Le nombre d’hospitalisations en hausse modérée et hausse des cas détectés (9000 le 4 Septembre)

Le Covid-19 poursuit sa progression en France, le nombre d’hospitalisations en hausse modérée

L’impact des mesures organisationnelles de la rentrée n’est pas encore mesurable, mais les épidémiologistes craignent « une flambée de contaminations ». 

Par Delphine Roucaute  Publié aujourd’hui à 10h30, mis à jour à 12h30

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/09/04/le-sars-cov-2-poursuit-sa-progression-en-france-le-nombre-d-hospitalisations-en-hausse-moderee_6050941_3244.html

Une employée de la Croix-Rouge effectue un prélèvement lors d’une opération de dépistage à Montpellier, jeudi 3 septembre.
Une employée de la Croix-Rouge effectue un prélèvement lors d’une opération de dépistage à Montpellier, jeudi 3 septembre. PASCAL GUYOT / AFP

S’il est encore trop tôt pour parler d’une « deuxième vague », on peut malgré tout affirmer que depuis quelques semaines la circulation du virus s’est accélérée en France. C’est ce que vient confirmer le point hebdomadaire publié par Santé publique France jeudi 3 septembre, véritable thermomètre de cette épidémie de Covid-19. L’ensemble des indicateurs enregistrent une hausse plus ou moins importante.Lire aussi  Le bon port du masque, garant de son efficacité

Parmi les plus cités, le nombre de nouvelles personnes testées positives pour le SARS-CoV-2 (36 785 sur la semaine du 24 au 30 août, + 32 % par rapport à la semaine précédente) ne doit pas être pris isolément. En effet, les efforts de dépistage actuels sont beaucoup plus importants qu’au moment de la première vague – 856 404 personnes ont été testées par RT-PCR la semaine passée, un chiffre inédit. Il est donc normal qu’on en recense aujourd’hui plus qu’en avril, date à laquelle on estime qu’il y a eu une grande sous-estimation du nombre de personnes contaminées.

Malgré tout, en considérant uniquement les semaines du mois d’août, pour lesquelles le taux de dépistage est presque constant, l’incidence a clairement grimpé au niveau national pour atteindre 54,8 cas pour 100 000 habitants la semaine écoulée. Surtout, cette hausse est simultanée à une progression du taux de positivité (4,3 %), soit le nombre de personnes testées positives par rapport au nombre de personnes dépistées sur les sept derniers jours. La propagation du SARS-CoV-2 est donc bien clairement repartie à la hausse en France, et de manière exponentielle.Lire aussi  Covid-19 : que faire si j’ai des symptômes ou si je suis une « personne contact » ?

Signal inquiétant

Pour autant, le nombre de morts liées au Covid-19 reste stable (109, en incluant les décès en hospitalisation et en structures médico-sociales). Ce qui fait dire à l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à Genève, qu’« il n’y a pas de seconde vague patente aujourd’hui en France », qu’il définit comme une hausse conjointe du nombre de nouveaux cas et du nombre de morts, en l’absence d’une définition épidémiologique claire de ce que serait une « seconde vague ».

Un signal toutefois inquiétant est celui de la hausse des nouvelles hospitalisations et admissions en réanimation, pour la sixième semaine consécutive. Si les chiffres sont encore modérés (1 337 personnes), ils ont doublé depuis la mi-juillet. Et c’est la saturation des services hospitaliers qui constitue aujourd’hui le principal enjeu de la crise sanitaire, en risquant d’engendrer une surmortalité des personnes atteintes du Covid-19.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Covid-19 : pourquoi les cas de réinfection sont possibles

Depuis juillet, l’épidémie n’a cessé de progresser. Elle circule principalement chez les gens de 15 à 44 ans, ce qui n’a pas conduit à un encombrement des hôpitaux, puisque la plupart de ces cas sont asymptomatiques ou bénins. « Malgré tout, on peut craindre qu’une flambée de contaminations n’arrive avec la rentrée », avance l’épidémiologiste Yves Buisson, président de la cellule Covid de l’Académie nationale de médecine. Et d’éventuelles transmissions à des personnes vulnérables et âgées, plus à risque.

Pour Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier, « il y a un paradoxe apparent dû au ralentissement de la propagation qui n’est pas synonyme que l’épidémie est sous contrôle », malgré les mesures prises à la rentrée par les autorités, comme le port généralisé du masque dans les rues de nombreuses villes et dans les entreprises.

Décalage inévitable

« Aujourd’hui, il est trop tôt pour savoir si ces mesures organisationnelles portent leurs fruits », prévient Yves Buisson. En effet, il y a un décalage inévitable entre une éventuelle contamination et son dépistage, puisque le temps d’incubation du Covid-19 est en général de trois à cinq jours, parfois jusqu’à quatorze jours. Il faut ensuite prendre en compte le délai de réception des résultats. Quant à une éventuelle hospitalisation, il faut en moyenne compter deux semaines de décalage par rapport à la contamination.Lire aussi  Coronavirus : visualisez l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde

Mais, « dès la semaine prochaine, on devrait voir l’effet rentrée », estime Mircea Sofonea. Ce n’est pas pour autant que les chiffres seront facilement lisibles. « Il y a des mesures qui ont été prises, mais en même temps la fin août a été une période propice aux déplacements, donc on aura du mal à savoir si les deux effets se compensent », précise le maître de conférences.

D’ici là, deux scénarios sont encore envisageables pour Antoine Flahault : soit la France et l’Europe de l’Ouest vont rester dans une situation de clusters condensant peu de cas symptomatiques et une faible mortalité, ce qui contredirait l’épidémiologie du Covid-19 partout ailleurs dans le monde, soit la situation inédite actuelle constitue les fondements d’une nouvelle vague épidémique à venir dès la levée du frein estival, à l’arrivée de la saison froide. Les modélisations de Mircea Sofonea laissent envisager dès novembre, si l’on restait dans les paramètres de la situation actuelle, un afflux de cas sévères comparable à celui du mois d’avril, susceptible de mettre sous tension les services hospitaliers de réanimation et de soins intensifs.

Delphine Roucaute

Près de 9 000 nouveaux cas détectés en 24 heures, le taux de positivité des tests toujours en hausse

Depuis jeudi, 8 975 cas ont été confirmés, un indicateur en nette hausse par rapport aux deux jours précédents, où l’on dénombrait un peu plus de 7 000 nouveaux cas en vingt-quatre heures. 

Le Monde avec AFP  Publié aujourd’hui à 19h13, mis à jour à 21h29

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/09/04/pres-de-9-000-nouveaux-cas-detectes-en-24-heures-plus-forte-hausse-depuis-le-debut-de-l-epidemie_6051036_3244.html

Le taux de positivité continue d’augmenter : il a atteint 4,5 %, d’après la direction générale de la santé, alors qu’il s’établissait à 4,3 % mercredi et 4,4 % jeudi.
Le taux de positivité continue d’augmenter : il a atteint 4,5 %, d’après la direction générale de la santé, alors qu’il s’établissait à 4,3 % mercredi et 4,4 % jeudi. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 détectés en vingt-quatre heures en France est de près de 9 000, bilan le plus haut depuis le début de l’épidémie et le lancement des tests à grande échelle dans le pays, selon des données publiées vendredi 4 septembre par la direction générale de la santé (DGS). Si ce chiffre est en nette hausse ces derniers jours, la comparaison avec le début de l’épidémie est cependant à nuancer, le nombre de tests réalisés dans le pays étant aujourd’hui bien supérieur à celui du printemps.

  • 53 nouveaux clusters, légère hausse des hospitalisations

Ce sont 8 975 cas qui ont été confirmés, un indicateur en nette hausse par rapport aux deux jours précédents, où l’on dénombrait un peu plus de 7 000 nouveaux cas en vingt-quatre heures. De plus, 53 nouveaux clusters ont été détectés, avec un total de 1 640 depuis le début de l’épidémie, dont 1 009 ont été clôturés à ce jour.

Les tests continuent parallèlement leur progression : 1 029 275 tests ont été effectués ces sept derniers jours, et près de 9 millions l’ont été depuis le début de l’épidémie. Le taux de positivité (proportion du nombre de personnes positives divisé par le nombre de personnes testées, sur les sept derniers jours consolidés) continue parallèlement d’augmenter : il a atteint 4,5 %, d’après la DGS, alors qu’il s’établissait à 4,3 % mercredi et 4,4 % jeudi.

En outre, on dénombre 473 patients atteints du Covid-19 hospitalisés en réanimation (dont 46 ont été admis au cours des dernières vingt-quatre heures), soit 9 de plus que la veille. Les régions Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur regroupent toujours 67 % des malades en réanimation. En outre-mer, on compte 166 hospitalisations, dont 41 en service de réanimation.Lire aussi  Vaccin russe contre le Covid-19 : une première publication confirme des résultats préliminaires encourageants

  • Baisse du bilan total des décès

Le bilan total des décès est en revanche en baisse, en raison de corrections de données portant sur les établissements sociaux et médico-sociaux, dont les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) : 30 686 personnes sont mortes en France depuis le début de l’épidémie, soit 20 de moins que le bilan total communiqué jeudi.

Cela inclut 20 210 décès dans les hôpitaux au sein des établissements hospitaliers (soit 18 décès supplémentaires en vingt-quatre heures) et 10 476 dans les Ehpad et autres établissements sociaux et médico-sociaux (soit 38 de moins que le précédent décompte, qui datait du 31 août).Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Les liens entre générations à l’épreuve du Covid-19

  • A Lille, les bars fermés dans la nuit de samedi à dimanche

Le préfet du Nord, Michel Lalande, a décrété la fermeture des bars de minuit à 6 heures dans la nuit de samedi à dimanche à Lille, le week-end où devait se tenir la célèbre braderie, la circulation du Covid-19 s’intensifiant tandis que la vigilance se relâche.

Tous les bars, snacks, commerces d’alimentation ou établissements vendant de l’alcool ou de la nourriture devront rester fermés sur le territoire de Lille, précise la préfecture dans un communiqué. Le préfet explique avoir pris cette décision après avoir observé, « depuis la mi-août, un relâchement des comportements », notamment dans les « secteurs festifs de la ville de Lille ».

  • L’OMS ne voit pas de vaccination généralisée avant mi-2021

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, vendredi, ne pas s’attendre à une vaccination généralisée contre le Covid-19 avant mi-2021, tandis que des chercheurs russes ont publié des résultats encourageants pour leur candidat-vaccin. « Comme vous le savez, un nombre considérable de candidats sont maintenant entrés dans la phase 3 des essais. Nous en connaissons au moins 6 à 9 qui ont déjà parcouru un long chemin en termes de recherche », a déclaré une porte-parole de l’OMS, Margaret Harris, lors d’un point presse à Genève.

« Mais en termes de calendrier réaliste, nous ne nous attendons vraiment pas à voir une vaccination généralisée avant le milieu de l’année prochaine », a-t-elle ajouté, alors que les préparatifs pour la distribution d’un vaccin s’accélèrent notamment aux Etats-Unis. La porte-parole a expliqué que la phrase 3 des essais cliniques – c’est-à-dire l’étape de tests massifs sur des volontaires – prenait du temps car les scientifiques doivent vérifier si le vaccin est efficace et sûr.

Mais en Russie, près d’un mois après une annonce en grande pompe des autorités, les chercheurs ont publié une première étude qui montre que leur candidat-vaccin contre le nouveau coronavirus, Spoutnik V, donne des résultats préliminaires encourageants. Ces résultats ne prouvent pas encore que le vaccin protège efficacement contre une infection par le nouveau coronavirus, ce que devront montrer des études de plus grande ampleur, soulignent toutefois des experts.Lire aussi  Vaccin russe contre le Covid-19 : une première publication confirme des résultats préliminaires encourageants

  • L’Italie propose son aide à la France

Face à la hausse des cas de SARS-CoV-2 en France, l’Italie s’est dit « prête à aider »son voisin. « Nous avons vécu une période terrible de la pandémie entre mars et avril, et à ce moment-là, dans le pire moment de la pandémie, la France n’a pas fermé ses frontières mais a aidé l’Italie avec des équipements sanitaires. Cela, nous ne l’oublions pas », a déclaré le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Maio.

Le milliardaire octogénaire et ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, positif au nouveau coronavirus, a quant à lui été hospitalisé jeudi soir après avoir développé des symptômes de la maladie, un nouveau « combat » pour le Cavaliere, qui a multiplié les ennuis de santé ces dernières années.

L’Italie a recensé, vendredi, 1 733 nouveaux cas de contamination au SARS-CoV-2 au cours des dernières vingt-quatre heures, d’après le bilan quotidien fourni par le ministère de la santé. Le nombre total des infections dans le pays s’élève ainsi à 274 644. Les autorités ont annoncé onze morts du Covid-19 ces dernières vingt-quatre heures contre dix la veille, soit un total de 35 518 décès depuis le début de l’épidémie en Italie.Lire aussi  Silvio Berlusconi testé positif au Covid-19 et hospitalisé « par précaution »

Le Monde avec AFP

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire