passe et, le cas échéant, d’agir s’il y a des dérives », avançait le gendarme des télécoms.
Par ailleurs, les craintes concernant les risques d’espionnage par des entreprises étrangères ont, elles, fini par déboucher sur une quasi-interdiction de fait du territoire : à la suite de l’annonce de restrictions concernant Huawei, Bouygues Telecom (qui, comme SFR, a recours aux technologies du chinois) a annoncé qu’il allait démonter, d’ici à 2028, toutes les antennes du fabricant installées dans les zones fortement peuplées.
Une fois ces craintes d’espionnage éteintes, les opérateurs et les autorités devront encore apporter des réponses claires à celles sur une dangerosité supposée des ondes. Dans un rapport préliminaire, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu à « un manque important voire à une absence de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels liés aux fréquences autour de 3,5 GHz ». Le rapport définitif de l’Anses ne devrait être rendu qu’en 2021, ce qui suscite des critiques autour de la précipitation du lancement, y compris au sein du gouvernement : le ministre de la santé, Olivier Véran, et son homologue de la transition écologique, Elisabeth Borne, ont écrit au premier ministre pour lui demander d’attendre l’évaluation sanitaire avant de finaliser l’attribution des fréquences.Lire aussi « 5G appeal » : pourquoi cette pétition sur les ondes et la santé est exagérément alarmiste
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